La gazette du BIFFF #6 : où se succèdent exorciste allumé, tueur en série, robots révoltés, action survitaminée, pelage peu ragoutant, thriller glaçant et interactivité

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 35e  festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, photos, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Première journée, ici : Ouverture du festival 2017 en mode zombie avec The Girl with all the Gifts

Deuxième journée, ici : Horreur, thriller, fusillades et humour noir, le festival est sur les rails

Troisième journée, ici : Où l’on cause de prise d’otage diabolique, de mythes et légendes, de métamorphose et d’un rituel occulte

Quatrième journée, ici : Entre chasse à l’homme, vengeance implacable et pets salvateurs, le BIIF tourne à plein régime

Cinquième journée, ici : entre chefs d’oeuvre essentiels , bons films et gros nanars vite oubliés, le BIFFF est rentré dans sa vitesse de croisière

Avec un peu de retard mais avec plus de films critiqués, la gazette du BIFFF revient avec au programme ma sélection de films projetés au BIFFF mardi et mercredi derniers.

On commence avec Another Evil qui a ouvert au Ciné 2 le journée de mardi.

SynopsisPartis pour se reposer quelques jours dans leur maison de vacances, Dan et sa famille découvrent avec stupeur qu’ils ne sont pas seuls dans leur chalet : quelqu’un ou quelque chose semble hanter la maison… La femme de Dan décide de faire appel à Joey Lee, un exorciste hippie, afin de nettoyer cette mérule ectoplasmique, et son verdict est clair : les nouveaux locataires sont deux fantômes ambivalents, au demeurant fort sympathiques. Autant leur foutre la paix et accepter la cohabitation. Mais l’idée de cohabiter avec des clandestins d’outre-tombe n’est pas au goût de Dan, qui va demander un second avis à Os Bijoun, un exorciste réputé pour ses solutions radicales. Ce dernier pose un diagnostic radicalement différent : Dan et sa famille sont en présence du mal absolu et Os est prêt à s’attaquer à cette vermine maléfique après acceptation du devis. Mais le nettoyage va prendre pas mal de temps, laissant à Dan et Os l’occasion de s’adonner à de la lubrification sociale très alcoolisée. Mais ce genre de libations est vachement propice pour révéler que le remède est parfois plus dangereux que le mal que l’on tente d’éradiquer…

Petit film de série B, Another Evil n’en est pas moins une véritable pépite d’humour noir. Personnages incroyables, acteurs habités par leurs rôles et capables d’alterner poilades inattendues et scènes éprouvantes de tension, Carson D. Mell nous a concocté un film jubilatoire  totalement en dehors des poncifs du genre truffé de retournements de situation étonnants et de scènes hilarantes. On ne s’ennuie pas une minute à suivre les péripéties du personnage principal et de son acolyte occultiste déjanté. Un très bon ticket qui m’a fait passer un excellent moment . Chaudement recommandé pour une soirée entre pote, une Budweiser à la main, frissons et fou-rires garantis.

Another Evil (2016)

Réalisateur : Carson D. Mell

Avec : Dan Bakkedahl, Dax Flame, Jennifer Irwin, Mark Proksc, Steve Little, Steve Zissis

Origine : USA

Genre : black comedy, horreur

Durée : 90 min

Note : 14/20

Changement total de genre avec Kill Command, toujours au Ciné 2.

Synopsis : En termes de machines de guerre surentraînées, le commando d’élite du capitaine Bukes est probablement ce qui se fait de mieux. Mais pour garder le niveau, ce n’est pas un abonnement annuel à Basic-Fit et une sortie groupée au stand de tir qui peuvent suffire. La zone de jeu de ces barbouzes sevrés au napalm se trouve sur une île abandonnée, où ils peuvent faire des cartons pleins sur des robots tout en se dégourdissant les jambes. Mais, cette fois, ils sont accompagnés par une certaine Mills, un ingénieur mi-humain mi-cyborg, qui a la particularité ambiguë de faire partie des deux camps. Si sa présence intrigue d’abord l’escadron, celui-ci va vite avoir d’autres robots à fouetter lorsqu’il découvre que leurs fameux sparring partners en métal ont décidé de rendre les coups… Quelques cadavres plus tard, le capitaine Bukes va devoir faire face à une réalité glaçante : leurs créations ont décidé de s’émanciper et utilisent désormais toutes les bottes secrètes du commando d’élite afin de les réduire en charpie…

Kill Command lorgne méchamment du côté de James Cameron c’est certain, mais avec nettement moins de talent. ici on nage en plein film de SF avec cette révolte des robots décidés à trucider tout ce qui passe et qui ressemble à un humain. Scénario plus que simpliste, acteurs corrects sans être géniaux, Kill Command brille surtout par ses effets spéciaux assez réussis concoctés par l’équipe des Gardiens de la Galaxie et de Godzilla, mais pas vraiment par son originalité, ce qui en fait un bon film de genre mais pas un film essentiel. Un métrage à vous mettre sous la dent quand vous aurez épuisé le prochain Alien, Life ou Star Wars. Pour ceux qui voudraient rapidement se faire leur propre idée, le film est déjà disponible en DVD.

