La semaine ciné de Julien: les « adieux » à Wolverine, un Lion pas comme les autres, et bien plus encore !

Chers cinéphiles, bonjour ! On est reparti pour une nouvelle semaine ciné de Julien bien chargée, comme on les aime, avec du cinéma pour tout le monde ! Au programme, « Patients » de Grand Corps Malade, « Harmonium » de Koji Fukada, « Chez Nous » de Lucas Belvaux, « Split » de M. Night Shyamalan, « Logan » de James Mangold, et l’évènement « Lion », de Garth Davis ! Oui, on peut le dire: on vous gâte ici ! 

Mais que faut donc retenir de ces sorties ciné ? Let’s go pour une nouvelle semaine ciné de Julien ! 

SEMAINE 09 (01/03 au 07/03): 6 films vus

Derniers coups de griffes (mortels)

LOGAN

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 01 mars 2017

Réalisateur(s): James Mangold

Acteur(s): Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen

Genre(s): Action, science-fiction, aventure
Durée: 2h17

Résumé: Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

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Signe(s) particulier(s): 

– troisième et dernier épisode consacré au Wolverine de Hugh Jackman;

– Hugh Jackman a renoncé à une partie de son salaire pour que cet ultime volet de Wolverine obtienne la fameuse classification R, soit une interdiction aux mineurs de moins de 17 ans sans accompagnant;

– le scénario de Logan s’inspire de la série de comics « Old Man Logan » de Mark Millar, dans laquelle le héros apparaît « vieux »;

– le ton sombre et violent de « Logan » n’a pas tout de suite obtenu les faveurs de la Fox. Mais le studio s’est finalement laissé convaincre, « sans regret ».

Le(s) +

Dernier tour de piste, et de griffes, pour Hugh Jackman dans la peau de « Wolverine », ainsi que pour Patrick Stewart dans celle du professeur Xavier, rôles qu’ils occupaient depuis 17 ans dans la franchise « X-Men ». Et en l’occurrence, les années n’ont pas gâté nos héros, tous deux très malades dans ce « Logan ». Normal, puisqu’il est question ici de lancer la relève…

À travers un road-movie dans l’Ouest américain, aux décors et à la photographie poussiéreux, ce troisième épisode consiste en une dernière castagne dans l’univers étendu de « X-Men » dédié à Wolverine (le plus célèbre des mutants, aux griffes d’adamantium). « Logan » est beaucoup plus mature dans son cinéma que les deux autres épisodes dédiés à Logan. En effet, moins d’effets spéciaux et moins d’effets super-héroïques permettent à l’oeuvre de s’écarter de tout ce qu’on a déjà pu voir autour du personnage. Ici, l’action est plus violente, plus « sale », plus réaliste. De même que Logan est plus vulnérable, en accord avec son aspect « humain », et plus brutal, en accord avec la « bête » qui sommeille en lui. À vrai dire, on y voit plus de sang que dans tous les épisodes réunis, et dans lesquels on a pu l’apercevoir ! Et d’un autre côté, on s’étonne d’être ému, pour la première fois, par ce personnage mythique…

Hugh Jackman (véritablement atteint d’un cancer – de la peau) et le réalisateur James Mangold ont réussi ces adieux à Wolverine, faisant de ce « Logan » le film le plus sombre et le plus personnel de la saga.

Le(s) –

Malheureusement trop longuet, ce « Logan » souffre une fois de plus d‘une adversité sans grande originalité (comme s’il fallait boucher les trous), à laquelle doit faire face l’homme aux griffes acérées, cette fois-ci pour sauver sa descendance. Car cet ennemi prévisible n’est rien par rapport à la véritable menace cachée qui pèse sur Logan… Dommage cependant qu’elle opère en opposition scénaristique avec les précédents films, et l’image de Wolverine (surtout après tout ce qu’il a déjà pu surmonter)… Enfin, pas certain que la relève réussira à faire mieux que quiconque dans la peau d’un mutant que Hugh Jackman, et surtout pas Dafne Keen, alias « X-23 », beaucoup trop hystérique, et au personnage d’ores et déjà condamné si l’on s’en réfère au destin de Wolverine, devenu, contrairement à elle, mutant sur le tard…

Note: 13/20

Couple à trois, ça ne va pas…

HARMONIUM

Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 15 février 2017

Réalisateur(s): Koji Fukada

Acteur(s): Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui, Kanji Furutachi

Genre(s): Drame
Durée: 1h58

Résumé: Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille.Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié…

Signe(s) particulier(s): 

– présenté en Sélection Officielle dans la catégorie Un certain regard au dernier Festival de Cannes, et reparti avec le Prix du Jury.

