La semaine ciné de Julien: Denzel n’est pas une femme, mais John, lui, est carrément rock’n roll !

Chers cinéphiles, bonjour ! Aménagement oblige, voilà une semaine ciné de Julien plutôt calme, avant le prochaine ! Au programme cette semaine, on retrouve la nouvelle réalisation de Denzel Whasington, « Fences », nommée aux Oscars, mais aussi le nouveau Audrey Dana « Si j’étais un Homme », la suite du succès « John Wick », et enfin LA comédie très attendue de Guillaume Canet, parodie de sa propre vie…

Mais que faut donc retenir de ces sorties ciné ? Let’s go pour une nouvelle semaine ciné de Julien !

SEMAINE 08 (22/02 au 28/02): 4 films vus

L’homme qui tire plus vite que son ombre

JOHN WICK 2

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): Chad Stahelski

Acteur(s): Keanu Reeves, Common, Laurence Fishburne

Genre(s): Action
Durée: 2h03

Résumé: John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

Signe(s) particulier(s): 

– après le succès du premier opus explosif, « John Wick » est de retour avec la même équipe, avant un troisième (et dernier) épisode;

– John a tué 81 personnes dans le premier film, contre 141 dans cette suite;

– Keanu Reeves a appris le jiu-jitsu brésilien, à manier les armes, à faire des rotations de 180° avec une voiture pour les besoins du film;

– dorénavant, « John Wick » se déclinera en… comics !

Le(s) +

Si vous avez aimé le premier film, alors vous adorerez sa suite. Encore plus assumée, plus tueuse et impressionnante, « John Wick 2 » est LE film sous testostérone par excellence, avec son quota de courses-poursuites, de combats armés, de combats à mains nues, de cascades (etc.), au travers desquels Keanu Reeves (et des cascadeurs, évidemment) exécute des chorégraphies hallucinantes, et où les scènes d’action crient « regardez-comme-ça-déchire-tout-mais-attendez-car-ça-continue ». Indestructible, Reeves, alias John Wick, a définitivement retrouvé un costume à sa taille, avec ce rôle lui allant comme un gant, crédible à souhait, au regard de tout le travail effectué pour en arriver là. Efficace d’un bout à l’autre.

Le(s) –

Dans le premier opus, l’ancien tueur à gages Wick se vengeait de la mort de son chien, cadeau posthume de son épouse, tué par une bande de dealers russes ayant également volé sa voiture. Dans cette suite, Wick paie cher le prix de sa reprise de service… Bon prétexte pour le spectacle, mais moins pour le reste. Ultra-violent, « John Wick 2 » est un improbable divertissement, où le côté (totalement) assumé peut exaspérer.

Note: 14/20

Le discours d’une vie

FENCES

Vu au cinéma CINESCOPE à Louvain-La-Neuve

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): Denzel Washington

Acteur(s): Denzel Washington , Viola Davis, Stephen Henderson

Genre(s): Drame
Durée: 2h19

Résumé: L’histoire bouleversante d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves, dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

Signe(s) particulier(s): 

– troisième fois que Denzel Washington passe derrière la caméra après « Antwone Fisher » (2003) et « The Great Debaters » (2007);

– adaptation de la pièce de théâtre du même nom écrite en 1983 par August Wilson et récompensée en 1987 du Prix Pullitzer;

– Denzel Washington et Viola Davis se retrouvent à l’écran après avoir déjà incarné Troy et Rose Maxon sur les planches à Broadway en 2010;

– nommé pour 4 Oscars cette année: Meilleur Film, Meilleur Adaptation, Meilleur Acteur et Meilleure Actrice dans un Second Rôle (remporté).

Le(s) +

Très théâtral, « Fences » est un film à interprétation, très dense, où les acteurs excellent. Le duo Washington-Davis crève l’écran, et les deux acteurs semblent habités par leurs personnages. Les différents discours liés à l’éducation, le travail, les inégalités pour personnes de couleur, l’amour et la religion marquent le coup par le jeu de ses acteurs, très investis, et généreux.

À travers le portrait de ce père de famille de couleur, à qui la vie n’a pas toujours souri et qui s’est battu pour offrir un toit à sa femme et ses deux enfants, Denzel Washington nous offre une mise en scène quasi-statique (à quelques plans près), où les décors se limitent à la maison de famille, et la cour derrière la maison. Du cinéma pour public averti.

Le(s) –

Peu divertissant, et extrêmement bavard, « Fences » n’est pas à mettre devant tous les yeux. On est bien ici dans la transposition cinématographique, et fidèle, d’une pièce de théâtre ! Du point de vue du scénario et de son écriture, on a du mal concernant le discours très fermé que Troy soutient envers ses fils et leur éducation, et la bourde qu’il s’est permis de commettre (on n’en dira rien) arrivant maladroitement au travers de son plaidoyer et de l’image qu’il renvoie en tant qu’homme de valeur. Dès lors, c’est notre empathie envers le personnage qui en prend pour son grade, ne renvoyant alors finalement qu’une image faussée de lui-même. D’un autre côté, cette ficelle scénaristique montre que le plus endurci d’entre nous peut aussi fléchir… « Fences », soit on aime, soit on déteste (sauf les acteurs, impeccables).

Note: 13/20

Méfiez-vous de l’orage !

