Interview d’Orwell: « On essaie de faire de la musique qui rétablit les bonnes nouvelles »

Dans son dernier album, Exposition Universelle, Orwell et Jérôme Didelot, chanteur-auteur-compositeur) clament ne pas savoir mourir et encore heureux! Un papillon s’est posé et ce dernier album, doré et d’élégance, augure le parfait mariage entre l’optimisme d’hier et le goût de demain. Exposition universelle rassemble 13 nouveaux titres qui ne dérogent pas aux convictions d’Orwell depuis plus de dix ans d’existence. Mais qui ne s’adonnent pas non plus à faire du sur-place pour mieux jouer aux explorateurs. Nous avons rencontré Jérôme Didelot. Autour d’une bonne bière belge!

Bonjour Jérôme Didelot. Ça fait déjà un long moment qu’on vous connait avec le groupe Orwell. Mais pourquoi avoir choisi ce nom si évocateur, vous nous le rappelez ?

Ça fait tellement longtemps que j’ai oublié. Mine de rien, c’est un projet assez ancien même s’il y a eu parfois quelques moments de flottements. Mais je crois que ce nom a le pouvoir de déclencher des images, plutôt noires d’ailleurs. Car on pense assez vite à 1984 ou à La ferme des animaux. Des dystopies, en fait. Et paradoxalement à ça, je voulais avoir une musique avec un côté assez euphorisant. Ce décalage m’intéressait, entre des images sombres et une musique plus lumineuse.

J’avais déjà écouté l’album à sa sortie. Peut-être est-il encore plus fort après les derniers mois fort sombres que nous avons connus. Beaucoup de douceur dans ce monde de brutes.

C’est vrai que finalement la musique que j’ai envie d’entendre – même si j’en écoute beaucoup -, c’est celle que je fais. Et peut-être que j’ai envie de réussir à moi me sentir mieux. C’est un besoin pour moi, et peut-être que de ça émerge un côté plus cathartique. Quelque chose qui fait avancer. J’ai beaucoup de dérision pour plein de choses mais pas pour la musique. Je n’ai jamais aimé la musique humoristique. Ça ne me touche pas, je sacralise vraiment la musique.

Vous parlez de « sacraliser la musique », seriez-vous aussi perfectionniste ?

Oui, ça va avec. D’une certaine façon. Alors que dans la vie, je suis un peu le roi de l’inachevé, pas très à cheval sur l’ordre. Mais en musique, j’ai tendance à aller au bout du bout.

De bout en bout, on s’aperçoit que l’album a été enregistré entre 2013 et 2015, ça fait long !

Oui, et en plus, c’est un petit mensonge : il y a même un titre dont les premières prises remontent à 2007. C’est vrai que ce fut long mais Orwell est un projet particulier, un groupe qui existe depuis longtemps et qui en même temps est assez marginal. On n’a pas fait de break ni même été signés par une grosse maison de disque. On travaille avec des labels indépendants, comme Hot Puma Records en Belgique, qui ont beaucoup d’énergie mais peu de moyens. Donc c’est assez compliqué de faire vivre le projet sur la longueur et de générer une économie pour qu’il puisse continuer et vivre sur le long terme. Du coup, on prend notre temps, de même que, pour vivre, je collabore sur d’autres projets musicaux voire même sur d’autres projets en-dehors de la musique. Donc, quand je travaille sur un album, c’est un long processus, du temps, de l’investissement. Une longue aventure. Après quoi, on essaye de faire vivre l’album.

Beaucoup d’énergie, peu de moyens, mais l’essentiel n’est-il pas là ?

Si mais c’est à double-tranchant. La frustration crée l’énergie mais peut aussi décourager par moment.

Il y a eu de ces moments ?

Il y a eu des questionnements à la moitié des années 2000. Orwell a commencé à l’aube des années 2000. Un petit buzz s’est créé en France, nous avons eu Les Inrocks, Libé. Sans être produit, il y a eu un petit frémissement dont on a eu du mal à franchir le cap, mal préparés. Certains membres d’origine ont créé leur projet personnel, comme Thierry Bélia qui a fait Variety Lab ou Alexandre le pianiste qui a fait Cascadeur. Et moi, je me suis posé des questions. Eux étaient toujours présents et continuaient de collaborer aux albums d’Orwell de façon plus dilettante. Moi je ne savais plus ce que je devais faire : continuer, faire un autre groupe, un projet solo ? Et puis non, Orwell, c’était un peu ma maison virtuelle. J’ai continué et je crois que j’ai bien fait. Certains sont très ambitieux quand ils font de la musique moi j’ai juste l’ambition de faire des albums qui touchent des gens et qu’ils se vendent assez que pour en refaire un derrière. Ce qui se produit. C’est déjà pas mal.