Le(s) +

« Harmonium », où comment la venue d’un fantôme du passé peut bousculer le train-train quotidien d’un couple, et le remettre en question, à coup de mensonges et silences gardés sous-clef. À travers ce drame familial interprété avec naturel et spontanéité, Koji Fukada s’attaque à la famille, et son bonheur supposé, avant de le faire exploser devant nos yeux. Portrait intensément psychologique d’un couple « au bord du gouffre » (traduction française du titre original japonais), « Harmonium » crispe le spectateur au fur et à mesure que cette famille, banale, se déchire, en plus du poids que leur suscite ce fantôme du passé… Faisant appel à la figure fantomatique, l’histoire installe une atmosphère lugubre et menaçante, basculant alors leur histoire dans le thriller dramatique. Mais le plus flippant ici, c’est de savoir que des secrets de familles, ça existe, et qu’ils sont universels. Et la façon dont Koji Fukada nous en montre les conséquences fait froid dans le dos, même s’il ne s’agit que d’une fiction, mais réaliste. Un film totalement intriguant, et inquiétant.

Le(s) –

C’est bien du cinéma d’auteur, particulièrement lent, et dans lequel les réponses sont majoritairement intériorisées, voire libres ou absentes. Le spectateur pourrait donc rester sur sa fin quant à son dénouement, qui ne va pas de pair avec l’empathie ressentie pour cette famille, qu’on espérait retrouver enfin la paix. « Harmonium » est un film ambigu par les choix scénaristiques de son auteur, ne laissant que peu d’issue de secours à ses personnages.

Note: 15/20

« La bête » dans sa tête (et pas que)

SPLIT

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): M. Night Shyamalan

Acteur(s): James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

Genre(s): Thriller, fantastique
Durée: 1h57

Résumé: Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

Signe(s) particulier(s): 

– après le succès commercial et critique de son précédent film « The Visit » (5 millions de budget pour 95 millions de recette) sous la houlette du producteur Jason Blum, M. Night Shyamalan surfe sur la vague du film d’horreur à petit budget, puisque « Split » n’a coûté que 9 millions de dollars (hors promo);

– c’est initialement Joaquin Phoenix qui devait interpréter le personnage principal de ce nouveau film, finalement destiné à James McAvoy;

– synopsis inspiré de l’histoire de Billy Milligan, un américain arrêté pour viol à la fin des années 70, mais jugé non-responsable de ses crimes suite à son trouble dissociatif de l’identité.

Le(s) +

Voilà pour le moins un film très attendu depuis l’apparition de son premier trailer sur la toile, et suite au réveil de Shyamalan avec « The Visit », après les grosses déceptions qu’étaient « La Jeune Fille de l’Eau », « Phénomènes », « Le Dernier Maître de l’Air », et « After Earth ». Ainsi, le succès de « The Visit » a redonné confiance au réalisateur, sachant de plus qu’il possède une belle liberté artistique pour son nouveau projet (le film restant un projet mineur à produire). Avec « Split », Shyamalan adapte son propre script, mais celui-ci puise ses origines sur un cas bien particulier de trouble dissociatif de l’identité. Et c’est un James McAvoy troublant et dévoué que l’on retrouve dans la peau de ce personnage tiraillé par ses 23 personnalités, séquestrant ces jeunes femmes, afin d’être donnée en pâturage à « la bête », souhaitant nettoyer l’humain de ses péchés (ou quelque chose comme ça, mais là n’est pas la question du film).

Classifié comme un thriller, et film fantastique, Shyamalan questionne sur ce trouble, pour le moins étrange et complexe, à travers l’évolution mentale d’un personnage pas très ordinaire. Comme à son habitude, le réalisateur a choisi de distiller son script à travers une mise en scène faisant appel à des images passées, et mixées avec celles du présent, afin de nous donner des éléments de réponses, non pas seulement sur le cas de Kevin, mais aussi sur l’une des demoiselles enlevées, Casey, au passé assez trouble, également. Avec « Split », Shyamalan s’amuse à jouer de manière libre (mais documentée) des (im)possibilités psychiatriques que peuvent engendrer un trouble dissociatif de l’identité.

