Dans « Vive la crise », Bigard et Dreyfus jouent les clochards célestes : « On a encore une grande marge de manœuvre pour vivre heureux, on ne nous a pas encore tout volé »

© Stéphane Mulys

« Vive la crise » ou l’apologie de la marginalité vivifiante. Après cette semaine d’élection présidentielle française qui coïncidait avec les évènements de commémoration de la fête du travail, Jean-François Davy ne pouvait pas choisir de meilleur moment pour sortir son nouveau long-métrage, « Vie la crise ». Il faut dire qu’en nous plongeant en 2025, dans une France où la rationalité informatique a pris le pas sur le caractère humain et où le Front National et Marine Le Pen ont accédé au pouvoir mais jettent l’éponge face aux problèmes qui s’accroissent en nombre, il nous projette dans une réalité qui nous semble de plus en plus probable.

Il y a quelques mois d’ici, Jean-Marie Bigard et Jean-Claude Dreyfus étaient invités au FIFA pour présenter « Vive la crise ». On a profité de cette occasion pour aller à la rencontre de ces deux figures emblématiques du paysage audio-visuel et culturel français.

Bonjour à tous les deux. Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre Jean-François Davy dans ce projet surréaliste et atypique ?

Jean-Claude Dreyfus : L’histoire m’a intéressé dès le début. Jean-François Davy m’a fait lire la première ébauche du scénario deux ans avant que l’on se mette à tourner ce film, puis il le remodela plusieurs fois. Ce film est très complexe, donc le script demanda beaucoup de travail. La multiplicité d’histoire que ce film recèle est incroyablement intéressante. Puis le personnage que l’on me donnait la chance d’interpréter m’a aussi permis de rentrer directement dans ce projet. Et enfin, mais surtout, il y a le fait de pouvoir travailler avec Jean-François Davy qui m’a motivé à jouer dans ce long-métrage. Il faut savoir que l’on avait déjà failli tourner ensemble il y a plusieurs années mais ça ne s’était pas concrétisé… Pour cette réalisation, Jean-François s’est entouré d’une équipe de gens avec qui il voulait vraiment travailler. Et les certitudes de l’osmose que cela allait créer m’ont donné encore plus envie de me jeter à corps perdu dans cette aventure.

Jean-Marie Bigard : Pour ma part, je suis arrivé en fin de parcours. J’ai tout de suite succombé à l’enthousiasme de Jean-François et j’ai été charmé par la proposition que sous-entend le récit de cette œuvre. Par les temps qui courent, on pourrait peut-être mieux vivre si l’on s’aimait d’avantage. Ce projet m’a beaucoup plu ! C’est comme ci on m’avait proposé dans le film « Une époque formidable » de Gérard Jugnot.  Il y a un grand parallélisme entre les sujets de départ, c’est l’histoire de personnes qui vivent dans la rue, qui s’entraident pour trouver des solutions pour continuer leur chemin. Mais dans « Vive la crise », il y a aussi des traits qui rappellent le long-métrage « Brazil » de Terry Gilliam avec cette administration qui vient à bout de l’amour. C’est vraiment cette idée que par l’amour de nos proches on devient un contrepoids qui vise à lutter contre le diktat de l’informatisation qui m’a motivé à plonger corps et âme dans cette fable sociale.

Jean-Claude Dreyfus : Oui, ce récit nous conte de multiples romances. C’est peut-être pour ça que cette production qui nous tient beaucoup à cœur a vraiment sa place ici, au Festival International du Film d’Amour. La poésie des personnages est un point fort de ce projet qui m’a donné envie de participer à la réalisation de ce film! Jean-Marie Bigard transmet tellement d’émotion par son interprétation du rôle de La Boétie qu’il m’a fait pleurer.

Il est donc question d’informatique…

Jean-Marie Bigard : Outre les personnages et les propositions de vivre par Amour, un autre attrait de ce long-métrage, c’est qu’il nous montre et il nous explique que 80% de l’économie et des industries sont actuellement gérées par des ordinateurs. Et cela met en évidence le fait de la rationalisation mathématique supra-logique met à mal la société et coûte la vie à des gens. Et ce n’est pas une fiction ! Cette partie du film reflète une vérité qui devient le quotidien de plus en plus de monde.  Ce message est très important car s’il est bien compris, il mènera peut-être l’humanité vers une réaction salvatrice.  La personne de Montaigne que Jean-Claude Dreyfus campe avec brio est aussi l’idée d’une clé pour ouvrir la porte sur un monde plus humain. Montaigne porte ce récit à bout de bras car il est le centre de gravité des personnes qui décident de le suivre. Ils changent de noms et de vie et ils rayonnent du plus bas de la société. Ils n’ont plus rien mais ils sont heureux grâce aux enseignements de Montaigne. Ils comprennent le véritable sens de la vie : ils ont le souhait de trouver le bonheur.

