Cobalt : Papi ne fait plus seulement de la résistance mais se retrouve au coeur de la lutte

Oui, on sait, en ces temps wolveriniens, ça fait un moment que l’adamantium est tendance. Mais il ne faudrait pas négliger les autres métaux pour autant. Et en l’occurrence le cobalt, qui donne son nom au héros créé par les deux Argentins Pablo De Santis et Juan Saenz Valiente. Ou comment un pharmacien vieillissant va se retrouver mêlé à un complot dans les hautes sphères, où s’entrecroisent magnifiquement espionnage et fantastique.

© De Santis/Saenz chez Michel Lafon

Résumé de l’éditeur : M. Cobalt, un pharmacien sexagénaire, est en réalité un agent « endormi » depuis longtemps. M. Cuivre, une vieille connaissance, se rend à la pharmacie et lui demande de réaliser une toute dernière mission, éliminer quatre personnes ! Cobalt n’a aucune envie de reprendre du service mais il comprend vite qu’il n’a pas le choix car la situation est désespérée…

© De Santis/Saenz chez Michel Lafon

Encore un héros vieillissant et ayant fait le deuil de ses « années de service » qui se retrouve à devoir le reprendre de gré ou de force. C’est vrai, signe des temps qui changent et d’un vieillissement de la population qui va toujours plus fort, les jeunots n’ont plus le monopole de l’action et des combats. Les Expendables, Harry Brown, The Last Contract, Impitoyable, Au fil de l’eau et autres Vieux Fourneaux sont venus prouver que Papi ne fait plus seulement de la résistance mais se retrouve au coeur de la lutte. Et, ici, avec M. Cobalt, ça ne manque pas.

© De Santis/Saenz chez Michel Lafon

Le règne des ténèbres approche, la ville est de plus en plus obscure et voilà que son ancien employeur, Zinc, a décidé de rappeler Cobalt à l’ordre pour faire la clarté sur ces sinistres événements. Comme s’il n’y avait pas de sang neuf disponible, on lui demande à lui, sexagénaire aussi méthodique et flamboyant soit-il, de rempiler une dernière fois. Pour quatre contrats, ni plus ni moins. Et selon Zinc, son domaine de prédilection, la pharmacologie, pourrait bien aider l’ancien tueur à gage pour vaincre le mal qui semble ronger la cité.

© De Santis/Saenz chez Michel Lafon

Baraqué en diable, Cobalt pourrait très bien être joué au cinéma par l’impressionnant chanteur Rover. Mais comme on est en bande dessinée, les deux auteurs jouent des codes de celle-ci pour offrir un fantastique album, lancinant et obstinément magnétique. Un monde en sépia, presque, au charme vintage pour mieux figer la temporalité. Quand cette histoire se passe-t-elle ? Hier ou avant-hier ? Et où ? Le doute et le mystère planent pourtant l’histoire inventée par Pablo De Santis fait vite sons chemin jusqu’à nos esprits et notre imagination, jurant que le lecteur n’a pas besoin d’en savoir de trop. C’est d’ailleurs ce qui crée l’effet de surprise, imbibé de fantastique. Quant au dessin de Juan Saenz Valiente, si on y croise l’esthétique qui fait la luxuosité d’un Brüno ou d’un Victor Santos, il est assez particulier que pour n’appartenir qu’à lui. Architectural, vif, inventif, lorgnant vers les jeux vidéo et leurs boss à toute épreuve. De quoi graver dans le marbre ce bien joli univers tragique et mélancolique, dans lequel la quête de la jeunesse éternelle n’est pas loin. C’est désespéré, ni rose ni noir, éprouvant et émouvant à la fois, mémorable.

© De Santis/Saenz chez Michel Lafon

Titre : Cobalt

Récit complet

Scénario : Pablo De Santis

Dessin et couleurs : Juan Saenz Valiente

Genre : Polar, Espionnage, Fantastique

Éditeur : Michel Lafon

Nbre de pages : 56

Prix : 13,95€

Date de sortie : le 13/04/2017

Extraits :

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