Voyage avec une illustratrice: Elodie Dumoulin

Dans le monde magique de l’image et du dessin, attardons-nous sur Elodie Dumoulin, illustratrice nantaise formée à l’école Pivaut et qui revendique un univers fort, fait de contes magiques, de dragons, de fées et de chevaliers SF. Monde de la fantasy et de l’imaginaire qui ont leurs propres codes vestimentaires, religieux et graphiques. Rencontre donc avec une illustratrice  qui croit « dur comme fer » au pouvoir de l’imaginaire, de la narration et du voyage intérieur comme extérieur. 

 Votre formation initiale et continue? Et votre passage à l’école PIVAUT vous-a-t-il permis de trouver votre voie artistique? Avez-vous dû vous battre pour imposer votre univers graphique fantastique?

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C’est vers la fin du lycée que je me suis rendu compte que le cursus classique était certes intéressant mais ne satisfaisait pas mes envies de création. C’est ce qui m’a orienté vers une école d’arts appliqués. Je ne saurais dire si l’école Pivaut m’a permis de trouver ma voie artistique mais elle m’a certainement permis d’acquérir de la rigueur et d’apprendre les bases de nombreuses techniques. Vu mes choix de travail, il n’y a pas vraiment de bataille contre autrui, mon univers graphique doit en premier lieu me satisfaire moi-même, et ce n’est pas si facile 😉 Je vois ça comme gravir une montagne, c’est difficile et lent mais on progresse sans cesse.

 Votre univers graphique est très marqué par l’héroic fantasy, vos influences littéraires et cinéma dans cet univers-là?

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En effet, j’aime beaucoup tout ce qui se rapporte à la fantasy, en fait j’ai besoin de ces univers imaginaires qui permettent de s’évader un peu, de relativiser le monde réel que je trouve souvent bien triste, surtout en ce moment. Je fais partie de ceux qui considère que vieillir n’implique pas de devoir arrêter de rêver, de cultiver son imagination. Donc je me ressource dans les imaginaires, auprès de créatures diverses et variées : zombies, elfes, vampires, dragons… J’aime tout ce qui fait voyager dans des mondes inconnus.

 Vous évoluez dans l’univers des fées, des trolls, des chevaliers, des légendes, vous croyez à ces mondes-là, à ces mondes souterrains?

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Je crois au pouvoir de la narration, du voyage par l’imagination.

 Vous représentez des personnages légendaires et mythologiques le plus souvent, vos légendes préférées…

Je ne me suis jamais posée la question en fait, j’aime tous les récits légendaires, je ne les compare pas vraiment, même si bien entendu certains m’ont plus marquée que d’autres (les légendes arthuriennes, les mythologies égyptiennes et grecques, …).

 Vous êtes originaire de Nantes, une ville surréaliste et qui se prête aux univers fantastiques?

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C’est vrai que quand on voit les Machines de l’Île, on ne peut qu’être transporté dans le fantastique. Je me rappellerais toujours des premières fois que j’ai vu les machines de Royal de Luxe défiler dans les rues, bien sûr j’étais captivée par le spectacle, mais j’ai aussi remarqué les réactions de la foule : pas une personne qui n’ait le sourire aux lèvres, des étoiles dans les yeux, et ce quel que soit l’âge. C’est ça le pouvoir de l’imaginaire !

 Vous ne faites que de l’illustration, bientôt de la BD réaliste?

J’ai essayé un peu la bande dessinée, mais j’ai rapidement découvert que je ne m’épanouissais pas dans ce mode d’expression. C’est vraiment un autre travail que l’illustration, un autre métier. Vu mes méthodes de travail, je crois que je mettrais des années à produire une BD, je passerais des semaines sur chaque case ! Donc je laisse ça à ceux qui le font très bien.

Par contre je travaille en ce moment sur un livre illustré, genre carnet de voyage dans un monde fantastique, mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant 😉

 Comme Jean-Marie Maître qui fait de l’autoédition (cf lien http://www.bd-best.com/entretien-avec-jim-maitre-news-7876.html) point de salut sans être indépendante?

J’ai effectivement produit mon Artbook en autoédition. C’est un choix assez global, un choix de vie et de travail qui présente l’avantage de pouvoir créer sans contraintes, même si tout n’est pas toujours facile.

 Vous faites essentiellement des festivals à thème (du style les UTOPIALES…), une bonne affaire ces festivals afin de se faire connaître.

Je participe à des salons et festivals pour lesquels ma présence est cohérent, il faut qu’il y ait un lien avec l’imaginaire et l’illustration. Ce sont effectivement de bonnes occasions de se faire connaitre, de rencontrer le public qui, ensuite, garde souvent le contact via ma page Facebook.

 Du fait de votre univers graphique fort, vous ne rencontrez que des geeks lors de ces festivals?

Evidemment je rencontre des « geeks », et d’ailleurs je me considère moi-même comme tel d’une certaine manière 🙂

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Il s’agit de se déguiser aussi pour ces festivals?

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Attention à ce que vous dites, si vous parlez de déguisement lors d’un festival vous allez vous faire mal voir ! Il s’agit de se costumer 🙂 Et oui, il m’arrive de me costumer pour être dans l’ambiance, c’est très amusant. J’ai notamment quelques robes de style médiévales ou steampunk, que j’agrémente d’accessoires tels que des oreilles d’elfes. Sur la photo que vous présentez, je porte en plus une coiffe réalisée par une créatrice qui participait au salon, c’était juste pour la photo.

 Que pensez-vous de la polémique sexiste liée au festival BD d’Angoulême, pas assez de femmes créatrices dans le monde de l’image? (Cf lien http://bdegalite.org/fibd-femmes-interdites-de-bande-dessinee/)

Pas grand-chose, je ne connais pas particulièrement bien le milieu de la bande dessinée. Il est vrai que dans les festivals orientés BD on voit beaucoup moins de femmes. Evidemment, c’est probablement dommage pour un secteur créatif d’être relativement fermé aux femmes, mais j’imagine, j’espère, que ça progresse. Dans l’illustration, il n’y a beaucoup moins ce problème, si vous regardez les invités des salons illustration/littérature de l’imaginaire vous constaterez qu’il y a une plus grande mixité.

 Vos projets futurs et festivals

Comme dis plus haut, je travaille actuellement sur un projet de livre illustré. Côté festivals, mon programme est en train de bien se charger pour cette année 2016, qui débute avec deux dates en février : Atrebatia à Arras les 20 et 21 février et le Salon Fantastique à Paris du 26 au 28 février. J’actualise régulièrement sur mon site internet la liste des salons auxquels je participe (www.lodgraph.net/salons-et-expos/).

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