22/04/2017, retenez bien cette date car la Vierge va réapparaître à… Namur!

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… et pas n’importe quelle vierge : la Vierge du Chancelier Rolin. Pas celle de Jan Van Eyck mais celle qui a écumé les salles de concerts belges, irlandais, québécoises et bosniaques entre 1991 et 1996. Un temps que les moins de… 40 ans ne peuvent pas connaître, un temps que les moins et plus de 20 ans vont enfin pouvoir connaître.

La Vierge du Chancelier Rolin, aka La Vierge ou encore LVDCR, c’est une histoire de potes qui jouent de la musique, par plaisir et qui explose littéralement lors du concours Jeunes Talents du Festival Verdur Rock en juin 1993. Thibaud, Nicolas, Pierre, Laurent, Jean-Philippe et Sarah. Cinq hommes, une femme mais dix voire quinze musiciens : l’un joue de la guitare mais passe parfois au clavier, l’autre joue de la batterie mais passe à son tour à la guitare,… Il n’y a que la violoniste qui reste fidèle à son instrument… et encore, certains se souviennent de l’avoir vu emprunter l’un ou l’autre instrument.

La Vierge, c’est un groupe dont les mouvements sur scène ressemblent au hall de la gare du Nord en heure de pointes : ça bouge dans tous les sens. Un vrai casse-tête pour les techniciens qui doivent éviter qu’ils ne se prennent les pieds dans les câbles. Et le chanteur ? Quel chanteur ? Selon la chanson qui a marqué le fan, celui-ci se souviendra plus de Laurent, ou de Thibaud, ou de Pierre… Décidément, La Vierge n’est pas un groupe facile à cerner, à décrire.

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Nombreux sont d’ailleurs les journalistes et chroniqueurs musicaux à s’être cassé les dents en voulant les présenter dans leur article. New ou cold wave ? Oui mais non. Folk ? Ce serait réducteur. Un peu psyché ? Ça n’est pas faux. La Vierge c’est un petit peu tout cela mais c’est surtout un univers unique, le fruit d’influences variées, de personnalités complémentaires.

Il existe deux façons de les décrire :

  • En les rapprochant de groupes dont ils ont, à plusieurs reprises, assuré la première partie : And Also The Trees et Legendary Pink Dots. Ils ne sont ni l’un ni l’autre mais il est difficile de les aimer sans être touché par ces deux-là.
  • En allant les voir en concert.

Certes, vous pourrez trouver sur Discogs l’un ou l’autre exemplaire de leur unique album sorti en CD, Eva King (ils ont également sorti un single, Sir the morning et deux cassettes démo ainsi que le cd de la pièce « Combien coûte le fer »). Mais LVDCR est avant tout un groupe de scène, un groupe où l’alchimie nait de la rencontre entre des énergies contraires, où la rigueur des musiciens laisse place à la spontanéité de la rencontre avec le public, où le côté parfois lisse d’un passage en studio s’efface pour permettre à des morceaux tels que Clam Chowder de montrer tout leur potentiel.

Pendant vingt ans cependant, ce plaisir a été retiré aux nombreux fans. Petit à petit, la vie des uns et des autres a rendu la poursuite du projet complexe et le groupe a cessé les concerts en 1996. C’est ainsi. Il faut accepter la situation. Ou pas !

En décembre 2015, après de nombreux appels du pied restés vains, votre serviteur lance une page sur Facebook pour essayer de réunir quelques fans et surtout mettre une amicale (ou un groupe de pression, c’est selon) sur les membres du groupe afin qu’ils reforment ce groupe au nom hérité d’une toile de Van Eyck. Rapidement, des fans ont rejoint l’idée et quelques membres du groupe ont suivi ça de près, amusés mais sans y accorder trop de crédit. Ce n’était qu’un accès de nostalgie qui va passer se disaient-ils peut-être. Mais la mobilisation n’a pas baissé et onze mois plus tard, la nouvelle m’arrive « en off » d’abord : ils vont remonter sur scène ! C’est presque sûr, ils doivent encore se voir à la veille de Noël pour en discuter mais c’est en bonne voie.

L’info m’arrive officiellement le dimanche 8 janvier et est alors annoncée sur la page Facebook : La Vierge se reforme et sera sur la scène du Saint Louis FestivalQuoi de plus logique : ils joueront dans la cour de l’école (où plusieurs se sont connus, il y a 25 ans) en clôture du concours Jeunes Talents, hébergé à partir de cette année dans le cadre de ce Festival (suite à la fin du Festival Verdur Rock).