On parlait de la durée, finalement, ce qui est épatant, c’est cette identité, cette cohésion entre les morceaux.

Pour quiconque fait de la musique, c’est le travail d’une vie : trouver le bon équilibre entre ce vers quoi on tend – Bowie, les Beach Boys… – et l’adaptation à la réalité. Parce qu’on n’est pas eux, on est français, on n’est pas à la même époque… C’est le travail d’une vie de trouver le bon équilibre entre ce qu’on est et ce qu’on fantasme. Et sur ce disque, c’est assez particulier, j’ai trouvé une bonne voie pour assumer ma langue, ma voix et garder mes aspirations.

Assumer sa langue, c’est intéressant. Surtout quand beaucoup de jeunes (et moins jeunes) se dirigent assez vite vers l’Anglais pour faire de la musique. Il y a heureusement des exceptions. Dans la pop, il y a vous. Il y a Hugo aussi !

Je pense que c’est important. Je ne me réfugie pas derrière cet argument puisque j’ai aussi chanté en Anglais sur certains titres de tous les albums d’Orwell sauf… celui-ci. L’avant-dernier album était particulier et intégralement en Anglais, un clin d’œil à mon adolescence faite de new wave et de musique de fin des 70’s, début des 80’s. Je ne l’imaginais donc pas autrement qu’en Anglais.

Mais, chanter en Français, c’est important. On a beau maîtriser l’anglais, le parler à peu près correctement et écouter beaucoup de chansons anglophones, on ne pourra jamais écrire quelque chose de très fin en Anglais. En tout cas, pour moi. Quelque chose qui passe bien quand on l’écoute, oui. Mais si on veut vraiment travailler de manière aussi affutée musique et texte, il n’y a que sa langue natale qui le permette.

Quant à Hugo, il a réussi à créer quelque chose d’assez spécifique et il n’est pas assez reconnu à sa juste valeur. Il y a peu de chanteurs français qui ont réussi à trouver une telle imagerie et un tel lexique. En décalage avec la musique, qui plus est puisque ça peut être un peu noir, un peu sombre, surréaliste. Ses textes sont épatants et comparés à certains artistes qui passent à longueur d’ondes et de journées et sont considérés comme de grands artistes, Hugo mériterait d’être reconnu pour la qualité de ses textes. Et tout ça indépendamment du fait qu’il soit sur le même label que moi : avant, ce n’était pas le cas. Je l’ai découvert à la radio belge et c’était le moment où je voulais trouver ma voie musicalement. Je suis tombé sur « Les Photos », c’était génial et tout pile ce qu’il me fallait.

Continuons à évoquer d’autres artistes, quels sont ceux qui vous touchent dans le monde musical francophone ?

Que j’écouterais ? C’est le genre de questions auxquelles je ne sais pas quoi répondre en temps normal. Sauf que là j’écoute l’extrait du nouvel album de William Sheller. J’étais heureux de le retrouver en grande forme. Voilà encore un artiste mésestimé. On le connait mais on ne se rend pas assez compte à quel point il essaye des choses que les autres n’essayent pas.

Après, j’aime beaucoup Les Innocents. Ils ont poussé la chanson assez loin, Jp Nataf en solo, en particulier. Puis, le dernier Albin de la Simone avec ses arrangements vraiment subtils. Dans les choses très récentes, je me suis acheté un disque en français : Barbagallo. Entre pop, folk et lo-fi, c’est un mélange intéressant. Et si je ne me trompe pas, il joue de la batterie avec Tame Impala.

Par contre, on ne s’y trompera pas, vos influences viennent plus du versant anglo-saxon, non ?

Oui, c’est clair, c’est la musique qui m’a touché en premier lieu. La musique qui a défini mon patrimoine génétique quand j’étais enfant, c’était celle de la télévision. Par chance, j’ai grandi dans les années 70 et les compositeurs des programmes étaient des monstres : François de Roubaix, John Barry, Morricone, Lalo Schifrin. Et mine de rien, c’est ce que j’ai imprimé en premier, l’inventivité, l’harmonique, la prise de risque des arrangements.

Puis dans un deuxième temps, il y a eu les groupes. D’abord en rock progressif : Genesis, Alan Parsons Project. Puis, Bowie, les Simple Minds. Avant d’arriver à des choses plus « nobles », même si les groupes de new wave étaient très bons, comme Lloyd Cole qui au, début des années 80, faisaient référence à des gens comme Burt Bacharach ou Nick Drake. Je suis arrivé petit à petit à remonter le temps.

Remontons le temps alors ! Le titre de ce nouvel album, c’est Exposition universelle. Une époque révolue, tout en doré.

