Petits héros de BD deviendront grands, la preuve par cinq

Les grands, les durs, les forts, baraqués comme des dieux, intelligents comme pas deux, des héros comme ça, depuis la nuit des temps (ou un peu moins), le Neuvième Art n’en manque pas. Mais à côté de ces géants insubmersibles, il y a toujours des petits vizirs qui veulent être calife à la place du calife. Des petits héros pas plus haut que trois pommes, sans prétention et pas toujours sûrs d’eux, qui nous emmènent au final dans de longues histoires ou des gags d’une planche. Dans des styles bien différents. La preuve avec cinq nouveaux venus (plus ou moins).

Momo : Taille XXS pour plaisir XXL

Il y a Momo et Mémé, Mémé et Momo, les deux pourraient faire la paire mais c’est sans compter le désir d’aventure de Momo. Cette petite fille de 4-5 ans (même si on lui a dit qu’elle était une grande fille maintenant) n’a de cesse de passer la clôture pour vivre sa grande aventure. Comme son papa, parti encore une fois, trop longtemps, en mer. Alors là voilà qui toque à la porte des premiers émois, au fil des rencontres avec un trio de petits caïds pas bien méchants ou effrayants, au contraire du colossale poissonnier ou de l’étrange homme des bois qui auront tout fait de lui faire prendre ses jambes à son cou.

Quelques recherches de personnages de Rony Hotin (visibles sur sa page Facebook) :

Cela pourrait très bien se passer en Bretagne ou au bout du bout du monde (non loin de son phare fort célèbre) car le scénariste Jonathan Garnier et le dessinateur-coloriste Rony Hotin (qui réalisent là leur premier album rien qu’à eux) jouent la confusion. Et sans doute, le décor flou, incertain, participe-t-il à nous retrouver partout et nulle part, tant qu’il y a la mer à proximité. Momo, c’est un mélange déconcertant d’abord avant de nous emporter, de nous enthousiasmer, quelque part entre Nob, pas si loin de Vivès et, quitte à faire des kilomètres, sous le regard bienveillant de Miyazaki.

© Garnier/Hotin chez Casterman

Mais Rony Hotin, c’est surtout un style bien à lui, qui a déjà fait ses preuves dans le monde de l’animation, et une efficacité et des couleurs redoutables, incisives. Un mélange qui ne peut mieux porter cette histoire qui débute fort bien entre les peurs de l’enfance, son insouciance et bientôt la terrible épreuve. On adhère totalement.

© Garnier/Hotin chez Casterman

Série : Momo

Tome : 1

Scénario : Jonathan Garnier

Dessin et couleurs : Rony Hotin (Facebook)

Genre : Aventure, Drame, Jeunesse

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 88

Prix : 16€

Date de sortie : le 01/03/2017

Extraits :

Pilo : les rêves, c’est toujours mieux que le monde des grands

Près de dix ans après ses débuts, Julien Mariolle s’offre une nouvelle série aux Editions Bamboo sur les couleurs de Benoit Bekaert. Alors voilà Pilo, un « petit spirou » (comme l’évoque un peu la couverture) blondinet jamais à court d’idées et qui n’entend pas choisir un métier qu’il aimerait exercer plus tard tant il regorge de rêve. Des rêves qu’il a tendance à prendre un peu trop pour… réalité. Mais en attendant d’être un super-héros, un ninja ou un pirate (pourquoi pas des Caraïbes), Pilo doit justifier ses phases lunatiques auprès des professeurs, du proviseur qu’il réussit très vite à psychanalyser. Heureusement qu’il y a Janis, éternelle adolescente, qui entend bien Pilo vivre ses délires.

© Mariolle/Bekaert chez Bamboo

Il est étonnant, ce Julien Mariolle. Contributeur notamment des actuelles séries de Midam et Adam (Game Over, Grrreeny), auteur de Yul et sa clique, l’auteur a progressivement quitté les traits de ses débuts pour trouver un style qui s’adapte bien au format jeunesse. Un peu de Jojo, pas forcément loin de Kid Paddle, coulé dans la naïveté. Là où Julien Mariolle surprend c’est dans son habileté à transformer un album qu’on pensait à gags en somme de deux histoires courtes d’une vingtaine de pages.