Kill Command (2016)

Réalisateur : Steven Gomez

Avec : Bentley Kalu, David Ajala, Kelly Gough, Mike Noble, Osi Okerafor, Thure Lindhardt, Tim Ahern, Tom McKay, Vanessa Kirby

Genre : SF

Origine : UK

Durée : 98 min

Note : 11/20

Direction le Ciné 1 pour assister à la projection de Replace dont la rumeur dit beaucoup de bien.

SynopsisJeune femme absolument délicieuse à reluquer, Kyra est consciente de son charme et utilise cet atout pour se frayer un chemin dans sa vie professionnelle. Chaque matin, elle sublime donc sa beauté naturelle à coups de crèmes hydratantes, anti-rides, anti-âge et anticellulite, et part ainsi exposer sa peau à double couche au monde lubrique qui l’entoure, tel un attrape-mouches vivant qui attend avec impatience de piéger les pattes de ses prétendants. Mais, un matin, Kyra va se réveiller avec un gros paquet de peaux mortes autour d’elle, puis elle va se mettre à peler telle une Danoise sans crème protectrice à Punta Cana, avant de carrément muer comme un python… Alors que son principal gagne-pain tombe en lambeaux, Kyra est confrontée à l’impuissance de la science, qui ne lui propose qu’une tentative de greffe sans certitude de résultats. Le problème, c’est que notre jeune femme s’arrache des morceaux dignes de se faire une pita gyros juste en se grattant, et elle risque d’atteindre l’os en moins de 24 heures. Jusqu’à ce qu’un accident malencontreux lui révèle qu’en appliquant la peau d’autres personnes, son tissu se régénère de lui-même…

Grosse déception que ce film à mi chemin entre le vampirisme et l’esthétisme mondain. Jouant à fond la carte d’un esthétisme rigoureux et du gore (les scènes de pelage sont assez dégoûtantes) le réalisateur se perd dans un scénario qui progresse lentement et qui tend à devenir vite ennuyeux. Sans cesse on est tiraillé entre l’admiration de la plastique magnifique de l’actrice principale, Rebecca Forsythe, et le dégoût qu’on éprouve devant sa mutation dermatologique progressive. Le film ressemble plus à un long clip vidéo aux personnages peu attachants, qui ne vaut que par son twist final pas si inattendu que ça. Bref, je le conseille aux amateurs de scènes bien dégueu ou aux étudiants en médecine pour qui la dissection est devenue familière. Personnellement, je n’ai éprouvé aucun plaisir en regardant ce film, juste de l’ennui et un certain dégoût. Un film prétentieux et sans saveur à oublier très vite.

Replace (2017)

Réalisateur : Norbert Keil

Avec : Adnan Maral, Barbara Crampton, Lucie Aron, Rebecca Forsythe, Sean Knopp

Origine : Allemagne, Canada

Genre : horreur

Durée : 101 min

Note : 8/20

Avec Opération Mekong ceux qui se sont assoupi quelque peu durant le film précédent vont être réveillé à grand coups de pied dans les fesses !

Synopsis : À part pour certains obsédés du salon de l’érotisme, le Triangle d’Or est surtout synonyme de paradis de la schnouf. Non seulement, c’est l’un des plus grands zonings du monde pour les grossistes en drogues mais, vu sa position à cheval sur les frontières de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande, c’est une véritable no-go zone où même Fox News n’oserait pas inventer des faits alternatifs. Les différents gouvernements ayant souvent quelque chose sur le feu qui sonne à la porte, ils ferment les yeux la plupart du temps sur les horribles exactions qui y sont commises. Mais lorsque deux navires chinois sont attaqués sur la rivière Mékong, suivis de l’exécution sommaire de 13 personnes sur lesquelles on planque 900,000 pilules de meth, c’est le dérapage de trop pour le gouvernement chinois : Pékin envoie illico l’élite des narcotiques faire le ménage et découvrir qui se cache derrière cette mise en scène à faire passer les Chinois pour de gros larbins drogués à la meth. Mais dans un royaume sans lois, coincé en plein milieu d’une jungle hostile, nos soldats d’élite sentent très vite qu’ils vont jouer avec les vis de leur cercueil à tout instant…