C’est un clin d’œil, en effet. J’aimais bien cette époque, et ça s’en ressent au niveau des paroles, où on était optimistes. À la fin du XIXème, début du XXème siècle, il y avait eu la révolution industrielle, des découvertes, le cinéma, plein de choses. Du coup, c’était la grande époque de l’Exposition Universelle, on montrait le meilleur de l’humanité. Aujourd’hui, c’est un peu l’inverse : n’importe quel film de science-fiction qui sort est une dystopie exposant 10 avec la guerre et beaucoup de négatif.

Je trouvais intéressant aussi l’autre signification que peut prendre « exposition universelle ». Avec les réseaux sociaux, n’importe qui est disponible n’importe quand. C’était important pour moi de mettre en valeur les vraies expositions universelles, celles pour lesquelles chaque pays fait son maximum et s’efforce de créer le moment pour montrer le meilleur de lui. Alors qu’il est si facile de montrer le plus laid de nous, ce qui intéresse aussi plus les gens.

Cet album fait aussi liaison entre passé et futur avec quelque chose qui n’est pas tout à fait identifié mais qui évoque un peu l’avenir.

C’est une volonté. Je voulais un côté classique tout en veillant à ce que ce ne soit pas forcément facile à dater. Un de mes albums préférés des années 80, c’est le « Forever Now » des Psychedelic Furs. Je l’adore parce qu’on ne sait pas de quand il datait, il sonnait comme les disques des 70’s tout en étant des années 80. Produit par Todd Rundgren, il y avait ce son et ces références de plein d’époque. J’aime bien le fait d’avoir une réflexion à propos des projections qu’on peut se faire des sociétés. Certaines choses peuvent avoir l’air plus abouties dans le passé, et d’autres plus noires dans le futur.

Des paroles ou de la musique, qui vient en premier ?

La musique ! Il y a deux façons de faire de la chanson. Dans la tradition française, je pense que le texte porte et la musique suit. On est happé par le chanteur, l’orateur. Moi, ma culture, c’est l’inverse : construire un environnement mélodique – quitte à en faire un instrument presque – et ce n’est qu’en deuxième lieu que je me pose la question des paroles. Justement parce que c’est en français. Parce qu’avoir la démarche mélodique en français, ça peut vite devenir périlleux, sombrer dans le ridicule ou devenir un peu guimauve ou variété. Il faut trouver les bons mots. C’est d’ailleurs pour ça que c’est plus facile en anglais !

Un gars comme Gainsbourg avec son côté grave, mi-parlé, ça fait référence à une certaine classe du français. Mais si on chante et qu’on fait une mélodie… C’est vraiment difficile de trouver les justes mots sur une musique mélodique, luxuriante.

Qu’est-ce qui nourrit cette lumière ?

L’optimisme ! C’est dur de le rester mais je tiens bon. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que les gens malintentionnés qui arrivent à faire parler d’eux. J’entendais l’autre fois un éditorialiste dire qu’une bonne nouvelle n’en était plus une. Du coup, j’essaie de faire de la musique qui rétablit les bonnes nouvelles.

L’aspect belge de la chose ?

J’ai toujours été attiré par la Belgique. J’adore la culture anglo-américaine, mais elle est lointaine. Et je considérais la Belgique comme une petite Angleterre. Quand j’ai commencé à y venir, comme je n’habitais pas loin, pour des concerts notamment, je rencontrais des gens. J’avais l’impression de retrouver un pan de ma culture qui, pourtant, n’existait pas dans mon environnement immédiat. Cet aspect distancié, ce second-degré voire non-sens.

On n’est pourtant tous sous la bannière de l’Europe. Et il y a d’ailleurs ce titre « Rengaine européenne » ?

Si vous me demandez de l’expliquer, on est parti pour des heures ! Je ne sais pas si je vais m’y risquer. Mais j’essaie de cultiver, j’aime bien qu’on ne sache pas vraiment de quoi je veux parler dans mes chansons. J’aime faire une première version d’un texte puis en enlever des informations pour ne pas être trop « simpliste ». Il y a plusieurs personnes qui écouteront la même chanson et ça m’intéresse que chacune d’entre elles y comprenne quelque chose de différent.

Après, il y a une idée derrière cette chanson : souvent, les civilisations laissent des murs, des édifices qu’on préserve. Pourtant, ils ne montrent pas la grandeur d’une civilisation. Et, en ce moment, je ne suis pas le seul à penser qu’on est dans une période de repli en Europe, identitaire notamment ; et que la seule arme qu’on ait soit d’essayer de construire des choses. Parce que ça se voit. Mais en même temps ça ne veut rien dire, c’est une façon de montrer son désarroi, son désarmement, politique. On construit des grandes choses mais on oublie qu’il y a des gens qui vivent à l’extérieur et dedans.

Puis, il y a cet aspect de relecture du premier album ?