Le(s) –

Malgré une mise en scène au cordeau, l’histoire manque de moments forts, qui retiennent notre attention. C’est véritablement dans sa toute fin que « Split » explose, et pas forcément de la meilleure façon qui soit, par rapport aux attentes. En effet, le réalisateur fait prendre à son histoire une tournure finale fantastique, mais exagérée, s’éloignant ainsi de toute réalité, et au travers de laquelle Shyamalan semble vouloir créer sa propre escouade de super-héros, à l’image d’un caméo final surprenant, qui annonce la suite… Comme quoi le thriller et le fantastique ne se marient pas forcément bien…

Note: 13/20

Naissance d’un slameur

PATIENTS

Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 01 mars 2017

Réalisateur(s): Grand Corps Malade et Mehdi Idir

Acteur(s): Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise

Genre(s): Comédie dramatique
Durée: 1h50

Résumé: Se laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens…. Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l’histoire d’une renaissance, d’un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul.

Signe(s) particulier(s): 

– Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, met en scène son premier film, qui n’est d’autre qu’une adaptation raccourcie de son roman autobiographique du même nom racontant son année de rééducation dans un centre après un accident;

– Mehdi Idir, qui réalise les clips de Grand Corps Malade, co-réalise le film avec ce dernier.

Le(s) +

On connaissait déjà le capital sympathique que dégage Grand Corps Malade, et le talent artistique qu’il possède, en tant que slameur… On découvre d’aujourd’hui l’un de ses autres talents, certes épaulé dans sa réalisation, mais qui reflète bien le personnage qu’il est, et son vécu. Grand Corps Malade filme et retranscrit, sans pathos, la rééducation en centre pour personnes ayant subi un accident assez conséquent, nécessitant une réhabilitation physique. Ce récit nous immerge dans les couloirs d’un tel établissement, où d’innombrables émotions se créent, se croisent, et évoluent en parallèle à l’évolution de la rééducation. Ainsi, amitié, entraide, peine, tristesse ou encore l’espoir se reflètent dans les paroles et attitudes de ces cinq jeunes, interprétés avec justesse. Mais le scénario va encore plus loin, et ose parler (brièvement) des maladresses de la vie, et de nos choix de vie. Techniquement, le film bénéficie d’une caméra flexible, jouant de mouvements de caméra renforçant les émotions, notamment lors de profondeurs de champ, où de caméra subjective. Bref, Grand Corps Malade évite son nombril, alors qu’il s’agit de sa propre histoire, et cela à travers un film très humain, et humble.

« Patients » ne cherche pas à épater, et c’est là sa plus belle force. On y rigole, on y rigole moins, on y vit. Car ce que nous montre ce film, c’est que la vie ne s’arrête pas avec l’handicap: elle se profite davantage.

Le(s) –

Par ses partis pris scénaristiques, « Patients » manque de surprise, et d’émotion intime. On vacille aussi de la comédie au drame sans véritable clarté, nous perdant ainsi quelques fois en chemin (aussi court soit-il). Mais pour un premier film, vous en redemanderez !

Note: 14/20

La peur à nos trousses

CHEZ NOUS

Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 01 mars 2017

Réalisateur(s): Lucas Belvaux

Acteur(s): Emilie Dequenne, André Dussollier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin

Genre(s): Drame
Durée: 1h58

Résumé: Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Signe(s) particulier(s): 

– première fois que le réalisateur Lucas Belvaux écrit un film avec quelqu’un, en l’occurrence l’écrivain Jérôme Leroy;

– la bande-annonce du film a suscité de nombreuses polémiques, notamment sur les réseaux sociaux, de la part du Front National…

Le(s) +

Après « Pas Son Genre », Lucas Belvaux offre à nouveau à Emilie Dequenne la nouvelle tête d’affiche d’un de ses films, ce dernier ayant fait beaucoup de bruit dans la presse, du fait que le FN s’est senti visé à travers ce film, la veille des présidentielles… D’un autre côté, ça en a fait aussi sa pub, ce qui n’est pas plus mal.

