La gazette du BIFFF #3 : où l’on cause de prise d’otage diabolique, de mythes et légendes, de métamorphose et d’un rituel occulte

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 35e  festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, photos, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Première journée ici : Ouverture du festival 2017 en mode zombie avec The Girl with all the Gifts

Deuxième journée ici : La gazette du BIFFF #2 : horreur, thriller, fusillades et humour noir, le festival est sur les rails

Troisième journée au BIFFF.

Aujourd’hui j’ai jeté mon dévolu sur le Ciné 2 où la journée commence avec la projection de  From a House on Willow Street, un film sud-africain dont l’affiche nous met l’eau (l’hémoglobine ?) à la bouche.

SynopsisChauds boulette pour une prise d’otage sans risques, Hazel et ses trois bras cassés jettent leur dévolu sur la jeune Katherine, dont le père est un diamantaire plein aux as. Vu la baraque familiale de Willow Street, la famille ne doit pas vraiment connaître des fins de mois difficiles et ce n’est pas quelques carats en moins qui feront la différence. Mais si le début du plan se déroule sans accroc, avec une réception fingers in the nose du colis, la suite va très vite ressembler à une autoroute française. Autrement dit, ils vont payer très cher à la sortie… Non seulement, les parents de Katherine ne répondent pas à la demande de rançon mais, en plus, ils vont découvrir qu’ils ne sont pas les premiers à avoir kidnappé la jeune fille, celle-ci étant fraîchement possédée par un démon qui se fout comme d’une guigne du pognon. Son truc à lui, c’est la dégustation d’âmes tourmentées et l’heure est venue de passer à table.

From a House on Willow Street s’avère être au final un bon petit film de genre pas désagréable du tout à regarder. On s’attache vite aux personnages, jeunes malfrats décidés à se sortir de la condition sociale peu enviable dont ils font partie pour les uns, et à rejoindre Panama pour éviter un procès, pour l’autre, en organisant un kidnapping contre rançon. Hélas pour eux, le plan ne se déroule pas comme prévu, leur victime étant légèrement…habitée. Le rythme du film est soutenu, la photographie de bonne facture et Alastair Orr, qui avait déjà réalisé Indigenous en 2014, nous entraîne habilement dans son nouveau huis clos, cassant les codes de la prise d’otages classique pour transformer son oeuvre en survival pas piqué des vers. Le démon ne lâche pas ses proies, et action, suspense et scènes chocs sont au rendez-vous d’un film qui ne révolutionne pas le genre mais se regarde avec plaisir de la première à la dernière minute.

From a House on Willow Street (2016)

Réalisé par : Alastair Orr

Avec : Carlyn Burchell, Gustav Gerdener, Sharni Vinson, Sino Ventura, Steven John Ward.

Origine :Afrique du Sud

Genre : horreur, gore, supernatural

Durée : 86 min

Ciné 2 : 14h

Note : 12,5/20

Toujours au Ciné 2 à 16h30, le BIFFF nous propose de découvrir le premier film d’horreur albanais : Bloodlands réalisé par l’australien Steven Kastrissios.

Synopsis : Boucher irascible et vieux jeu, Skender est le genre de patriarche qu’on n’a pas envie de contrarier, surtout quand il joue du hachoir sur la carcasse d’un mouton. Pourtant, ses deux enfants ont des rêves un peu plus ambitieux que de vendre de la tripaille dans le zoo à mouches qu’est l’entreprise familiale et, forcément, l’ambiance n’est pas vraiment au top à l’heure du souper. Alors, c’est vrai qu’on peut toujours miser sur une bonne partie de Pictionary ou un bon vieux Tabou afin de ressouder les liens, mais Skender et sa famille vont avoir droit à quelque chose de bien plus radical : une banale altercation avec des gamins de la rue va tourner au cauchemar lorsque ces vauriens retournent auprès de leur clan, caché dans la montagne. Particulièrement rancunier, le clan envoie quelques hommes pour une correction à domicile, mais ce bon vieux Skender ne va pas hésiter à répliquer en transmettant ses meilleurs vœux à coups de carabine. Résultat du match ? Un macchabée étalé dans le jardin familial. Et, tel le péket dans le Namurois, l’Albanie compte une tradition fermement ancrée dans les mœurs : ça s’appelle la vendetta, et ce n’est jamais joli à voir…

Bon, je vous avais prévenu, il s’agit du premier film de genre des Balkans même s’il y a un australien aux manettes. Si vous vous attendez à du sang par baquets et des scènes chocs, vous allez être déçu car Bloodlands n’est rien d’autre qu’un drame familial qui imprégné par les mythes locaux et légendes ancestrales  se transforme en histoire de sorcières et de malédiction. Ici les seules victimes égorgées sont les moutons abattus par le boucher local. Le film se déroule lentement, l’action se fait attendre, le tout entrecoupé de jolis paysages des montagnes albanaises. Bref, pas grand-chose de croustillant à se mettre sous la dent avant le dernier quart d’heure qui réveille un peu le spectateur avachi à la limite de l’endormissement. Ce n’est apparemment pas encore demain que l’Albanie nous fournira une des pépites du genre, il faut s’en faire une raison.

