La semaine ciné de Julien: du biopic, de l’horreur, du drame, de la comédie, du thriller, ou encore du film familial: il y en aura pour tous les goûts !

On est reparti pour une nouvelle semaine ciné avec Julien, avec pas moins de 8 sorties vues au cinéma ! Autrement dit, il y en aura pour tous les goûts ! Mais alors, que faut-il retenir de chaque film ? Let’s go !

SEMAINE 02 (11/01 au 18/01): 8 films vus

The Boyfriend:  Caramba…r, quel ennui

THE BOthe_boyfriend_pourquoi_luiYFRIEND: POURQUOI LUI ?

Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): John Hamburg

Acteur(s):  James Franco, Bryan Cranston, Megan Mullally

Genre(s): Comédie
Durée: 1h52

Résumé: Un père de famille emmène sa famille visiter sa fille à Noël et se retrouve en compétition avec le petit-ami de celle-ci, un jeune devenu milliardaire grâce à internet.

Signe(s) particulier(s): 

– adaptation de la série télévisée britannique « Cuckoo », qui a vu défilé Adam Samberg et Taylor Lautner dans le rôle du déjanté;
– James Franco retrouve le réalisateur du film, qui n’est autre que l’un de ses anciens… professeurs !

Le(s) +

Bryan Cranston en beau-père coincé en compétition avec un James Franco en beau-fils exhibitionniste, milliardaire, hipster (etc.) très louche, ça vaut le coup d’œil. Mais alors, juste le coup d’oeil…

Le(s) – 

Cette énième comédie du genre, façon « Mon Beau-père » (Stiller est à la co-production, tiens donc), ne respecte pas son cahier des charges, et balance un humour en dessous de la ceinture qui tombe vite à plat (mais sans vulgarité, ou presque). Le film s’enfonce inévitablement dans son trip humoristique, sans lâcher une seule seconde ses situations Carambar. Sans parler du rythme monotone de cette rencontre familiale, de ses longueurs, de sa morale à deux balles… C’est simple: le fantôme de l’humour règne dans la salle, et on s’ennuie, tellement…

Note: 8/20

Dalida: Itsi bitsi petit… biopic

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Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Liza Azuelos

Acteur(s):  Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas DuvauchelleNiels Schneider

Genre(s): Biopic, drame
Durée: 2h04

Résumé: De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse (patron de la jeune radio Europe n°1), aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

Signe(s) particulier(s): 

– un produit « made in TF1 » (co-producteur) supervisé (activement) par le frère de la chanteuse, destiné à raconter les origines du destin tragique de cette grande artiste…

Le(s) +

Sveva Alviti est électrique et bouleversante dans le rôle d’Iolanda Cristina Gigliotti, dite Dalida. Évidemment, c’est un plaisir de réécouter tous ses grands classiques, et d’en savoir plus sur sa vie. D’ailleurs, il est indirectement intéressant de découvrir une femme pas toujours cohérente avec elle-même, clairement dépressive… Ainsi, le film nous en apprend sur l’envers du décor sentimental et psychologique (comme ce fut déjà le cas dans le « Cloclo » de Florent Emilio-Siri pour Claude François) de Dalida. Les plus de 50 ans seront émus.

Le(s) – 

La mise en scène est classique dans le genre et manque parfois de nuance (c’est quoi ça pour un prologue ?). Cette version de l’histoire appuie beaucoup trop le destin tragique de Dalida, à l’image du scénario qui perpétue longuement les ébats amoureux de cette Femme, à travers ses bribes de vie racontés. Mais à force de passer d’un amour à l’autre, on a du mal à ressentir l’intensité attendue, et à comprendre ses choix de vie. Dommage dès lors que « Dalida » ne s’appuie pas assez sur la relation qu’entretenait l’artiste avec son public (relation qui semblait d’ailleurs lui poser problème)… Ça aurait permis à son histoire de prendre un autre angle, et de ne pas tout miser sur ses drames de vie. Mais bon, pas facile de raconter toute une vie en cent vingt minutes, ni de trouver une actrice d’un mimétisme confondant (ce qui est le cas), et ayant la même voix que la chanteuse (par contre, vive le playback). Paroles, paroles, paroles…

Note: 12/20

Jamais contente: trop conformiste

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Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Émilie Deleuze

Acteur(s):  Léna Magnien, Patricia Mazuy, Philippe Duquesne

Genre(s): Comédie
Durée: 1h29

Résumé: Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous.
En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ?

Signe(s) particulier(s): 

adaptation de la série de trois romans « Le Journal d’Aurore » de Marie Desplechin, la sœur du metteur en scène, ayant également participé à l’écriture du scénario du film.