« Chez Nous » fait partie de ces films qui dérangent, et qui ne laissent pas indifférents, dans lequel une personne politiquement néophyte est manipulée, amadouée afin de répandre la bonne (mauvaise) parole, au nom de personnes qui n’ont pas la puissance, la crédibilité, le charisme de le faire eux-mêmes. Dans ce film, Émilie Dequenne interprète avec beaucoup de tenue cette infirmière se retrouvant dans une position qu’elle n’avait pas vu venir, et non souhaitée, défendant des idées contraires aux siennes, pour un parti extrémiste. Notre compatriote y crève littéralement l’écran, portant à travers son personnage un message avant-gardiste, qui effraie. Émilie Dequenne fait clairement partie de ces talents imparables du cinéma, d’ici et d’ailleurs. Dès lors, vivement son prochain rôle ! Mais elle n’est pas la seule à réaliser une très belle partition, puisque André Dussolier n’avait plus été aussi froid et menaçant que dans ce film, tandis que Guillaume Rouix continue de gravir les échelons dans un rôle de petite frappe, néo-nazis soi-disant retranché… Anne Marivin et Catherine Jacob (renvoyant à Marine Le Pen) complètent ce casting, qui mériterait pour son ensemble une reconnaissance certaine, tant on y croit dur comme fer.

En regard de son sujet principal (la dénonciation de la manipulation des partis populistes) et d’un pays qui souffre, Lucas Belvaux a décidé d’installer dans son récit un climat anxiogène, avec une photographie sombre et sans caricature, une musique glaçante, des décors communs (l’action se déroule dans le nord de la France) pour renforcer la crédibilité de l’action, sa proximité directe avec nos vies à nous, avec ce que l’on connaît, ce que l’on croise tous les jours. Le spectateur arrive dès lors à identifier les idées essentielles de ce film, et à établir un parallèle troublant avec son environnement, où du moins un parallèle à le devenir si les gens ne réfléchissent pas…

« Chez Nous » fait partie de ces films qui ont des choses à dire (ce qui devient de plus en plus rare), et qui à partir d’une fiction-réalité passionne de bout en bout, portée par des acteurs au sommet. Du cinéma engagé, mais jamais ennuyeux.

Le(s) –

« Chez Nous » brosse schématiquement le fonctionnement d’un parti extrémiste pour en cibler davantage les idées douteuses, et conscientiser, un temps soit peu. À trop vouloir inclure aussi son film dans la fiction et toucher le spectateur, le réalisateur encombre beaucoup trop son scénario de sous-intrigues autour du personnage d’Emilie Dequenne, qui auraient mérité davantage d’approfondissement, où tout simplement de ne pas apparaître dans cette histoire, déjà bien occupée par la force de son intrigue principale.

Note: 16/20

Ode à l’espoir

LION

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): Garth Davis

Acteur(s): Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, Sunny Pawar

Genre(s): Drame, aventure
Durée: 1h58

Résumé: Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australien. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

À lire aussi | Lion ou le rugissement d’un destin… qui n’a rien à voir avec Slumdog Millionnaire et c’est tant mieux

Signe(s) particulier(s): 

– l’histoire de « Lion » est adaptée de l’histoire vraie (à découvrir ci-après) de Saroo Brierley, qui a notamment fait l’objet d’un reportage dans « 60 Minutes Special », l’une des émissions de reportages américaines les plus célèbres, ainsi que l’objet d’une publicité pour Google afin de promouvoir… Google Earth;

– multitude de récompenses remportées aux quatre coins du globe, et de nominations, notamment aux Oscars 2017 (dont Meilleur Film).

Le(s) +

S’il y a bien une publicité qui ne ment pas, c’est celle qui est illustrée sur l’affiche de ce film (voir ci-dessous). En effet, impossible de rester insensible face à l’incroyable histoire de Saroo, cherchant coûte que coûte à retrouver sa mère et son frère en Inde, 25 ans après un banal accident l’ayant séparé d’eux, et l’ayant amené à des milliers de kilomètres de là.

Découpées en deux parties, cette histoire nous narre le destin émotionnellement très fort de cet Indien, au courage exemplaire. Dans sa première partie, Garth Davis filme tout d’abord le quotidien de Saroo, 5 ans, vivant dans la pauvreté, avec son frère et sa mère, et ensuite leur séparation, jusqu’à ce qu’il soit adopté par un couple australien. À la façon d’un « Slumdog Millionnaire », ces premières minutes servent à installer la personnalité de ce petit bonhomme, mais aussi à permettre au spectateur de photographier des images et paysages sublimes (quelle photographie!) qu’il retrouvera dans le film, bien plus tard, mais avec un tout autre ressenti… C’est aussi une manière d’illustrer ces petites choses de la vie, ces images et moments inscrits dans la pensée de tout en chacun, qui nous reviennent à un moment où l’autre de notre existence, pour une raison bien précise…

Dans sa seconde partie, on retrouve Saroo, 30 ans, menant une vie normale et prolifique, étant un étudiant au futur luisant, jusqu’à ce que des images de son enfance lui reviennent, lui faisant comprendre que sa famille actuelle n’est pas biologiquement la sienne… Il se mettra alors à rechercher obsessionnellement son village d’enfance (Ganai Tanesh), afin de retrouver les siens.