Aux travers des motivations qui vous ont donné l’envie de participer à « Vive la crise » vous nous parlez tous les deux de la multitude de sens qui sont cachés dans ce film. Quel est selon vous le message principal que Jean-François Davy voulait livrer aux spectateurs par la projection de cette œuvre ?

Jean-Marie Bigard : Le message qui ne peut échapper aux gens qui viendront voir ce film, c’est qu’il faut résister ! On a encore une grande marge de manœuvre pour vivre heureux. On ne nous a pas encore tout volé. On n’est pas déraciné de ce monde qui est le nôtre. Mettez des clochards comme Montaigne et La Boétie dans la rue et ils vont réussir à vivre en trouvant le bonheur. Juste avec ce qu’ils auront mais surtout grâce à ce qu’ils sont ! Dans le film, Montaigne et La Boétie ne revendiquent pas d’avoir plus. Ils ont dépassé cette société matérialiste. Ils veulent juste avoir accès au bonheur. Ils veulent vivre ensemble tout en étant heureux et en restant intègres.

Alors justement, Jean-Claude Dreyfus, vous parlez beaucoup des personnages principaux que vous incarnez tous deux dans ce film. Le personnage de Montaigne qui est le rôle que vous jouez est taillé sur mesure, non ? Jean-François Davy vous a permis plusieurs fois de lire le script au cours de sa confection. Est-ce que ce personnage fut dès le départ écrit pour vous ?

Jean-Claude Dreyfus : Je ne pense pas. Mais, de fil en aiguille, aux travers des diverses moutures, il finit par être adapté pour m’aller comme un gant. Comme je vous l’ai dit, on s’est vu souvent avec Jean-François Davy au cours de l’élaboration de ce projet. Puis il faut reconnaitre que les clochards célestes, je connais bien cela. (Fou rire) En plus, ça pourrait être ma vie de demain ! Je ne sais jamais où je vais et de quoi mon avenir sera fait ! Je dois avouer que si je finis comme Montaigne, cela m’amuserait énormément. Prenez cette séquence où il est en pleine discussion avec le Président et que ce dernier retrace son histoire de père de famille licencié en philosophie qui est devenu un clochard ivrogne. Qu’est ce que Montaigne répond ? Il dit tout simplement qu’un pauvre homme ivre a tué sa femme et son enfant. Il ne se cherche pas d’excuse pour être blâmé. Il vit sa vie et c’est tout ! Il continue à avancer sans savoir de quoi demain sera fait mais il ne se lamente jamais.

Il y a beaucoup de moments émouvants comme celui-ci dans ce long-métrage. Il y a plein de retours sur l’histoire des personnages. On comprend la vie de ces clochards au fur et à mesure que le film s’écoule. Et on s’y attache. Vous me parliez du personnage de Jean-Marie et du mien, mais prenez le personnage de Luigi Pirandello interprété par Venantino Venantini ! Venantino raconte une histoire de Pirandello et il finit par devenir ce dernier. C’est fou et très amusant en même temps, mais cela est superbement réalisé.

« Vive la crise » est clairement un titre en référence aux crises politiques, économiques et sociales que l’humanité subit actuellement. Ces crises sont d’ailleurs dépeintes dès les premières secondes du film. Marine Le Pen en présidente de la République démissionnaire, des sociétés régulées par des algorithmes, des personnes qui se retrouvent à la rue, des jeunes qui se prostituent et ont des métiers pour lesquels ils sont surqualifiés… Mais le montage et l’histoire de ce film font aussi référence à une crise des arts. La scène du mariage montre une déstructuration de l’œuvre. Alors que l’on est déjà dans le développement de l’histoire, l’auteur décide de nous présenter ses protagonistes. Juste avant, il y a cette scène où l’on pense que Lola Marois brise le quatrième mur en parlant au public, mais on réalise directement qu’elle était en train de parler à l’auteur. Pensez-vous que Jean-François Davy a voulu mettre à jour un malaise que le monde de la culture subit actuellement  par le surréalisme et les mécanismes du cinéma absurde ?

Jean-Claude Dreyfus : Oui, bien sûr ! Woody Allen avait déjà fait des choses similaires et j’ai toujours trouvé cela très intéressant.

Jean-Marie Bigard : Il y a tout un jeu dans ce film qui fait que l’on passe constamment de « la réalité » à la fiction. On a toujours un pied de chaque côté pour goûter et profiter des deux mondes.

