La semaine ciné de Julien: les vacances de Pâques au cinéma – Partie 2 !

Chers cinéphiles, bonjour ! On poursuit ces vacances de Pâques déjà bien entamées, mais avec de nouveaux avis cinématographiques rédigés rien que pour vous ! Place aujourd’hui aux sorties du 22 mars, avec au programme « Sage Femme », « La Belle et la Bête », ainsi que de « L’Autre Côté de l’Espoir », sans oublier deux petits films vus sur le tard, mais toujours à l’affiche: « La Confession » et « Monsieur et Madame Adelman » ! 

Que faut donc retenir de ces sorties ciné ? Let’s go pour une nouvelle semaine ciné de Julien ! 

SEMAINE 12 (22/03 au 28/03): 5 films vus

L’enchantement continue de plus belle !

LA BELLE ET LA BETE

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 22 mars 2017

Réalisateur(s): Bill Condon

Acteur(s): Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Emma Thompson

Genre(s): Romance, musical, fantastique
Durée: 2h09

Résumé: Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Signe(s) particulier(s): 

– « La Belle et La Bête » est l’adaptation « live-action » du film d’animation des studios Disney sorti en 1992, réalisé par Kirk Wise et Gary Trousdale, ayant été tout de même nommé à l’Oscar du Meilleur Film;

– Disney a rappelé Linda Woolverton et Alan Menken, qui avaient travaillé sur le dessin animé. La première en a encore co-écrit et supervisé le scénario, tandis que le second a rempilé pour la musique;

– à travers le personnage de Le Fou, c’est la première que le studio aux grandes oreilles comprend une référence explicite à l’homosexualité dans un de ses films, ce qui n’est pas d’avis de tous, notamment de la Russie, où le film y est interdit aux moins de 17 ans… Par contre, une histoire d’amour entre une femme et une bête, ça ne choque pas…

Le(s) +

Dans son optique d’adaptation de ses classiques animés en films, cette dernière tentative est une nouvelle réussite, la surprise en moins, mais quelques nouveautés en plus. Très fidèle au dessin-animé, cette relecture moderne de ce classique enchantera petits et grands, soit toute la famille.

On ne peut que saluer l’immense travail effectué pour la reconstitution des décors, des costumes d’origine, mais cette fois-ci en vrai. C’est tout simplement hallucinant ! C’est certain: Disney crée de l’emploi avec ses films en « live-action » ! Et puis, on est surpris par la qualité de la musique qu’on entend dans le film. Force est de constater que « La Belle et la Bête » est un conte musical de qualité, aidé par la musique du maestro qui l’avait déjà orchestrée dans le dessin-animé, Alan Menken.

L’histoire se permet ainsi quelques différences scénaristiques avec l’original, notamment sur les différents personnages, leurs donnant ainsi de l’épaisseur, ainsi que l’incursion de personnages de couleurs, et d’un personnage homosexuel. Voilà que Disney s’attaque ainsi à la tolérance, ce qui est assez osé… Et vu la puissance de la maison et de l’immensité de son public, voilà qui ne peut être qu’une bonne idée, afin de faire évoluer les mentalités, et habituer la jeunesse à la différence.

Alors oui, « La Belle et la Bête » est un émerveillement destiné à tous ceux qui attendaient le film, ainsi que pour les amoureux de contes de fées. Vous ne serez pas déçus !

Le(s) –

On pourrait qualifier ce film de comédie musicale tellement la place qu’y occupe le chant est importante. Soyez-en prévenus ! Concernant l’ensemble du casting, cela pose question, car le résultat est assez mitigé. Par exemple, Emma Watson a beau y être très jolie, elle reste malgré tout bien trop petite-fille, inoffensive.

Si la question de la tolérance est ainsi abordée dans ce film, on pourrait sanctionner Disney de vouloir en faire de trop, et donc de paraître un peu faux sur les bords. Enfin, plus de deux heures de film, c’est long, surtout pour une histoire que l’on connaît déjà, faisant appel à un arsenal visuel époustouflant, mais dénudé d’émotions. Somptueux, mais kitsch.

Note: 14/20

La première vie du fils Bedos

MONSIEUR ET MADAME ADELMAN

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): Nicolas Bedos

Acteur(s): Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès, Pierre Arditi

Genre(s): Comédie dramatique
Durée: 2h00

Résumé: Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l’ombre de son mari ? Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d’un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Signe(s) particulier(s): 

– Nicolas Bedos et Doria Tillier sont ensemble à la vie comme (en partie) à l’écran, alors que cette dernière a été révélée en 2012 au grand public comme « Miss Météo » du « Grand Journal » de Canal;

– le couple signe aussi le scénario de cette « grande histoire d’amour ».