20 ans (et quelques mois) après leur dernier concert, ils remontent sur scène rejoints par Thomas.

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Ce dimanche, en exclu, j’ai pu assister à la répétition de ce groupe mythique, en prélude au concert du mois d’avril. Un local de 5X5m, dans lequel se trouvent une batterie, un clavier, une basse, trois guitares, les membres du groupe et votre serviteur avec son appareil photo : pour peu on se serait cru dans le clip « Close to me » des Cure. La proximité est totale.

Première fois que je les revois ensemble depuis près de vingt ans, l’attente est grande et la déception n’est pas là, loin s’en faut. Dès l’entrée dans « la cage », je retrouve les mêmes sensations qu’en 96, un groupe d’amis, à la fois facétieux (même si certains journalistes ont voulu leur coller l’image de groupe sérieux – ceux-là sont passés à côté de ce qu’est vraiment La Vierge et auront l’occasion de se faire une nouvelle opinion en avril ) et qui prend du plaisir avec un talent fou… ou un plaisir fou avec du talent. Les premières notes qui m’accueillent sont celles de Clam Chowder (déjà évoqué), le morceau le plus éprouvant pour le groupe, celui que je leur demandais parfois de faire en fin de concert lorsque l’un ou l’autre se penchait vers moi en me demandant quel dernier morceau je leur suggérais, après avoir épuisé leur set list établie.

Clam Chowder, il faut vivre ce morceau une fois dans sa vie pour comprendre ce qu’est LVDCR.

Certes, ils ont vingt ans de plus, les cheveux de certains grisonnent. Ils ont gardé leur ligne, ce qui leur permettra de continuer à passer d’un instrument à l’autre sur scène sans trop de difficulté. Ils s’interrompent parfois, hésitent au début d’un morceau : « il commençait comment celui-là ? ». Ou encore « Je jouais de quel instrument sur celui-ci ? ». 20 ans, ça n’est pas rien !

Il faut aussi tenir compte du temps qui s’est écoulé, oser le changement, ne pas reproduire à l’identique. Tester un changement d’instrument ? Et si on remplaçait la batterie par une deuxième guitare par exemple ?

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Sentiment rare que celui d’assister à la création de la « version 2017 » de LVDCR : et certainement pas un simple revival, un come-back sans âme comme on le voit trop souvent de la part de groupes sur le retour qui n’ont pas vu le monde changer.

Témoin privilégié de ce moment, je discute avec eux des morceaux qui pourraient être dans une set list idéale : exercice bien plus difficile qu’il n’y paraît quand on attend un tel moment depuis deux décennies. Choisir c’est renoncer. En choisir dix, c’est en occulter vingt. Mais peu à peu un programme se construit, costaud, cohérent, pour un concert qui s’annonce d’anthologie. Je ne vous en dirai pas plus sur les titres qui seront repris, il faut garder une part de mystère mais je peux déjà rassurer les fans de la première – ils ne seront pas déçus – et inviter ceux qui ne connaissent pas le groupe à venir le découvrir sur scène. N’ayant jamais pu entrer dans une case prédéfinie, LVDCR a cette chance de pouvoir traverser les époques sans prendre une ride.

Et qui sait, après ce premier concert à Namur, d’autres à venir ? Seul l’avenir le dira mais cette seule date du 22/04 démontre à suffisance que tout espoir n’est jamais perdu.

A la fin de la répétition – sans alcool ni cigarette, les temps changent… -, face à la difficulté de ne pouvoir jouer tous les morceaux durant un concert, une piste est d’ailleurs évoquée avec l’humour qui les caractérise : « ceux-là seront gardés pour 2037, pour fêter les 20 ans du retour ». Une chose est sûre : je serai là. Comme il y a vingt ans. Et comme le 22/04 2017.

Compte-rendu et photos: Benoît Demazy

La Vierge du Chancelier Rolin rejoint ainsi la programmation éclectique (et non plus seulement rock) du Saint Louis Festival du 22 avril 2017 composée de Duss, The Banging Souls, Roméo Elvis et Le Motel, Henri PFR. Sans oublier le Concours tremplin pour lequel il n’est pas trop tard pour vous inscrire. Le vendredi 21 avril, la programmation sera centrée sur les groupes de covers avec Bitter End (Placebo Tribute), October plays U2, Coverplay et Mister Cover.

Prix des tickets jusqu’au 14/02: 11€ pour le 21/04, 24€ pour le 22/04 et 28€ pour les deux jours.

Infos sur: www.saintlouisfestival.be

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