Jean-Claude Dreyfus : Ce qui est très chouette dans ces constructions, c’est le fait que les personnages réclament leur autonomie ! Ils ne veulent pas être grugés par un auteur. Comme vous le dites, on retrouve sûrement à travers cela un cri de rébellion du monde culturel face aux maux qui subit par les lois des politiques modernes.

Jean-Marie Bigard : Grâce à ce style surréaliste et à ces techniques, une autre sublime scène porteuse d’un message apparaît dans cette œuvre ; la scène de la lettre posthume de Pirandello. Au moment de sa disparition, Pirandello laisse une lettre qu’il lit de l’au-delà aux personnages de son récit. Il leur exprime son amour et il leur demande de vivre pour continuer d’écrire leur propre histoire… d’eux-mêmes. C’est un fait, dans le monde moderne, quoi qu’il arrive, on doit continuer à écrire notre histoire. Dans le film, nos personnages deviennent de vrais êtres, et, même si Pirandello les a mis dans la merde, ils doivent trouver le moyen d’avance sur leur chemin. Face aux situations de crise actuelle, ce message est rédempteur !

Vous me parliez de Woody Allen et de ce qu’il avait fait comme mécanisme du cinéma absurde. Ce grand réalisateur aime tourner la vie et l’amour à la dérision mais est aussi capable de créer des scènes d’une rare intensité émotionnelle. Dans « Vive la crise », Jean-François Davy met en scène un moment rempli d’émotions et en même temps burlesque digne du maitre new-yorkais. Alors que La Boétie (Jean-Marie Bigard) fait les poubelles, sa femme, somptueusement interprétée par Florence Thomassin, le retrouve. Elle lui saute au cou, l’embrasse et lui déclame « Je t’aime ! Tu pues ! ».  Jean-Marie Bigard, comment avez  vous fait pour jouer cette scène avec autant d’intensité malgré le caractère risible de cette situation ?

Jean-Marie Bigard : Tout simplement il faut reconnaître tout le talent de cette femme qu’est Florence Thomassin ! Quand elle se met dans son personnage et qu’elle pose son regard sur vous, vous n’avez plus qu’à vous laisser porter ! Elle donne tellement d’émotions qu’elle vous absorbe dans son jeu. Pendant cette scène, son regard d’amour m’a ému aux larmes. Je n’avais plus besoin de jouer ; je vivais cet instant. En plus, il faut savoir qu’une partie de cette scène est une improvisation parfaite de Florence. Je ne sais pas comment le preneur de son a fait pour capter cette phrase mais ce moment était tellement splendide ! Selon le script, quand on se retrouve et qu’on s’entrelace, elle doit juste me dire « Je t’aime », mais, dans l’élan,  Florence ponctue sa phrase d’un « Tu pues ». Ce plan du film est exceptionnel ! Cet instant est plein d’émotion et, simultanément, il est totalement décalé. Vu la situation que vivent les deux protagonistes dans cette histoire, cette scène est belle et vraie en même temps. Cette splendeur a été imprimée dans la pellicule de Jean-François Davy. Il devait absolument conserver ce petit temps de magie au montage.

Jean-Claude Dreyfus : Il faut aussi reconnaître l’apport de Jean-Marie Bigard sur cette scène. Même s’il parait souvent brut de décoffrage et qu’il semble rarement dans la finesse, c’est un être plein d’amour. L’homme est ainsi et ça se ressent jusque dans ses spectacles. Même quand il fait des « pouette pouette » ou qu’il parle crûment, c’est rempli d’humanité. Quand quelque chose ou quelqu’un, un moment ou une personne, est vrai et authentique, les émotions qu’il émet ne peuvent pas ne pas transparaître à l’écran !

© Stéphane Mulys

Jean-Marie Bigard : Comme je dis souvent aux journalistes qui m’interviewent : « Entre deux couilles, il y a un cœur ! ».

Dans « Vive la crise », il y a aussi Lola Marois. Votre épouse, Jean-Marie. Elle campe le rôle de Framboise une jeune femme surqualifiée (licenciée en histoire de l’art) qui travaille comme caissière. Quand elle rencontre le personnage de Montaigne, elle décide de tout claquer et de le suivre sur la voie du bonheur. Ce qui est frappant avec le personnage de Lola Marois, c’est qu’elle n’échange presqu’aucune réplique avec vous, Jean-Marie, et qu’elle entretient une relation filiale, limite incestueuse, avec Jean-Claude Dreyfus. Comment avez-vous vécu ce triangle amoureux sur le tournage ? Était-ce facile à jouer ces scènes ?