C’est avec beaucoup de retenue que Garth Davis met en images le script de Luke Davis, adapté de l’histoire vraie de Saroo, à travers sa quête identitaire, et familiale. En effet, le traitement de cette histoire est exemplaire, car elle ne verse jamais dans le pathos émotionnel. Quand on retrouve Saroo adulte, amoureux d’une très jolie femme croisée sur son chemin, on se dit que l’histoire aurait pu en jouer, également… Or, il n’en est rien. « Lion » est d’une justesse folle.

Sans grand jeu de lumière, « Lion » suggère justement l’émotion par ses images, et par la reconstruction du puzzle de l’enfance de Saroo. Ainsi, à mesure de son périple, l’émotion vient d’elle-même, en silence, pour alors nous dévaster, petit à petit, jusqu’au générique final. Et quand on parle ici d’émotion suggérée, celle qui vient naturellement, on parle bien de joie, de beauté, tellement ce « Lion » porte en lui cette perle rare qu’on nomme « espoir ». Et comme on dit ici bien, « l’espoir fait vivre ». Et dans ce cas, cette notion (indissociable de celle du courage) porte ce film qu’il ne laisse pas de marbre, mais qui émeut profondément.

Certes, la puissance du message suffit à porter ce film très haut, mais celui-ci est aussi emmené par un casting au petit soin, en cohérence absolue avec cette histoire, qui laisse parler le cœur. Dev Patel prouve qu’il n’est pas que le petit Jamal Malik du film de Dany Boole (comparaison inévitable), Rooney Mara interprète sa petite copine, Lucy, qui, si la peur de la distance l’envahit, n’aura de cesse que de l’encourager dans sa quête. Nicole Kidman, elle, n’en fait pas de trop, et ose la perruque (justifié), tandis que le petit Sunny Pawar, interprétant Saroo jeune, est tout simplement craquant (surtout lorsqu’il crie le prénom de son frère Guddu) et incarne toute l’innocence de la jeunesse indienne dans un milieu défavorisé. Bref, des acteurs parfaitement dirigés !

Jusqu’à la dernière image pré-générique et le moment où l’on découvre le pourquoi du comment du subtil titre du film, ce film nous comble. D’ailleurs, restez bien dans la salle pendant le générique de fin (au son du très bon « Never Give Up » de Sia), où une surprise est offerte aux spectateurs.

« Lion » est une œuvre qui brille grâce au résultat du travail de cohésion d’artistes de cinéma au profil de cette histoire incroyable, et riche, aux allures de conte moderne, proche du miracle. Pour son premier film, Garth Davis frappe très fort en adaptant cette histoire. Préparez donc vos mouchoirs, car de belles larmes couleront sur vos visages face à cette tornade d’émotions !

Le(s) –

La première partie du film souffre de quelques longueurs, et n’évite pas la comparaison avec « Slumdog Millionnaire ». On regrette aussi le manque d’exploitation de la relation entre Saroo et son frère adoptif, par les mêmes parents australiens. Et puis, on ne peut pas nier que « Lion » est une belle publicité pour « Google Earth », et aussi un film tire-larmes destiné, à la base, à faire pleurer dans les chaumières. Mais force est de constater que l’emballage frôle l’admiration.

Note: 17/20

Maintenant, faites vôtres (vos) choix ! En attendant, on se retrouve fin de cette semaine pour une nouvelle semaine ciné de Julien, afin de vous parler de « T2: TRAINSPOTTING » (de Danny Boyle), « Miss Sloane » (de John Madden), « Noces » (de Stephan Streker), « Le Secret de la Chambre Noire » (de Kiyoshi Kurosawa), et de « Kong: Skull Island » (de Jordan Vogt-Roberts) ! Et bon(s) film(s) !

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