Le(s) +

Portrait d’une gamine « rebelle » avec un véritable caractère, à un âge où les émotions sont confuses, cherchant à se faire une place dans une famille lambda, et veillant aussi à son image, aux garçons… La jeune Léna Magnien est sincère, et incarne une jeune fille qu’on l’on aime aimer, et détester, car il y en a pour les deux partis (Aurore ou « les autres »), et les propos sont justes. Ce récit sur le début de l’adolescence est parsemé de musique, ce qui n’est pas non plus pour déplaire !

Le(s) – 

Cette histoire, gentillette, est malheureusement déjà vue, et n’a d’ambition que d’adapter conformément l’histoire dont elle s’inspire.

Note: 12/20

The birth of a nation, bouffé par son propos, ne laisse pas indifférent

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Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Nate Parker

Acteur(s):  Nate Parker, Armie Hammer, Mark Boone Junior

Genre(s): Biopic, historique, drame
Durée: 2h00

Résumé: Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

Signe(s) particulier(s): 

inspirée de l’histoire vraie d’un pasteur et esclave noire datant de 1831, ce film retraçant la lutte (d’abord passive et puis révolutionnaire) de Nat Turner a reçu le Grand prix du jury dans la catégorie « U.S. Dramatique Competition » au Festival du film de Sundance 2016, ce qui en faisait « à l’époque » un favori pour les prochains Oscars

– le réalisateur Nate Parker et son ami et co-scénariste Jean Celestin ont été rattrapés par une sombre histoire de viol datant de 1999, pour laquelle le second fut condamné. Après, compensation financière, l’affaire fut classée. Mais leur victime se suicida en 2012 après des années de dépression post-traumatique. À ce séjour, la culpabilité du réalisateur est toujours remise en doute… Quoi qu’il en soit, l’Académie des Oscars a retiré son soutien au film, qui est d’ailleurs un échec commercial…

Le(s) +

Un film sur l’esclavagisme ne peut laisser indifférent. Et ce dernier n’échappe pas à la règle, en nous embarquant dans un passé révoltant et outrageux envers les personnes de couleur. À travers les bayous de Virginie, dans le comté de Southampton, « The Birth of a Nation » dresse ses décors et ses propos parfois insoutenables, où la violence accrue et l’absence d’humanité a conduit à la révolte. On est happé par l’histoire de cet afro-américain répandant la bonne parole de Dieu pour motiver ses troupes à surmonter leur condition, lui qui a pourtant conduit à une plus grande répression encore, post-révolte, vis-à-vis des esclaves.

Le(s) – 

Nate Parker réalisateur, co-scénariste, co-producteur, co-financeur, acteur principal… Voilà un film mené d’une main de fer par une personnalité engagée par les messages qu’elle veut transmettre avec son film. Mais trop, c’est trop… Durant les trois-quarts de son film, Nate Parker nous rabiboche ce que l’on sait déjà de l’esclavagisme, outre l’histoire du personnage principal. Plus démonstratif et moins pertinent que « 12 Years a Slave » dans sa manière de présenter les choses, Parker ne donne aucun souffle à son film, à force de raconter la même chose, et d’appuyer ses propos comme s’il en était obsédé. À titre d’exemple, durant son dernier quart, lors de la révolte cartonnée, la violence est présentée de manière inouïe, laissant de côté une certaine justesse. En trois mots ? Maladroit et possédé.

Note: 13.5/20

La mécanique de l’ombre manque peut-être d’huile

1016683_fr_la_mecanique_de_l_ombre_1480679352431LA MÉCANIQUE DE L’OMBRE

Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Thomas Kruithof

Acteur(s):  François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila

Genre(s): Thriller, espionnage
Durée: 1h33

Résumé: Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

À lire aussi| La mécanique de l’ombre, François Cluzet fait sa Loi du Marché en pays espion

Signe(s) particulier(s): 

– ce film d’espionnage et thriller politique a été tourné en partie en Belgique, à Molenbeek, dans des endroits propices à cette histoire assez sombre;
– il s’agit du premier film de ce réalisateur très prometteur.

Le(s) +

Le pitch est intrigant. Sans se pencher sur les finalités de son nouveau job, et afin de sortir du chômage et de laisser son « burn-out » derrière lui, Duval (F. Cluzet) est engagé par un certain « Mr. Clément » (D. Podalydès) pour écouter et retranscrire des appels téléphoniques. Très vite, il se retrouvera embarquer dans un complot qu’il n’avait pas vu venir…

Au regard de l’actualité, « La Mécanique de L’Ombre » met en avant certains soupçons de complots des services secrets d’États à des fins politiques, mais aussi le piratage informatique (retour à la machine à écrire), ou encore de la conspiration. La mise en scène du réalisateur est l’une des forces du film, tout comme sa bande-originale, signée Grégoire Auger, appuyant l’isolement du personnage principal. Cluzet interprète sans exagération cet homme se retrouvant malgré lui dans un sacré pétrin, tandis que Denis Podalydès est exceptionnellement glaçant. Le rythme est soutenu tout le long, et il nous est impossible de garantir le dénouement. Ainsi, jusqu’au bout, le sort final de Duval nous est incertain…