© Mariolle/Bekaert chez Bamboo

L’auteur se donne le temps de prolonger le plaisir, ça marche et ça se tient plutôt bien. D’autant plus que Julien a cette facilité (tout comme Sébastien Piquet dont on vous parlait avec le Père des étoiles) de s’e/ancrer dans une réalité tout en en décollant le temps d’une seule case. Ainsi, sans avoir eu le temps de s’en rendre compte, nous voilà, comme Pilo, projetés sur les pentes de l’Himalaya, entre dinosaures et monstres ou encore sur une scène bien rock. Ça se lit comme un tour de magie.

Série : Pilo

Tome : 1

Scénario et dessin : Julien Mariolle

Couleurs : Benoît Bekaert

Genre : Humour, Jeunesse, Aventure

Éditeur : Bamboo

Nbre de pages : 46

Prix : 10,60€

Date de sortie : le 01/02/2017

Extraits :

L’atelier détectives : T. rex et Zombies ne font pas peur à la jeunesse sur la piste d’Holmes et Dickson (ou presque)

Ça nous arrivait beaucoup quand on était petits (nourri par les Martin Matin et autres Scooby Doo et ses mystères) et ça nous prend encore parfois : et si l’aventure était au coin de la rue ? Et comme la jeunesse est le territoire par excellence de l’imagination, Isidore, Lola et Jules ne se le font pas dire deux fois quand leur école leur propose de rejoindre un atelier en-dehors des cours classiques. Ça en motiverait plus d’un de s’oxygéner au lieu de faire des maths ou du Français, d’autant plus que le programme s’annonce palpitant pour l’Atelier Détective. Des détectives qui doivent moins à Poirot et Maigret qu’à Holmes et Dickson, dans la nuit qui s’épaissit, dans laquelle les chats sont gris et le mystère guette. Entre un zombie qui terrorise le quartier, un T.rex et une sorcière. Et les trois téméraires héros en herbe n’hésitent jamais à se jeter dans la gueule du loup.

© Beka/Goalec

Nouvelle série, nouvelle corde à leur arc déjà bien fourni : on ne s’étonnera pas de trouver le duo BéKa, une nouvelle fois, à l’oeuvre au scénario. Pour les accompagner : la fidèle Maëla Cosson aux couleurs et Sandrine Goalec au dessin. Une dessinatrice qui signe son premier album de BD mais possède une riche carrière dans le monde de l’animation, depuis Astérix et le coup du menhir jusqu’au storyboard de la récente et mignonne série Ernest et Célestine. Une solide expérience qui se ressent dans sa manière dessiner, ni trop adulte, ni trop enfantine, pour jouer entre le jour réconfortant et la nuit et ses ennuis.

© Mariolle/Bekaert chez Bamboo

Le trait est chaleureux, maniant une puissance indéfectible lorsqu’il s’agit d’invoquer les monstres et des bruits de maison hantée, échappant au moule du dessin « trop jeunesse » et les couleurs qu’y mêle Maëla Cosson, dès la première planche très mal famée, jonglent impeccablement entre les différentes ambiances, de la chaleur à la neige, d’une journée souriante à une obscurité angoissante.  Les BéKa, quant à eux, trouvent une nouvelle fois un beau terrain pour se jouer des apparences.

Série : L’atelier détectives

Tome : 1 – Les mystères de la nuit

Scénario : BéKa

Dessin : Sandrine Goalec

Couleurs : Maëla Cosson

Genre : Mystère, Jeunesse, Humour

Éditeur : Bamboo

Nbre de pages : 48

Prix : 10,60€

Date de sortie : le 22/02/2017

Extraits :

CRASH 2 : des super-héros, oui, mais pas ceux que vous aviez demandé pour vous sauver

À l’ombre (mais vraiment bien à l’ombre) des Batman, Superman et autres créatures de comics, il y a CRASH. Kézaco ? Mais si, souvenez-vous, nous vous parlions, il y a quelques mois, de ce « Collège Réservé Aux Super Héros » créé sous l’impulsion de Édouard Kemicol, graine de génie boutonneuse et fils à papa méchant. Toujours autant portés sur la chose météorologique et hâtant un peu plus le dérèglement, Hervé Bourhis et Poipoi nous livre un deuxième tome encore plus rocambolesque et maîtrisé de ces héros comme on préférerait ne pas en connaître.

