Boisserie, Stalner et Fantini, city-guides de l’horreur humaine dans un Paris en proie à ses pires démons

Sur sa lancée historique, entre autres, Les Arènes continuent leur route bédéphile et le jeu du chat et de la souris se poursuit dans ce Paris laissé en flamme par la Saint-Barthélemy. Un album concocté par Pierre Boisserie, Éric Stalner et Florence Fantini qui nous feront regarder à deux fois où nous mettrons les pieds lors de notre prochaine visite dans la ville-lumière mais sanguinaire…

© Boisserie/Stalner/Fantini chez Les Arènes

Résumé de l’éditeur : Paris, 24 août 1572, cinq heures du matin. Le tocsin de l’horloge du Palais donne le signal du massacre. Aucun huguenot ne doit survivre à cette journée placée sous le signe de la colère de Dieu. La fureur s’empare des catholiques qui tuent à tour de bras hommes, femmes et enfants. Charles IX tente de reprendre la main sur une situation qu’il a lui-même provoquée mais assiste, impuissant, au carnage. Elie Sauveterre, jeune protestant, tente d’échapper à la mort et de rejoindre son roi, Henri de Navarre, reclus au Louvre. Son chemin croise alors celui de son jeune frère Clément, devenu catholique fanatique à la solde du duc de Guise…

© Boisserie/Stalner/Fantini chez Les Arènes

Vous pensiez avoir tout vu ? Détrompez-vous, l’Histoire a le don d’être bien plus horrifique que n’importe quelle fiction. La preuve avec cette nuit des longs couteaux à la sauce française, ou quand la pseudo-religion cristallise le massacre de milliers d’innocents. Et ce matin du lendemain, la capitale se réveille avec la gueule de bois… enfin pour ceux qui sont encore capables de la sentir. Car une rivière de sang fait désormais concurrence à La Seine. Et la scène n’est pas belle. Un enfant défenestré, de jeunes hommes empalés, un homme dans la force de l’âge tranché à la hache, des femmes violées et des vieillards occis. Mais le plus effrayant n’est-il finalement pas la mine réjouie des « hommes de Dieu » (mais quel dieu peut bien vouloir un tel carnage) et de leurs suiveurs galvanisés par le sang des « infidèles » (tiens donc, ça nous rappelle quelque chose de bien plus contemporain; comme quoi rien ne se perd, tout se transforme). Et ce Barthélemy, de funeste réputation désormais, n’est-il pas plus un damné qu’un saint ?

© Boisserie/Stalner/Fantini chez Les Arènes

Croisant le fer avec la fiction, Boisserie et Stalner se servent de tous les éléments introduits dans le premier tome pour offrir avec ce deuxième tome, « Tuez-les tous », une fresque formidable de 54 planches. La précision des scénarios de Pierre Boisserie n’est plus à prouver mais on reste sous le choc de la puissance graphique développée par Éric Stalner. Que ce soit à l’angle des cases, dans les plus petits détails, ou dans les cases beaucoup plus grandes, la tension s’installe au service d’une histoire qui marque les esprits. Par tout ce gâchis imbécile sacrifié sur l’autel de la décadence (plus que de la grandeur) des hommes avides de pouvoir. Et en regardant le calendrier, on se rend compte que non seulement, ces tristes événements se produisaient il y a moins de 500 ans mais, qu’en plus, ils n’ont en rien calmé l’appétit vorace à l’égard de la violence que nourrit sans relâche l’être (in)humain. Il y a encore du boulot. Celui, impérial, de nos trois auteurs se termine peu à peu, le troisième et dernier tome, « Ainsi se fera l’histoire… », sera disponible le 30 août.

Série : Saint-Barthélemy

Tome : 2 – Tuez-les tous

Scénario : Pierre Boisserie et Éric Stalner

Dialogues : Pierre Boisserie

Dessin : Éric Stalner

Couleurs : Florence Fantini

Genre : Histoire, Cape et épée

Éditeur : Les Arènes

Nbre de pages : 56

Prix : 15€

Date de sortie : le 12/04/2017

Extraits : 

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