Durs à suivre, les Vikings givrés et pourtant échaudés d’Ivan Brandon et Nic Klein

« Tu ne sais pas combattre. » « Non, Gyfl. La seule chose que je sache faire, c’est survivre. » Alors que nous parlions récemment (avec Fabienne Pigière, Rudi Miel et Paolo Grella) des pirates, parties intégrantes de l’ADN de la BD franco-belge depuis des décennies, on s’est rendu compte que les Vikings, féroces en diable, n’étaient pas en reste. Sans doute d’autant plus dangereux que complètement frappadingues (Odin n’y a pas été de main morte avec son marteau, se dit-on. Du moins, dans l’histoire concoctée par Ivan Brandon et Nic Klein, c’est le cas. Attention, ça éclabousse.

© Brandon/Klein chez Image Comics

Résumé de l’éditeur : Scandinavie, IXe siècle. Finn et Egil sont deux frères habitués aux sales combines : racket, vol et pillage en tout genre. Si l’un est mauvais, l’autre est encore pire. Derrière eux, ils ne laissent rien à part un sillage de mort. Mais si tout allait pour le mieux dans le pire des mondes, leur destin bascule lorsqu’ils décident de s’en prendre au roi Bram et à sa fille Annikki… Leur penchant pour la violence risque bien de se retourner contre eux.

© Brandon/Klein chez Image Comics

Avant toute chose, n’allez pas croire que ce recueil de comics est en lien avec la série télévisée du même nom qui est bien ultérieure au récit graphique proposé par Ivan Brandon et Nic Klein. En effet, les deux auteurs commettaient ce voyage givré en territoire scandinave, en 2009. Entre-temps, le duo a composé son space-opéra-post-apocalyptique avec Drifter et gagné les côtes européennes. C’est sans doute ce qui nous vaut cet assaut tardif des Vikings sans vergogne.

© Brandon/Klein chez Image Comics

Passé un début sans queue-ni-tête et difficile à suivre de par ses dialogues, on se laisse vite entraîner dans l’univers glacé et sanglant de ces Vikings décérébrés. Le dessin et les couleurs, c’est assez rare que pour le signaler dans un pays des comics où toutes les tâches sont soigneusement décortiquées, de Nic Klein ne sont pas pour rien dans l’emprise qu’exerce ce comics sur nous. Totalement imparfait mais imposant des ruptures graphiques, partant tantôt en véritables toiles et tantôt totalement en live dans les caricatures de têtes morbides, désarçonnées de leurs pauvres victimes. Ce trait, il fusionne avec toute cette tension qui émane de cette aventure désespérée. Cette tension entre la richesse et la famine, l’affrontement et la fuite, le deuil et la furie meurtrière, la folie et la raison.

© Brandon/Klein chez Image Comics

Pourtant, tout se gâte, car le scénario reste inextricable et c’est en soupirant qu’on assiste aux passations de pouvoir de ces héros qui ne jure que par l’ulfberht et les giclées de sang. L’histoire vacille, incompréhensible, pour se retrouver être à l’image de ses héros, brouillons et bipolaires sur les bords (de planches et de cases), un peu trop fous que pour qu’on parvienne à les suivre dans ce délire hard-boiled où les drakkars se font rares. On ne s’étonne finalement pas de rester plus de glace que de feu. Pas étonnant qu’au bout de cinq épisodes et un cycle, les Vikings s’en soient allés mouillés ailleurs que dans le monde éditorial du comics.

Titre : Viking

Sous-titre : Un long feu de glace

Récit complet

Scénario : Ivan Brandon

Dessin et couleurs : Nic Klein

Traduction: Alex Nikolavitch

Genre : Aventure

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 144

Prix : 19,95€

Date de sortie : le 03/05/2017

Extraits : 

 

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