© Bourhis/Poipoi/Dupeyrat chez Casterman

Toujours dans une veine Hanna-Barberesque qui fait du bien, ce deuxième tome nous entraînent donc entre glaces éternelles, lianes tropicales et toutes les bébêtes qui vont avec. Résolument, les super-apprentis-héros ne vont pas chômer, encore plus quand ces énergumènes de bonne volonté ont quelques problèmes d’égo et ne cessent de faire des faux pas.

© Bourhis/Poipoi/Dupeyrat chez Casterman

Bref, la « next generation » n’est pas encore rodée et c’est ce qui fait le sel et le charme de cette série dans laquelle il faut s’attendre à tout. Visuellement, c’est extra.

Série : Crash

Tome : 2 – Iceberg Tropical

Scénario : Hervé Bourhis (Facebook)

Dessin : Poipoi

Couleurs : Poipoi et Élise Dupeyrat

Genre : Aventure, Fantastique, Humour

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 22/02/2017

Extraits :

Schtroumpfs : fini de rire, les filles arrivent

Enfin, on ne pouvait clôturer cet article sans vous parler de ceux qui comptent sans aucun doute parmi les plus petits héros de bande dessinée et les plus grands… poids lourds de celle-ci. Ils sont bleus, ils portent un chapeau blanc et ils vont bientôt se rendre compte, après des années d’ignorance, qu’ils ne sont pas les seuls… Schtroumpfs (puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit). Et que la Schtroumpfette n’est plus la seule représentante de la gent féminine. Révolution en vue ? Toujours est-il que c’est le pitch du troisième film hollywoodien (et – soulagement – cette fois totalement en animation) consacré aux petits hommes de Peyo par Kelly Asbury (Spirit, Gnoméo et Juliette, Shrek 2).

Un film qui fait fi du Syndrome de la Schtroumpfette (quand une héroïne est seule, désespérément seule dans un univers qui ne compte que des hommes) comme d’aucuns l’appellent, semble prendre le parti des femmes qui se révèlent être des guerrières sans peur et qui risquent bien d’abattre mur et frontières dans l’espoir de faire cohabiter les différences. Les bases étaient trop bonnes que pour ne pas lancer une série dérivée. Celle-là même dont le premier album paraît quelques jours avant le film auquel il fait… suite. Bizarre, vous avez dit schtroumpfement bizarre ?

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

Nouvelle forêt, nouveau monde, nature saisissante et espèces inconnues, voilà le menu de ce spin-off qui en perd un peu son… Schtroumpf. En effet, on a l’impression que les bientôt sexagénaires parle de plus en plus français et tronque de moins en moins les mots. Pour le reste, c’est une somme de récits courts dans cette forêt aussi interdite que prometteuse que nous font découvrir l’équipe emmenée par les scénaristes Alain Jost et Luc Parthoens, les dessinateurs Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat et le coloriste Paolo Maddaleni. Des habitués, donc, pour la plupart.

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

Harry Potter n’a pas le monopole de la forêt interdite et, graphiquement, celle des hommes bleus un régal. Mais comme on n’a pas eu la chance de voir le film, on s’est retrouvé un peu perdus pour apprécier cet album à sa juste saveur même s’il est sans réel enjeu notoire. Reste que ces Schtroumpfs-là jouent sur du velours mais osent aussi un petit vent de révolution et de féminisme.

© Jost/Parthoens/Maury/ de Coninck/Diaz/Cagniat/Maddaleni chez Le Lombard

Avec du caractère, s’il vous plaît. Les Schtroumpfs costauds, à lunettes ou maladroit ne sont que les premiers de la liste de ceux qui en ont fait les frais. Bon, pour le prochain tome, on ne serait pas contre une longue aventure pour exploiter tout ça avec un peu plus de fond. Et que ça schtroumpf !

Série : Les Schtroumpfs & le village des filles

D’après l’univers créé par Peyo

Tome : 1 – La forêt interdite

Scénario : Alain Jost et Luc Parthoens

Dessin : Alain Maury, Jeroen de Coninck, Miguel Diaz et Laurent Cagniat

Couleurs : Paolo Maddaleni

Genre : Histoires courtes, Aventure, Humour, Jeunesse

Éditeur : Le Lombard

Nbre de pages : 48

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 24/03/2017

Extraits: 

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