 Bloodlands (2017)

Réalisé par : Steven Kastrissios

Avec : Alesia Xhemalaj, Emiljano Palali, Enxhi, Fioralba Kryemadhi, Gëzim Rudi, Ilire Vinca Celaj, Suela Bako

Genre : drame, horreur

Origine : Albanie – Australie

Durée : 80 min

Ciné 2 : 16h30

Note : 7/20

Quand on évoque le nom de De Sica, on pense tout de suite à Vittorio mais la relève est assurée désormais par son petit-fils Andrea qui vient nous présenter son premier long métrage : Children of the Night (I Figli Della Note)

SynopsisAdolescent d’une famille fortunée, Giulio arrive à un âge délicat où les parents n’ont pas envie de se coltiner les errances pubères d’un gosse en crise. L’amour inconditionnel ayant apparemment ses limites chez les gens qui gagnent plus de 4800 euros par mois, ils décident de l’envoyer dans un pensionnat isolé dans les Alpes, qui a autant de charme que l’Overlook de Shining. Sur place, Giulio se lie très vite d’amitié avec Edoardo et les deux frondeurs vont très vite se faire un malin plaisir à outrepasser les règles austères de l’établissement, profitant notamment des relâches nocturnes pour aller s’encanailler dans le bordel du coin. Dans ce temple dédié aux plaisirs tarifés, ils font la connaissance d’Elena, capable de merveilles quand il s’agit de cours de rattrapages en biologie … Nos deux punks amateurs pensent alors être en marge du système alors qu’ils sont en plein dedans : toutes leurs transgressions sont non seulement consignées par le taulier du pensionnat, mais elles sont carrément inscrites dans le programme scolaire de l’établissement…

On a là un film déconcertant que certains pourraient s’étonner de retrouver à la programmation du BIFFF. Car Children of the Night n’est pas à proprement parlé un film de genre, mais plutôt l’histoire d’une métamorphose orchestrée, d’une métaphore sur le passage à l’âge adulte. Film assez déprimant, pesant même mais qui bénéficie d’une photographie superbe, cette lente descente aux enfers d’un adolescent friqué fascine plus par son esthétisme quelle ne passionne par son scénario. Mention spéciale aux acteurs qui tirent magnifiquement bien leur épingle du jeu. Children of the Night est un premier film prometteur et intéressant, sans être une oeuvre réellement mémorable.

 Children of the Night (2017)

Réalisé par : Andrea De Sica

Avec : Fabrizio Rongione, Ludovico Succio, Vincenzo Crea, Yulia Sobol

Genre : film noir, mystery

Origine : Italie

Durée : 90 min

Ciné 2 : 19h

Note : 10/20

Grosse foule en soirée pour A Dark Song , qui nous arrive au BIFFF précédé d’une réputation flatteuse et que certains qualifient même de petit chef d’oeuvre.

Synopsis : Anéantie par la mort de son jeune fils, Sophia aimerait pouvoir lui parler une dernière fois … Mais pas question de froucheler avec ces conneries de planches à Ouija, hein ! Non, elle, c’est du sérieux : elle n’est pas là pour tondre la banquise avec des charlatans, alors elle loue un grand manoir perdu dans les forêts irlandaises et fait appel à Joseph Solomon, un occultiste spécialisé dans la magie noire. Ce dernier la cuisine sur ses motivations et la soumet à un régime strict : pas de sexe ni d’alcool – du moins pour elle – pendant toute la durée de la séance. Alors bon, ce n’est pas parce qu’il la considère comme une nymphomane alcoolique, mais c’est parce que la fameuse séance va durer six mois… Un investissement émotionnel et physique qui va tous les deux les pousser jusqu’à leurs derniers retranchements, où le doute et la paranoïa ne cesseront de jouer au yo-yo. Est-ce que l’effort va payer ? Ptêt bien. Par contre, Sophia n’a pas raconté les véritables motivations qui l’ont poussées à passer un coup de bigot spirituel, alors que la nuance est importante chez les occultistes : de bonnes intentions amènent de bons esprits. Les mauvaises, par contre…

A Dark Song de Liam Gavin, ancien storyboardeur pour Simon Hunter (Lighthouse, Mutant Chronicles) et Jake West (Evil Aliens) est une  oeuvre déconcertante à plus d’un titre. Le film démarre lentement avec une longue présentation de la mise en place du rituel qui amènera Sophia d’après l’occultiste à pouvoir reparler à son fils décédé. Durant cette première partie du film on passe par des scènes âpres durant lesquelles on se dit qu’on est face à une oeuvre étonnante qui va nous en mettre plein la vue.  Mais au fur et à mesure que le film progresse la tension augmente pour nous amener à un final assez déconcertant, frôlant même le ridicule. Dommage car l’attente du spectateur était grande et finalement tout le travail de préparation mis en place au cours du récit se termine en demi pétard mouillé . Mais rassurez vous, A Dark Song reste quand même pour sa très belle photographie et son scénario sans concession, un bon ticket supérieur à la moyenne des productions du genre.

 A Dark Song (2016)

Réalisé par : Liam Gavin

Avec : Catherine Walker, Mark Huberman, Steve Oram, Susan Loughnane

Genre : cult, mystery

Origine : Irlande, UK

Durée : 99 min

Ciné 2 : 21h30

Note : 12/20

En résumé une journée pas vraiment palpitante, mais bien d’autres aventures  que je ne manquerai pas de vous conter dans les moindres détails m’attendent dans les jours à venir.

A bientôt, pour une prochaine gazette du BIFFF !

 

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