Le(s) +

Pour un premier film, Bedos s’en sort admirablement bien ! Le piège de l’histoire d’amour idéaliste est ici évité pour laisser ainsi place à l’histoire d’une vie; celle de deux êtres qui se sont aimés, mais qui se sont aussi détestés, pour finalement s’aimer encore plus.

« Monsieur et Madame Adelman » n’est pas qu’une histoire d’amour étalée sur cinquante années. Le film aborde la vie (de couple) de tous les jours, et parle de sujets pertinents tels que la paternité, l’inspiration, la fidélité, le partage, la maladie, l’argent, etc. Le scénario rend aussi hommage à ces femmes de l’ombre qui vivent derrière celle de leur mari encombrant. Bref, dans le genre, pour ainsi dire, la boucle est bouclée.

Et on peut totalement certifier que ce film en doit beaucoup au couple Bedos-Tillier, qui exprime ici toute sa vitalité, son irrévérence, sa générosité, son talent, son amour. On assiste-là à une explosion à laquelle nous n’étions pas préparés ! Le casting, composé aussi de Pierre Arditi et de Denis Podalydès, affiche une richesse de jeu sublimé par des dialogues sucrés, intelligents, ou encore piquants (connaissant les artistes, ça ne nous étonne pas). Mention spéciale à Doria Tillier, qui, on peut le dire, détruit tout sur son passage, et tire son épingle du jeu.

Fresque romanesque conjugale, « Monsieur et Madame Adelman » est un pari audacieux réussi en ces temps d’amour bateau !

Le(s) –

Quelques longueurs parsèment ce torrent de vie. De plus, certaines situations se répètent et perdent ainsi de leur force, de leur authenticité. Enfin, on le sait, Bedos se regarde souvent le nombril. Alors même s’il fait des efforts et qu’il étonne, ce dernier ne nous épargne pas son narcissisme, à travers son jeu d’acteur et sa façon de parler qui peuvent très vite irriter.

Note: 15/20

Les Catherine font la paire

SAGE FEMME

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 22 mars 2017

Réalisateur(s): Martin Provost

Acteur(s): Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet

Genre(s): Comédie dramatique
Durée: 1h57

Résumé: Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

Signe(s) particulier(s): 

– avec son film, le réalisateur Martin Provost voulait rendre hommage à sa manière à la sage-femme qui lui a sauvé la vie à la naissance;

– le film présente de véritables accouchements, auxquels Catherine Frot a participé, interprétant une sage-femme dans le film;

– c’est la première fois que les deux Catherine se rencontrent à l’affiche d’un même film.

Le(s) +

Double portrait tendre et touchant de deux femmes indirectement liées par le même homme. L’une est une sage-femme célibataire prête à perdre son boulot, l’autre est son ex-belle-mère pleine de remords, qui tente de se racheter auprès d’elle après l’avoir quitté elle et son père comme une voleuse bien des années avant…

Le jeu des deux Catherine y est en parfait équilibre, et dès lors, l’une ne passe jamais au-dessus de l’autre, leurs rôles ayant été écrit de telle sorte à ce que leurs personnages se respectent mutuellement, malgré le poids de leur relation. Mais deux seconds-rôles masculins permettent de calibrer les émotions féminines de ces deux grandes dames, grâce aux interprétations d’Olivier Gourmet et de Quentin Dolmaire, tout en justesse.

« Sage Femme » affiche un récit doux-amer tout en délicatesse, qui fait du bien, rendant à l’occasion hommage aux travail très important des sages-femmes, qu’on ne met jamais assez en avant.

Le(s) –

Le film tire en longueur par rapport au contenu de son scénario. En effet, dans sa seconde partie, une fois qu’on en a compris ses finalités, l’histoire tourne un peu en rond. Celle-ci est peut-être aussi un brin trop… sage, car si elle créée l’empathie, elle m’émeut jamais. À cet égard, le sort destiné au personnage de Catherine Deneuve sonne comme un clap final un peu facile, synonyme du manque de grandeur de cette histoire très terre-à-terre.