Le(s) – 

Les enjeux politiques sont bafoués au profil de l’aspect psychologie du personnage principal, et cette partie de l’histoire passe assez vite à la trappe après une scène finale un peu floue, expédiée par rapport à ce qu’on en attendait. De plus, il se peut que ce contexte politique échappe à ceux qui n’en sont pas intéressés. Mais le film ne repose pas que sur cela, loin de ça. Ce film reste une fiction aux rebondissements factices, qui va chercher ses idéaux à partir dans la réalité.

Note: 13.5/20

The Bye Bye Man, bonjour le bide

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Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Stacy Title

Acteur(s):  Douglas Smith, Lucien Laviscount, Cressida Bonas

Genre(s): Horreur, thriller
Durée: 1h36

Résumé: Lorsque trois étudiants s’installent dans une vieille maison aux abords de leur campus, ils libèrent inconsciemment le Bye Bye Man, une entité surnaturelle qui ne hante que ceux qui découvrent son nom. Les amis comprennent alors qu’il n’y a qu’un moyen d’échapper à sa malédiction et d’éviter qu’elle ne se propage : ne pas le dire, ne pas y croire. Quand le Bye Bye Man arrive à s’immiscer dans vos pensées, il prend le contrôle et vous fait commettre l’irréparable…

Signe(s) particulier(s): 

– ce film d’horreur est adapté d’une nouvelle de Robert Damon Schneck intitulée « The Bridge To Body Island »;

– on y trouve le premier rôle de l’actrice Cressida Bonas, qui n’est autre que l’ex du Prince Harry.

Le(s) +

L’idée de départ, soit un « démon » qui n’existe que lorsque des personnes citent son nom. Dès lors, il leurs apparaît et les tourmente jusqu’à la mort, mais en veillant avant cela à répandre son pouvoir et en les poussant à prononcer son nom afin que d’autres personnes soient également tourmentées, et ainsi de suite…

Le(s) – 

Premier nanar de l’année, ce film d’horreur est un raté total. Malgré un pitch alléchant, l’histoire s’enfonce dans un kitch pas possible, avec des personnages mal joués, sous-développés, et un méchant qui fait aussi peur qu’une petite araignée, et dont on ne saura rien… Mais le pire, c’est que l’histoire se prend beaucoup trop au sérieux, malgré les innombrables incohérences scénaristiques dont elle souffre (la dernière réplique est à se tordre de rire) et son visuel effroyable (décors, maquillages, effets numériques). Mais que dire de Carrie-Ann Moss, si ce n’est « pourquoi » ? On est donc proche de la série Z, ce qui est honteux quand on sait que de très nombreux films mériteraient d’obtenir une date de sortie dans notre pays, mais qu’ils n’obtiennent pas au profil de films comme ce dernier… Il y a là un problème quelque part !

Note: 5/20

Home: la maison comme (autre) prison

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Vu au cinéma CAMEO à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisatrice: Fien Troch

Acteur(s):  Karlijn Sileghem, Jeroen Perceval, Kevin Janssens, Sebastian Van Dun, Loïc Batog

Genre(s): Drame
Durée: 1h43

Résumé: Kevin, 17 ans, s’entend bien avec son cousin Sammy. Celui-ci lui présente sa bande de copains parmi lesquels John. John vit une situation familiale intenable et Kevin veut aider son nouvel ami. Un soir, un événement inattendu bouleverse leur quotidien déjà sous tension. HOME, c’est l’histoire de deux générations qui s’affrontent, un groupe d’adolescents et les adultes qui les entourent. Chacun a des difficultés à communiquer avec l’autre et à comprendre leurs univers respectifs.

Signe(s) particulier(s): 

inspiré d’un fait divers réel, ce film s’est vu récompensé à Venise (prix de la mise en scène de la sélection « Orizzonti ») et à Gand (prix du public « Port de Gand », prix « Canvas »), mais aussi sélectionné à Toronto. Autrement dit, on n’a pas encore fini d’en entendre parler !