Jean-Marie Bigard : Ah oui ! Cette fameuse scène où Montaigne dit à Framboise « T’es comme ma fille mais je te baiserais bien quand même ! ».

Jean-Claude Dreyfus : Oui mais Lola est tellement mignonne vous savez !

Jean-Marie Bigard : C’est tellement humain !

Jean-Claude Dreyfus : Lola est une actrice pleine de peps ! Quand j’ai vu le film, ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’elle sourit tout le temps. Même quand elle joue son rôle de caissière, elle est magnifique. Tout au long de l’histoire, elle est dans l’hyper-réalité du personnage. D’ailleurs, Jean-François Davy l’a très bien choisi pour ce rôle : c’est une femme forte et en incarnant Framboise, elle est une personne qui refuse de se faire écraser par la réalité.  Lola représente cette génération surqualifiée qui prend les emplois qu’on lui offre pour essayer de s’en sortir. Et malgré toutes les situations, elle reste sublime. Pour répondre à votre question, vous comprenez que ça se fait très facilement de jouer de telles scènes avec une personne aussi jolie que Lola. On devait faire semblant d’être ivre. Et sous l’ivresse de l’alcool et de sa beauté, cette scène est très simple à jouer !

© Stéphane Mulys

Comme vous le signaliez au début de cette interview, votre film est bien à sa place ici au Festival International du Film d’Amour. Mais qu’est ce que pour vous un bon et un vrai film d’Amour ?

Jean-Marie Bigard : C’est tout simplement un film qui fait qu’en sortant du cinéma tu es quelqu’un d’autre ! Tu es une meilleure personne!

Jean-Claude Dreyfus : Oui, je suis assez d’accord avec Jean-Marie ! Un film d’Amour, c’est quelque chose qui redonne de l’espoir. Les gens sont tellement esseulés actuellement qu’un film d’amour est l’une des rares choses qui nous laisse espérer en l’impossible. Ce type de film permet de croire que malgré les difficultés, on peut trouver l’amour ! Et que l’on peut le trouver dans les rues en rencontrant des gens et non en s’inventant sur internet ! « Vive la crise » est un bon exemple pour mettre en lumière les films d’amour et ces romances modernes que l’on pense toujours improbables !

© Stéphane Mulys

Dans « Vive la crise », Jean-François Davy offre aussi un rôle sur mesure à Dominique Pinon. Ce chauffeur de bus philosophe lui va à la perfection. Que pensez de ce rôle campé par Dominique Pinon ?

Jean-Claude Dreyfus : Ce personnage lui va à ravir et malgré le peu de temps qu’on le voit à l’écran, il est très important pour le développement du film. Cette comédie laisse des traces qui permettent aux spectateurs de penser malgré le fait que le but premier de ce film est aussi de prendre une bonne bouffée d’oxygène en rigolant. Je pense que le personnage de Dominique, comme celui de Montaigne et de La Boétie marquera le public. Et après la vision de ce long-métrage et face à leur vie privée, les gens penseront à beaucoup de choses.


Alors Jean-Claude Dreyfus, dans ce film vous incarnez Montaigne et vous nous confiez aimer les clochards célestes. N’aimeriez-vous pas pouvoir un jour endosser le rôle de Diogène ?

Jean-Claude Dreyfus : On peut jouer tous les philosophes ! Et en plus, vous savez, les philosophes d’aujourd’hui, ce sont les humoristes ! Donc cela devient très simple d’incarner un philosophe, ce qui n’empêche pas que cet exercice de se glisser dans la peau de l’un de ces grands hommes reste très intéressant.

Jean-Marie Bigard : Vous savez, Diogène avait tendance à vivre dans des tonneaux. Nous dans ce film, on a plutôt tendance à boire ce qu’il y a dans les tonneaux ! C’est plus notre philosophie de vie ! (Ils éclatent de rire).

Quant à vous Jean-Marie Bigard, dans « Vive la crise » vous incarnez un être poétique souvent enclin à la mélancolie. Que penseriez-vous de jouer dans un film poétique ?

Jean-Marie Bigard : J’aimerais beaucoup pouvoir jouer dans un projet poétique. Surtout qu’il n’y a pas de contre-indication qui empêche de faire un film drôle et poétique à la fois. Rien n’empêche de faire un film d’amour poétique  qui soit en même temps drôle, réaliste et qui laisse à réfléchir !

© Stéphane Mulys

Jean-Claude Dreyfus, « Vive la crise » sonne votre grand retour au cinéma. Après plusieurs années consacrées au théâtre. Vous allez réinvestir les salles obscures dans plusieurs longs-métrages. Mais quels sont vos projets futurs ?