SI J’ÉTAIS UN HOMME

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Jambes

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): Audrey Dana

Acteur(s): Audrey Dana, Christian Clavier, Eric Elmosnino, Alice Belaïdi

Genre(s): Comédie
Durée: 1h38

Résumé: Qui n’a jamais imaginé ce que ça ferait d’être dans la peau du sexe opposé, ne serait-ce qu’une journée ? Eh bien, pas Jeanne !
Fraîchement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, pour elle les mecs c’est fini, elle ne veut plus jamais en entendre parler. Mais un beau matin, sa vie s’apprête à prendre un drôle de tournant, à première vue rien n’a changé chez elle… à un détail près !
De situations cocasses en fous rires avec sa meilleure amie, de panique en remise en question avec son gynéco, notre héroïne, tentera tant bien que mal de traverser cette situation pour le moins… inédite.

À lire aussi | Audrey Dana : « Il sera toujours plus respectable de faire des films qui ne font pas rire que des films qui s’amusent de sujets d’une telle actualité »

Signe(s) particulier(s): 

– seconde réalisation d’Audrey Dana après « Sous les Jupes des Filles » en 2014;

– comme dans « Big », « Freaky Friday » et « Ce Que Veulent les Femmes », c’est lors d’un orage que le personnage (qu’interprète la réalisatrice) se retrouve munie d’un sexe… masculin;

– prix d’interprétation féminine dans un second rôle pour Alice Belaïdi au Festival International du film de l’Alpe d’Huez.

Le(s) +

Qu’est-ce que ça fait d’être une femme, pour un homme, et d’être un homme, pour une femme ? Qui ne s’est jamais posé la question ? Cette seconde réalisation d’Audrey Dana part d’une intention louable, et initialement piquante. Audrey Dana se donne un peu dans ce spectacle où elle égratigne la gent masculine, à travers le regard d’une femme se réveillant un matin avec un pénis. Les seconds-rôles joués par Clavier et Belaïde permettent de souffler et de rire un peu face au coincé d’Audrey Dana, tandis qu’il est intéressant de découvrir Eric Elmosnino dans un rôle inattendu.

Le(s) –

Le projet bien en main (interprète principale, réalisatrice, co-scénariste, dialogues), Audrey Dana passe pourtant à côté de son sujet, préférant se limiter à la question du physique (surtout de son entre-jambes). Quelques gags sont bien trouvés, par-ci par-là, mais cela reste trop gentil. À contrario, c’est bien plus vulgaire que ça aurait dû être piquant. Et puis, on ne passe à côté des stéréotypes du genre. « Si J’Étais un Homme » manque d’envergure et de panache, ce qui est problématique quand on s’immisce dans la question du changement de sexe.

Note: 8/20

Quelle mouche a piqué Guillaume Canet ?!

ROCK’N ROLL

Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 22 février 2017

Réalisateur(s): Guillaume Canet

Acteur(s): Guillaume Canet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Yvan Attal, Maxim Nucci

Genre(s): Comédie
Durée: 2h03

Résumé: Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux… Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.

Signe(s) particulier(s): 

– cinquième film en tant que réalisateur de Guillaume Canet, après l’échec de « Blood Ties« ;

– dans « Rock’N Roll », c’est de tout son entourage que Guillaume Canet s’est entouré, tels que ses amis Yvan Attal, Maxim Nucci, Gilles Lelouche, sa compagne Marion Cotillard ou encore son propre producteur Alain Attal (aucun lien de parenté avec Yvan).

Le(s) +

Voilà quelques années que Canet souhaitait réaliser un film sur les travers de la notoriété, et de son image en tant qu’artiste de cinéma. C’est maintenant chose faite avec ce désopilant et déstabilisant film. Et pour ce faire, on peut dire que l’ensemble du casting joue à fond la carte de l’autodérision, dans ce film orchestré par un Canet n’ayant pas peur du ridicule, et jouant sa propre personne, tel un film autobiographique (jusqu’à une certaine mesure scénaristique, qu’il dépasse ici).

En pleine crise de la quarantaine, Canet interprète un Canet souhaitant plaire et faire fantasmer le public, tout comme les nouvelles starlettes actuelles qui lui ont volé la vedette. « Rock’N Roll » se regarde comme une intelligente plaisanterie, car à travers les péripéties de son auto-personnage, Canet a bien des choses à nous dire sur le star-system. Mais la palme de l’humour et de la prise de risque revient à Marion Cotillard, tout simplement hilarante, et cassant par la même occasion son image. Osé !

Le(s) –

Malheureusement, Canet va un peu trop loin dans son trip, et s’éloigne de plus en plus d’une autobiographie au fur et à mesure de son scénario, à travers une dernière partie un peu too-much, où Canet s’attaque au jeunisme, s’imaginant une transformation physique nauséabonde pour répondre à son besoin de plaire, et ainsi « rester dans la course ». À partir de ce moment, le film abandonne la comédie pour devenir une satire sérieuse, mais maladroite et incomplète par rapport à sa proposition initiale. « Rock’N Roll » est une réalité-fiction à laquelle il faut se préparer, et à prendre au second degré, tout en y savourant les clins d’œil et autres messages dédiés au monde du cinéma, et de la célébrité.

Note: 13/20

Et bien les amis, on se retrouve fin de cette semaine pour une nouvelle semaine ciné de Julien de FOLIE, afin de vous parler notamment de « SPLIT » (de M. Night Shyamalan), « LION » (de Garth Davis), « LOGAN » (James Mangold), « HARMONIUM » (de Kôji Fukada), « CHEZ NOUS » (de Lucas Belvaux), « T2: TRAINSPOTTING » (de Danny Boyle)… ! Tout un programme.

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