Groom survole l’oeil du cyclone « 2016 » et trouve son rythme de croisière sur les cahots d’une année chahutée

Il ne lâche rien et si dieu veut toujours droit devant, il ira jusqu’à… percer l’opacité d’une année 2016 riche en actualité et en complexité. Après deux numéros et tout juste un an après la parution de son premier numéro, Groom aborde 2017, une année qui sera décisive pour le spin-off de Spirou qui entend bien passer à la vitesse supérieure et adopter une allure trimestrielle, en jetant un coup d’oeil dans le rétro, bien pesé et bien informé. 

© Renaud Collin chez Dupuis
© Renaud Collin chez Dupuis

Si on voudrait l’oublier au plus vite (même si, remarquez, on ne sait pas à quelle sauce 2017 va nous manger, mais c’est une autre histoire), il faut avouer que 2016 a mené son train à bâtons rompus. Il y en a eu de tous les côtés, des vagues, des remous, des naufrages (au propre, malheureusement, mais aussi au figuré (regardez du côté du Brexit)), quelques éclaircies et de temps en temps une mer calme. Bref, il y a matière à réaliser un numéro tous azimuts et de quoi faire pour se jeter à l’eau. C’est la représentation qu’a choisie l’excellent Renaud Collin (en rédac’ chef s’il vous plaît!) pour customiser ce troisième hors-série du Méga Spirou. Dans cet océan déchaîné et dessiné, Hilary et Trump coulent mais se chamaillent encore, Zlatan baigne à hauteur du Christ du Corcovado, le CETA tente de surnager, Pikachu nage dans le bonheur tandis qu’Usain Bolt pointe déjà des jours meilleurs. Le gigantesque Spirou n’a du coup qu’à se pencher pour ramasser avec son calot géant les faits d’actualité.

©Renaud Collin chez Dupuis
©Renaud Collin chez Dupuis

Signe que rien n’est immuable, la maquette de ce Groom innove encore et prend soin de donner des repères à ses lecteurs. Entre les rubriques qui gagnent en identité (grâce à des couleurs, une mise en page léchée et des têtières qui invitent à la lecture), un superquiz délirant illustré par le magique Tébo (qui retrouve la veine de son Captain Biceps), Groom s’organise désormais par thématiques: neuf dossiers destinés à rassembler les « hits » de cette année.

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© Dupuis

Soit l’inévitable terrorisme, les cinq ans de Fukushima (avec une synthèse illustrée de Sylvain Savoia), le Brexit, l’incontournable Brésil tant sur le plan sportif que politique, la Turquie, les Migrants, les élections aux USA, les Lois du travail (en France mais aussi… ailleurs) et un dossier… optimisme. C’est toujours aussi abordable pour les pré-adolescents et adolescents sans oublier une petite dose corrosive dans l’esprit Charlie (avec Giemsi, Soulcié).

Dans la tâche, c’est encore une fois une dream team qui a aidé Spirou à accomplir ce retour vers le passé… proche, très proche. L’inévitable Arthur de Pins fait son Culturequiz en rendant hommage à quelques héros revenus ou disparus, Fabrice Erre déjoue encore et toujours l’absurdité des complotistes Patrick_Mulder427 et Kevin_Neo51 qui voient des machinations partout, Rudy Spiessert est toujours aussi bon dans l’art de décliner une personnalité en une planche et une dizaine de cases (François Hollande, Theresa May, Donald Trump, Hilary Clinton)… Puis, il y a les interviews d’experts (l’islamologue Rachid Benzine, le spécialiste de la prospective Thomas Flichy de la Neuville ou encore le spécialiste en économie du travail Marc Ferracci), concises mais efficaces, réalisées par Cathia Engelbach et Damien Perez.

Retrouverez-vous les oeuvres derrière ces affiches? © Arthur De Pins chez Dupuis
Retrouverez-vous les oeuvres derrière ces affiches? © Arthur De Pins chez Dupuis

Quant aux récits courts, qui occupent la majorité du magazine, ils manient l’éclectisme et les bonnes idées, presque toujours plus loin que la simple synthèse pure et dure. Libon a ainsi tâté de la réalité dans une incursion dans la « Jungle » de Calais avant que celle-ci ne soit démantelée tandis que Vehlmann a passé la nuit debout (mise en images par Gaëlle Hersent). Jacques Louis réussit, lui, trois pages très fortes sur la vie dans un village contrôlé par « les hommes en noir ». Sans un mot mais avec des rébus, Téhem nous fait découvrir la réalité méconnue de l’Érythrée (un pays où le service militaire instauré par le dictateur nationale peut durer… dix ans) que de nombreux migrants quittent. Intéressante aussi, cette métaphore médiévale autour des Panama papers organisée par Tristan Roulot et Lucy Mazel.

Encore une fois, c’est sur le volet qu’ont été triés les invités de Groom. Il y a des pointures (Bercovici, Dab’s,  la famille Jouvray, Bianco, Bouzard, Joan, Mathieu Burniat, Alfred…) mais aussi des auteurs moins connus mais qui gagnent à l’être au vu de leur travail: Yannick Grossetête, Marie Spénale, Marie Avril, Anne-Lise Nalin, Une princesse barbare… Voilà, maintenant, vous pouvez dire que vous êtes parés pour 2017 et fermer délicatement la porte derrière vous pour ne plus réveiller les démons de 2016.

En librairies et kiosques dès ce 5 janvier 2017, 100p., 6,90€.

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