N’essuie jamais de larmes sans gants… quand Jonas Gardell hurle qu’il n’y a pas d’amour honteux

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Suède, à l’aube des années 80, Rasmus décroche enfin son bac. Adieu les moqueries de ses « camarades » de classe. Bye bye l’amour un peu trop étouffant de ses parents. Direction Stockholm où l’attendent ses cours d’histoire de l’art mais surtout d’autres garçons comme lui. Car oui, Rasmus préfère les garçons aux filles et ce n’est pas à Koppom où l’on croise plus d’élans que de princes charmants qu’il va dénicher l’amour.

Benjamin, 19 ans, Témoin de Jéhovah à Stockholm et fier de l’être, passe ses journées à faire du porte à porte afin d’attirer de nouveaux fidèles. Benjamin sait tout au fond de lui qu’il n’est pas comme les jeunes hommes de son âge mais sa foi en Dieu l’aveugle tellement qu’il n’y fait guère attention jusqu’à ce que quelqu’un lui ouvre enfin les yeux.

Le soir du réveillon de Noël 1982, Rasmus et Benjamin se rencontrent par l’intermédiaire d’un ami. Le début d’une belle et tragique histoire d’amour…

« L’amour humain peut prendre de nombreuses expressions. Il peut être violent et passionnel. Il peut être tranquille et modeste. Il peut être jubilatoire et tragique. Il peut être angoisse et souffrance. Il peut être pathétique et même un peu ridicule. Mais il y a une chose qu’il ne peut jamais être : il ne peut jamais être honteux. « 

D.R.

A l’instar des regrettés Hervé Guibert et Pascal de Duve, morts du Sida dans les années 90, Jonas Gardell a voulu écrire sur cette période cruelle durant laquelle l’épidémie est apparue en Europe mais en s’attachant plus particulièrement à la Suède, son pays natal.

Même si l’humour est parfois présent par l’intermédiaire d’un personnage haut en couleur rien ne nous sera pourtant épargné à propos de ce que certains ont appelé « la nouvelle peste » ou  « le cancer gay ». Des premiers symptômes, au rejet et à la lente agonie des malades qui finissaient souvent seuls dans une chambre d’hôpital grise.

C’est donc un roman dur, sans concession, et très documenté (on y apprend notamment beaucoup sur les Témoins de Jéhovah) que nous livre Jonas Gardell. Un roman qui comme le magnifique film de Ryan Murphy « The Normal Heart » nous montre comment ce virus a agi de façon insidieuse et violente et décimé des milliers d’homosexuels à travers le monde en quelques années. Pour la plupart de jeunes hommes insouciants qui ne désiraient que deux seules choses: aimer et être aimé en retour.

Sublime

n_essuie_jamais_de_larmes_sans_gantsTitre  : N’essuie jamais de larmes sans gants

Auteur : Jonas Gardell (Facebook)

Genre : Roman

Editeur :Gaïa Éditions

Nbr de pages : 592

Date de sortie : 7 septembre 2016

 Prix : 24 €

 

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