Quelle claque que ce film ! Quand le cinéma chinois s’en donne les moyens, il renvoie la trilogie Expendable au bac à sable pour enfants tant il est bourré d’action à vous couper le souffle. Avec son nouveau film inspiré d’une histoire vraie qui a secoué la région en 2011, Dante Lam nous a concocté un film burné qui file à 1000 à l’heure et pue l’adrénaline de la première à la dernière image. Et si on y ajoute une photographie à vous écarquiller les mirettes, des acteurs convaincants et un scénario fouillé bourré de rebondissements, on tient là un grand film d’action qui vous laissera sur les genoux. Incontestablement l’excellente surprise du jour. Bravo !

Opération Mekong (2016)

Réalisateur : Dante Lam

Avec : Baoguo Chen, Carl Ng, Eddie Peng, Hanyu Zhang, Joyce Wenjuan Feng, Ken Lo, Vithaya Pansringarm

Origine : Chine, Hong Kong

Genre : action, aventure, thriller

Durée : 124 min

Note : 15,5/20

Mercredi au Ciné 2, beaucoup étaient impatients de découvrir Therapy.

SynopsisPour Jane et Simon, deux policiers qui sortent leur flingue aussi souvent que le Dalaï Lama, cet appel sent le vilain dépôt clandestin : un gardien de nuit vient de découvrir tout un tas d’équipements vidéos pendant sa ronde, et la fraude au parc à conteneurs est probablement l’un des délits les plus excitants que nos deux flics auront à traiter dans ce patelin trop calme. Pourtant, en refilant tout le matos électronique à leur équipe scientifique, trop heureuse d’enfin faire autre chose que de se toucher la nouille devant une redif’ de Joséphine, Ange Gardien, nos gardiens de la paix vont faire une découverte terrifiante : les premières images dérushées qu’ils reçoivent semblent anodines. Une bande de potes qui se paie du bon temps en pleine nature. Mais, quelques cris plus tard, les enquêteurs se retrouvent avec une disparition mystérieuse sur les bras. Ils comprennent très vite qu’ils devront jouer la montre car, si les prochaines images qui arriveront pourront leur donner des indices supplémentaires, c’est également un délai macabre où cette disparition peut se transformer en meurtre collectif, gratuit et… très sanglant.

Therapy est le deuxième film d’un jeune réalisateur prodige français de 17 ans nommé Nathan Ambrosioni. Tourné en vingt huit jours – juste les week end et jours fériés – avec des acteurs bénévoles, une go pro, une caméra à l’épaule pour la partie found footage et une caméra plus sophistiquée pour les parties cinéma « normales », ce long métrage tourné avec peu de moyens ( le budget avoisinait les 2 à 3.000 euros) est réellement convaincant. On se laisse happer par la réalisation très fraîche de Nathan Ambrosioni qui, par son talent, excelle dans l’art de nous faire frissonner à coups de jump scares et d’ombres pas nettes à l’arrière-plan. Seul petit bémol, le jeu de certains acteurs aurait pu être meilleur mais c’est vraiment histoire de pinailler sur quelque chose. Allez voir Therapy, vous passerez un bon moment avec ce film inventif et d’une efficacité redoutable.  Sachez aussi que Nathan nous prépare un prochain film d’horreur – cette fois sans found footage –  avec  un budget plus conséquent  vu le très bon accueil reçu par Therapy à l’étranger, et rien qu’ à  y penser on se demande déjà à quelle sauce ce petit bonhomme surdoué  va bien pouvoir nous manger.

 Therapy (2016)

Réalisateur : Nathan Ambrosioni

Avec : Cédrick Spinassou, Julien Croquet, Luna Belan, Nathalie Couturier, Nathan Ambrosioni, Rémy Jobert, Zach Tinker

Origine : France

Genre : gore, mystery,

Durée : 96 min

Note : 14/20

At The End of the Tunnel projeté au Ciné 1 est un des films très attendus du festival .