Note: 13/20

Le pouvoir de la séduction

LA CONFESSION

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 08 mars 2017

Réalisateur(s): Nicolas Boukhrief

Acteur(s): Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny

Genre(s): Drame
Durée: 1h55

Résumé: Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Signe(s) particulier(s): 

– adaptation libre du roman « Léon Morin, Prêtre » de Béatrix Beck. Ce livre a déjà été retranscrit à l’écran en 1961 par Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva, puis en 1991 par Pierre Boutron avec Robin Renucci et Nicole Garcia;

– premier film d’époque réalisé par Nicolas Boukhrief, mais également sa première adaptation de roman et sa première fois en tant que scénariste en solo.

Le(s) +

« La Confession » traite d’un sujet fort, soit l’amour et ses frontières, en l’occurrence ici entre un prête et une jeune communiste mariée, c’est-à-dire deux êtres que tout oppose, et cela en pleine Occupation de la France par l’Allemagne .

Romain Duris est parfait dans la peau de ce prête en accord avec ses valeurs et celles de l’Église, tandis que Marine Vacth est tout d’abord incroyablement froide et stoïque à l’arrivée de ce nouveau prête dans son village, avant de subir le charme de l’homme qu’il est, malgré l’impossibilité de leur relation.

La mise en scène y est efficace, et traite son sujet avec pudeur et intérêt.

Le(s) –

Était-il nécessaire de réadapter, aussi librement soit-il, et pour la troisième fois au cinéma cette histoire ? Car « La Confession » tient beaucoup du mélodrame classique, où l’amour touche à la question de la morale. Et puis, « La Confession » manque d’originalité, de piment…

Note: 11/20

Contre-pied à l’image d’un réfugié

L’AUTRE COTE DE L’ESPOIR

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 22 mars 2017

Réalisateur(s): Aki Kaurismäki

Acteur(s): Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Ilkka Koivula

Genre(s): Comédie dramatique
Durée: 1h40

Résumé: Helsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile.

Signe(s) particulier(s): 

– cela faisait six ans (depuis « Le Havre ») que ce réalisateur finlandais, pourtant très prolifique, n’avait plus réalisé.

– Aki Kaurismäki a été récompensé pour ce film à la Berlinale 2017 du prix de l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur.

Le(s) +

Laisser vos a priori et vos amalgames de côté. Le cinéma de Aki Kaurismäki présente le réfugié d’aujourd’hui non pas comme on nous le montre dans la plupart des médias, et comme on le pense, mais bien comme vous et moi, soit un être humain, mais cherchant simplement à vivre une seconde vie, à pouvoir espérer une seconde chance, loin de la terreur sévissant sur ses terres d’origine.

Avec sa mise en scène très particulière façon polar sombre et sarcastique, « L’Autre Côté de l’Espoir » est un film engagé qui ose casser les opinions infondées, mais sans chercher à nous moraliser, mais bien à nous conscientiser. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si cette rencontre entre un réfugié syrien et un directeur de restaurant se fait sur le ton du comique de situation, malgré la gravité des propos.

En effet, cette fiction sonne particulièrement juste et fort, au regard de notre actualité. Et c’est donc d’autant plus surprenant de voir comment le réalisateur a pu écrire cette triste histoire de sorte à ne pas en faire un drame, mais plutôt une comédie dramatique cocasse, mais respectueuse envers les personnes intéressées.

« L’Autre Côté de l’Espoir », c’est du cinéma européen intelligent, humaniste et divertissant, qui s’attaque ici, mais sans les armes, au fléau actuel (et ses conséquences) qui touche la terre entière: la guerre.

Le(s) –

La représentation que se fait le réalisateur de la rue et de ses voyous y rôdant laisse perplexe par son manque de profondeur. Globalement, le ton de cette histoire est régulier mais manque un peu de rythme, malgré son côté second degré. Et puis, n’oublions pas qu’il s’agit ici de cinéma indépendant, et (donc) social, ce qui n’est pas destiné à tous les spectateurs…

Note: 15/20

Maintenant, à vous de faire votre (vos) choix ! En attendant, on se retrouve très vite pour semaine pour une nouvelle semaine ciné de Julien toujours en mode vacances de Pâques, afin de vous parler des sorties du 29 mars, soit « Gangsterdam » (de R. Lévy), « Baby Boss » (de T. McGrath) « Les Schtroumpfs et le Village Perdu » (de K. Asbury), « Telle Mère, Telle Fille » (de N. Saglio) et de « Ghost in the Shell » (de R. Sanders) ! 

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