Le(s) +

Après s’être intéressée à l’enfance dans ses précédents films, la réalisatrice flamande s’attaque au choc des générations (adolescents/adultes) à travers une histoire poignante, qui reflète les difficultés de communiquer entre parents et enfants. En l’occurrence, Kevin vient de sortir de prison et loge maintenant chez sa tante, pendant que son cousin écrit sur Facebook qu’il aimerait « tuer quelqu’un pour se sentir vivre… », et John supporte de moins en moins sa mère abusive…
Contrairement à ses compatriotes, « Home » ne verse jamais dans le film social classique, et joue d’une mise en scène brute, oppressante. D’ailleurs, le film a été tourné caméra à l’épaule, et en 4/3, afin de renforcer la proximité des émotions des personnages avec les nôtres. La bande-originale réalise aussi sa part du contrat, étant totalement immersive. Les acteurs sont très convaincants, et font vivre leurs personnages au-delà de ce qui leur arrive.

Le(s) – 

On ressort chamboulé par les propos pas toujours faciles par lesquels le film passe (violence, inceste, meurtre) afin d’installer son thème principal. Ce drame va ainsi plus loin que ce dernier, quitte à se faire oublier, mais pour quelque chose d’encore plus puissant, plus radical.

Note: 15/20

Nocturnal Animals: de la mode à la toile, de la haute couture

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Vu au cinéma ACINAPOLIS à Namur

Sortie du film: le 11 janvier 2017

Réalisateur(s): Tom Ford

Acteur(s):  Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson

Genre(s): Drame, thriller
Durée: 1h57

Résumé: Galeriste en vue à Los Angeles, Susan Morrow, la quarantaine, travaille sans passion dans un milieu artistique à l’originalité convenue. Son époux Hutton Morrow s’éloigne d’elle pour plonger dans le lit d’autres femmes. Tandis que Susan se désespère, elle reçoit un livre de son ex-mari, Edward Sheffield, qu’elle n’a pas revu depuis des années intitulé : Nocturnal Animals, qu’il lui dédicace. Sa lecture effrénée la plonge dans une tourmente de sentiments très vifs qui réveillent ses souvenirs de jeunesse tandis qu’elle découvre l’histoire de Tony, sa femme Laura et leur fille India, agressés en pleine nuit par une bande de voyous sadiques. Lentement, inexorablement, Susan fait le lien entre le personnage fictif et l’homme qu’elle a aimé par le passé…

Signe(s) particulier(s): 

– après « A Single Man » en 2009 qu’il avait réalisé, produit, financé et co-scénarisé, « Nocturnal Animals » est le second film du styliste américain Tom Ford;

– il s’agit de l’adaptation du roman « Tony and Susan » d’Austin Wright publié en 1993;

– Lion d’Argent – Grand prix du jury à la dernière Mostra de Venise, et Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour Aaron Taylor-Johnson.

Le(s) +

S’il y a bien un film qui mériterait un prix pour son scénario adapté, c’est celui-ci ! En effet, quoi de plus excitant et troublant que de constater que le script du roman écrit par l’ex-mari de Susan, et pour Susan, lui fera remettre en question ses choix de vie, au fur et à mesure de sa lecture, elle qui est alors une galeriste de Los Angeles trompée?! Car à travers l’histoire d’une famille basculant en enfer, l’ex-mari de cette femme froide et tourmentée compte bien lui faire passer quelques messages…

Véritable auteur né, Tom Ford réussi ici une oeuvre difficilement représentative, mais parfaitement exécutée à l’écran, à travers laquelle on suit plusieurs intrigues simultanées, soit celle illustrant les souvenirs de Susan, celle montrant sa découverte du roman, et enfin celle représentant l’histoire du roman que se représente Susan à sa lecture, et dans laquelle elle identifiera son propre ex-mari…
Thriller formidablement ambigu, « Nocturnal Animals » est une expérience physique et psychologique hors du commun, interprétée avec grâce et retenue, à la mise en scène morcelée assez costaude, où chaque partie de l’histoire nous livre des indices sur les clefs du mystère autour des conséquences de cette lecture… Mais ce qui impressionne encore plus ici, c’est la portée des messages que les personnages se transmettent à la façon d’un « tiens, prends ça! », que ça soit au coin d’une table, au téléphone, ou lors de la lecture d’un livre. C’est un véritable tour de force que le réalisateur est en train de monter devant nos yeux, celui-ci se construisant tout au long du récit, d’où la nécessité de se laisser porter par le script, et dont la portée des messages nous suit bien après la vision du film. On ressort de là tout simplement subjugué. Chaque détail à son rôle. Et ça, le styliste l’a bien compris !

Le(s) – 

C’est de l’art. Et l’art, c’est abstrait. Dès lors, le générique d’ouverture pourrait bien faire fuir de la salle le spectateur qui ne s’y est pas préparé… L’environnement trop propre, trop stylisé dans lequel se déroule l’histoire de Susan peut aussi refroidir le spectateur, tout comme la mise en scène (il faut pouvoir faire le tri), tandis que la portée émotionnelle du scénario est paradoxalement limitée pour le spectateur, qui comprend plus qu’il n’est ému.

Note: 16/20

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