SynopsisCloué dans un fauteuil roulant, Joaquin vit reclus dans son énorme baraque de Buenos Aires, entouré de son chien mourant et de ses dettes. Autant dire que ce n’est pas le genre de mec avec qui on pourrait se taper le cul par terre ; mais cela ne semble pas arrêter la délicieuse Berta, qui aimerait bien louer l’étage du dessus pour elle et sa fille, Betsy. Sentant qu’il n’aura bientôt plus que l’impôt sur les os, Joaquin accepte l’irruption soudaine de cette jeune mère de famille dans sa maison, et peu importe si cette dernière est danseuse dans un club où l’effeuillage ne se fait pas qu’en automne. Se réfugiant dans sa cave afin de bien cultiver sa misanthropie, Joaquin commence alors à entendre des voix derrière les murs. Curieux des bribes de conversation qu’il a entendues avec un stéthoscope d’occase, Joaquin bidouille un système d’espionnage maison pour satisfaire son côté «Fenêtre sur cour» à la sauce « Caméra dans le mur ». Il découvre alors qu’un gang est en train de creuser un tunnel dans le but de cambrioler la banque d’en face. Son passe-temps devient très excitant lorsqu’il apprend que le tunnel passe par-dessous sa cave. Très inquiétant, par contre, lorsqu’il surprend Berta sur son écran, en train de rouler, à côté, des galoches au vilain monsieur à la pelle…

En course pour le prix du meilleur thriller, At the End of the Tunnel a reçu une immense ovation du public à la fin de sa projection. Thriller glaçant et nerveux, le film argentin a tenu toutes ses promesses avec un scénario étonnant dont les méandres se révèlent petit à petit au cours du déroulement du film et bénéficie d’une réalisation menée de main de maître par Rodrigo Grande. Le film est aussi porté par l’interprétation sans failles de Leonardo Sbaraglia qui est une star en argentine avec plus de 50 films à son actif et par la jolie plastique de Clara Lago vue dans The End ( Bifff 2013). Comme le héros du film on reste scotché à notre fauteuil et on sue de grosses gouttes devant ce métrage parmi les meilleurs que j’ai pu voir à ce jour dans cette édition 2017. Un must, et un candidat sérieux à la victoire dans la compétition thriller !

 At the End of the Tunnel (2016)

Réalisateur : Rodrigo Grande

Avec : Clara Lago, Federico Luppi, Leonardo Sbaraglia, Pablo Echarri, Uma Salduende, Walter Donado

Genre : thriller

Origine : Argentine, Espagne

Durée : 120 min

Note :16/20

Changement de décor pour terminer la journée avec Late Shift projeté au Ciné 3.

SynopsisLondres, de nos jours. Matt est un jeune étudiant qui bosse comme veilleur de nuit dans un parking pour berlines rutilantes. Mais voilà que notre jeune homme bien sous tous rapports va se retrouver embarqué malgré lui dans le cambriolage culotté d’une célèbre maison de ventes aux enchères. Afin de pouvoir prouver son innocence, Matt n’a qu’un seul choix – et il en pleure d’avance -, c’est vous. Oui, vous, spectateurs, allez devenir maîtres des prochains actes de notre héros… Première expérience cinématographique interactive au monde, Late Shift de Tobias Weber se pose comme le carrefour le plus abouti entre cinoche et jeu vidéo : avec ses 180 points de décision et ses 7 fins alternatives, ce film dont vous êtes le réalisateur a tout sur la carte de son menu. Alors, serez-vous plutôt porté sur le happy end ou votre côté obscur va-t-il plutôt vous pousser vers le vice sanguinolent ? A vous de choisir !

Expérience amusante, Late Shift permet au spectateur via le téléchargement d’une application « CtrlMovie » sur l’App Store ou Google Play store d’interagir avec les décisions prises par les héros du film et cela durant toute la projection. Ce concept original est certainement l’élément déclencheur de l’intérêt du public pour ce  film qui était programmé initialement le 6/04 et dont la projection a été doublée ce 12/04 vu le succès obtenu par la première date. Disons le tout de suite, Late Shift n’est pas un grand film, c’est un petit thriller peu original qui attire surtout par son concept. On passe un bon moment à diriger l’action et à se réjouir de nos décisions de spectateurs ce qui fait quelque peu oublier le film en lui même dont finalement tout le monde se fiche un peu de la fin. Une expérience sympa dont on saluera la réalisation technique, mais loin d’être bluffante quand à son contenu.

 Late Shift (2016)

Réalisateur : Tobias Weber

Avec : Haruka Abe, Joe Sowerbutts, Joel Basman, Lily Travers, Mohammed Ali, Richard Durden

Genre : thriller experimental

Origine : Suisse, UK

Durée : 90 min

Note : 10,5/20

À bientôt pour une nouvelle gazette du BIFFF !

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