Ibrahim Maalouf, Beyoncé et l’état d’urgence : découvrez le clip Run the world

Si certains chanteurs sont réputés pour leurs textes engagés (Renaud, Cali,…), il est plus difficile de dire qu’une musique instrumentale est engagée. Bien sûr, des émotions passent par les notes et la virtuosité du musicien mais est-ce qu’une musique à la trompette d’Ibrahim Maalouf apparait d’emblée comme une musique engagée ? Difficile…

Mais Ibrahim Maalouf ne se contente pas de manier avec brio son instrument, il est sans aucun doute un artiste engagé, non pas tant pour un parti ou une idéologie, non, plutôt engagé pour des valeurs humanistes. Il nous fait voir le bon en chacun d’entre nous, invite à l’espoir.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, il offrait au public une vidéo tournée à New-York (Branchés Culture vous en parlait ici et elle est visible ici ).

Le 16 novembre, il emmenait avec lui ses étudiants en impro musicale sur la scène du Grand Journal de Canal + pour les premières notes musicales après un week-end d’effroi, où les écrans télévisés avaient été monopolisés par des images d’horreur, où le bruit des kalachnikovs et le cri des victimes avaient pris le pas sur toute musique.

Homme plein de surprises – combien d’artistes peuvent se vanter d’avoir sorti deux albums d’une qualité irréprochable tout en étant radicalement différents le même jour, « Kalthoum » et « Red & Black Light » sortis le 25 septembre -, il frappe fort cette semaine encore avec un nouveau clip, co-réalisé avec le belge Jérôme de Gerlache, « Run the world », reprise de… Beyoncé ! Titre par ailleurs présent sur l’album « Red & Black Light ».

Clip, le mot ne suffit pas à rendre justice au projet : court-métrage serait plus approprié tant l’image est d’une qualité cinématographique d’une part – mais il n’est pas le premier à proposer un clip de qualité cinématographique en France (repensons à Woodkid notamment) – mais aussi parce qu’il ajoute ce supplément d’âme qui fait qu’un clip n’est pas qu’un clip, qu’une musique n’est pas qu’une accumulation de notes.

Ici, au-delà de la musique – magnifique bien entendu -, Ibrahim Maalouf propose une histoire qui sonne comme un avertissement. 2027. La démocratie semble bien loin. Couvre-feu, badge, interdiction des rassemblements,… « Si loin si proche » pourrait-on dire, quand on repense au résultat du 1er tour des élections régionales et la percée du Front National. Ou à l’état d’urgence en France, motivé par la lutte contre le terrorisme mais qui n’est pas, loin s’en faut, exempt de dérives sécuritaires (pensons notamment aux militants écologiques assignés à résidence sous prétexte de l’état d’urgence).

Sommes-nous tant que cela éloignés de ce 2027 qu’il nous présente ? L’avenir nous le dira… Mais Ibrahim Maalouf n’est pas un donneur de leçon, il ne juge pas, ne culpabilise ni ne stigmatise : il invite à la réflexion et surtout à l’ouverture. Lui qui a été bloqué deux heures en gare de Paris le mardi 18 novembre, avant de prendre l’Eurostar, sans raisons objective et qui plutôt que de crier au scandale tend la main, comme dans son clip.

Mais assez parlé de celui-ci, visualisez par vous-mêmes. Si ce n’est déjà fait. Ou même si vous l’avez déjà vu : on ne s’en lasse pas !

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