Oui, ça, c’est parce qu’il y a quelque temps, on fêtait les dix ans du premier album. Du coup, comme on avait des maquettes, j’avais fait une espèce de version améliorée pour internet, pour marquer le coup. Mais j’avais l’impression de ne pas avoir approfondi certaines choses. L’album suivant, nous avions été vite happés par la possibilité d’une sortie au Japon. Il fallait des titres en anglais. J’avais donc l’impression d’avoir laissé quelques thèmes de côté.

Puis, il y avait cette réflexion, lors du premier album, nous avions eu beaucoup d’articles de presse. De façon totalement inattendue pour une assoc’ comme nous l’étions. Je me suis demandé ce que les gens avaient perçu à l’époque dans le projet. Je me suis demandé : « Que resterait-il d’Orwell si j’arrêtais maintenant ? Quelle aurait été ma contribution ? Et l’identité du projet ? » J’ai été à l’essence de ça : du français, un côté mélodique tout en ayant des arrangements un peu sophistiqués… J’ai retrouvé les bases qui étaient dans le premier album. Je ne m’étais pas dispersé entretemps, il y avait une continuité, mais certaines choses n’avaient pas été approfondies.

Et l’aventure japonaise ?

Depuis le début, nos albums sortent au Japon. Plus ou moins dans de bonnes conditions. Au début, oui. Après quoi, on est passé sur un gros label mais ça n’a pas fonctionné, on s’est retrouvé seulement avec un distributeur. Là, on a retrouvé un bon label, on y est retourné, on va y rejouer. C’est une belle aventure.

C’est assez marrant quand même de voir des artistes – on en a connu en Belgique avec des Jeff Bodart et autres Rapsat – qui s’exportent au Japon. Pourquoi sont-ils si friands de certains de nos artistes?

Je pense qu’ils sont avant tout des grands consommateurs de musique. La majorité de la musique qu’ils consomment, c’est de la musique japonaise. 80% des bacs est fait de J-Pop. Mais, ils sont aussi actifs et ouverts, ils s’intéressent à tous. Ils consomment beaucoup de musique et tout le monde en profite. Je ne sais pas pourquoi.

Lors des concerts là-bas, j’imagine que l’aura est différente puisqu’ils ne comprennent pas ce que vous chantez ?

On avait déjà joué en Thaïlande, ici le Japon, c’était une première. C’était assez surprenant. C’est une des particularités d’Orwell, j’essaie que la voix soit comme un instrument et que même si on ne comprend pas les paroles, on puisse apprécier la chanson. Ce qui n’est pas forcément évident avec de la musique néo-gainsbourienne où le ton joue et où quelqu’un qui ne comprend pas le français va être hermétique. Moi, j’essaie de faire en sorte que la mélodie, la texture et l’intonation puissent s’apprécier.

Quelle est la suite ?

Convaincre les gens d’acheter ce disque. (rires) Puis, des concerts avec une formule scénique inédite puisqu’on accueille un vibraphoniste et un flutiste qui vont donner des couleurs inhabituelles dans le monde du rock et de la pop.  Après, ça reste compliqué, on n’a pas beaucoup d’encadrement, on se débrouille avec nos moyens et des labels indépendants. Mais on a des concerts prévus qui peuvent déclencher des trucs. On essaie de jouer. Le milieu de la musique s’est resserré, il faut avoir un tourneur, utile pour discuter avec les organisateurs. On essaie d’en trouver un.

Un danger perpétuel, finalement ?

Oui, mais en même temps, je suis à la fois dedans et en-dehors. Si je ne fais pas de musique, je suis frustré mais j’ai une autre activité, notamment pour gagner ma vie. Et quand je reviens à la musique, je suis tellement motivé ! Peut-être que si j’étais devenu un musicien professionnel, cette vie-là m’aurait plu moins que celle de maintenant. Parce que j’aurais du jouer dans d’autres groupes que j’aurais aimé plus ou moins, pour faire mes cachets et mes heures. Là, maintenant, je fais parfois des trucs qui n’ont rien à voir avec la musique mais qui sont intéressant. Et je reviens regonflé pour continuer la musique. J’ai la chance de pouvoir faire un pas en arrière, de pouvoir m’extirper du monde de la musique quand celui-ci devient, par moment, il faut bien le dire, ridicule par certains aspects. J’y reviens toujours, en tout cas.

Et bien on vous souhaite aussi pas mal de pas en avant, merci beaucoup.

Orwell - Exposition universelle

Artiste: Orwell

Album: Exposition universelle

Nbre de pistes: 13

Durée: 46’16 »

Label: Europop

Distribution: Hot Puma Recods

Orwel sera en concert à L’autre Canal à Nancy, le 10/03/2016 et le 19/03/2016 à l’Atelier Rock de Huy.

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