 Jean-Claude Dreyfus : J fais beaucoup de théâtre. Et ce n’est un secret pour personne : à l’heure actuelle, il est devenu très difficile de monter un film. Mais j’ai toujours beaucoup d’idées dans mes valises. J’attends juste le bon moment, en espérant avoir ce brin de chance qui me permette de mener l’un de mes projets à bien. Prenez l’exemple du film « Delicatessen » de Caro et Jeunet. Il a fallu trois ans avant de démarrer le projet. Entretemps, Jean Bouise qui devait initialement tenir mon rôle est décédé. Ils sont alors venus me chercher en me disant : « on commence dans une semaine ». Le tournage a débuté deux ans plus tard. Il a fallu en tout cinq ans à Jeunet et Caro pour faire ce film ! On a fait un long-métrage magnifique mais on a dû être patient ! J’ai failli abandonner le projet car je jouais dans une pièce en province au moment où le tournage a commencé. Bref, comme je vous l’ai déjà dit, je ne sais jamais ce que je vais vraiment faire demain !  J’ai des projets et j’espère toujours qu’ils auront l’occasion de voir le jour !

Jean-Marie Bigard : Vous savez, dans le monde du cinéma, il existe une devise ! Il faut toujours dire « oui », quitte à avoir quelque chose de programmé aux mêmes dates ! Il faut toujours dire « OUI ! ». Et à force de dire « OUI !!! », il y a peut-être une chance qu’au bout de cinq acceptations, un de ces projets voie enfin le jour ! Il ne faut jamais dire que tu n’es pas disponible car un film ça se fait ou ça ne se fait pas ! Et le plus souvent, ça ne se fait pas !

© Stéphane Mulys

Alors Jean-Marie Bigard, à côté de la tournée de promotion de « Vive la crise », vous tournez avec votre nouveau spectacle, le dixième, intitulé « Nous les femmes ». Dans ce spectacle, il y a plusieurs parties dont une où vous êtes travesti en femme et que vous reprenez tous vos grands sketchs mais sous le point de vue des femmes. D’où vous est venue cette idée ?

Jean-Marie Bigard : Un matin, un ami m’a sonné et m’a dit : « J’ai rêvé cette nuit de ton nouveau spectacle ! Tu sais que ça va être le dixième ! Est-ce que tu vas nous offrir un spectacle 100% testostérone ou autre chose ? ». Je lui demande ce qu’il veut dire par autre chose et il me répond  « J’ai pensé toute la nuit que pour ce spectacle, tu devais faire un énorme pardon aux femmes ! Même si ce n’est pas utile ! ».

Et là, je me suis dit « C’est une idée merveilleuse ! Mais je vais faire mieux que cela, je vais être une femme ! ». J’ai alors téléphoné à Pascale Bordet qui m’avait fait les 83 costumes du « Bourgeois gentil homme », qui fut une pièce saluée par la comédie française. Elle m’a répondu « Si tu viens pour 14h dans mes ateliers, je te transforme en femme ». On m’a mis des mousses partout et j’ai retrouvé une silhouette. Pourtant, comme Jean-Claude, j’ai un ventre bien développé, mais Pascale m’a fait un popotin si ample que j’ai attrapé une taille féminine ! Après cela on était parti pour cette nouvelle aventure ! C’est un plaisir immense en plus, chaque soir, de jouer en étant dans l’autre camp (celui des femmes). Tous mes sketchs sont inédits ! Je n’en reprends jamais d’un spectacle à l’autre. Ici, j’ai donc repris tous les sujets en me positionnant du point de vue des femmes. Il faut entendre la version féminine du « lâcher de salope ». Cela est truculent !  Je pourris les hommes, moi y compris ! Et je fais ça avec énormément de plaisir !

Merci à tous les deux et vive la crise, vive l’humour, vive l’amour et vive la vie ! 

Si  vous avez envie de découvrir cette comédie sociale, surréaliste et burlesque qu’est « Vive la crise », ce film sort ce mercredi 10 Mai dans toutes les salles du royaume et dans toutes celles de l’hexagone.

Titre : Vive la crise

Réalisateur : Jean-François Davy

Acteurs : Jean-Marie Bigard, Jean-Claude Dreyfus, Lola Marois, Isabelle De Hertogh, Michel Aumont, Rufus, Venantino Venantini,Florence Thomassin, Emmanuelle Boidron, Dominique Pinon…

Genre : Comédie, anticipation

Pays : France

Durée : 92 min

Date de sortie : le 08/05/2017

Production et distribution : Kanibal Films

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