Feu ! Chatterton… et nous sommes à Paname, Oh oui.

Chaque média a ses chouchous et c’est peu de dire que Branchés Culture aime Feu ! Chatterton (on en a pour preuve les articles ici, ou encore ).

Et quand on aime, on ne recule devant aucun sacrifice. Ils jouent à Paris ? Et alors, ce ne sont pas 3 heures de route qui vont nous empêcher d’y être et de vous faire un compte-rendu ensuite !

Trianon. Rien que le nom de la salle est une invitation au voyage, une envie de découverte, un aller simple dans les années 20-30, celles des années folles, d’entre deux guerres. Au pied de la Butte Montmartre, à quelques foulées d’une autre salle mythique, la Cigale, le Trianon fut longtemps un théâtre avant de devenir un temple de la musique. Ce n’est ni la première ni la dernière salle à avoir connu ce parcours mais elle en a gardé, bien mieux que beaucoup d’autres, l’ambiance et le décorum, de l’escalier en marbre jusqu’au parquet du foyer en passant par les balcons et autres lustres.

L’élégance d’Arthur Teboul, le charismatique leader de Feu ! Chatterton, ne pouvait trouver meilleur écrin.

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Echauffé par une première partie pleine de potentiel (Fishbach, biberonnée aux Rita Mistouko et Guesh Patti, seule en scène, une scène qu’elle occupe comme un ring de boxe avec une belle énergie électro-pop), le public est à la hauteur de la salle, à la hauteur du groupe, à la hauteur des attentes. Chaleureux, enthousiaste… et bien plus varié que le jeune âge des cinq membres du groupe ne pourrait le laisser présager. Au premier rang, quelques quadras – dont votre serviteur – ne cèdent pas aux tentatives – amicales – des 17-25 ans de grappiller quelques centimètres. L’univers créé par le groupe, leur amour pour la (belle) langue française et des influences à chercher davantage du côté de Baudelaire que de Michel Sardou (oh la comparaison!) n’y sont certainement pas étrangers.

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Un univers et une logorrhée un brin prétentieux ? Seuls ceux qui n’ont jamais écouté leurs chansons peuvent le croire. Dandy certainement. Prétentieux aucunement. Preuve en est les nombreux et touchants échanges d’Arthur Teboul avec le public. Et ces moments drôles où, grâce à la taille humaine et à la bonne acoustique de la salle, Arthur répond aux interpellations de certains spectateurs avec un superbe à-propos là où beaucoup d’autres artistes sont davantage dans le monologue avec leur public que dans un véritable dialogue.

Pourtant, il faut chaud sous les psychotropiques comme il le répètera à plusieurs reprises durant ce set sans temps morts où les Chattertoniens sur scène dépensent plus de calories que certains en une heure de spinning. Les musiciens sautent, traversent la scène de part en part dans une énergie qui rappelle parfois celle déployée sur scène par une autre révélation française de ces dernières années: FAUVE. Leurs univers différent mais les points de convergence ne manquent pas : un talent hallucinant malgré leur jeune âge, une présence scénique difficile à décrire, un univers unique qui rend difficile toute comparaison avec des groupes plus anciens et un amour pour cette langue française que beaucoup de leurs contemporains délaissent au profit de la langue de Shakespeare. Tous deux dans l’écurie d’Asterios, organisateur de concert, Feu! Chatterton fit d’ailleurs la première partie de FAUVE au Bataclan l’an dernier. Non, décidément, il n’y a pas de hasard. Juste des rencontres et des émotions.

Les titres s’enchainent, d’Ophélie à Boeing en passant par Concordia : toutes les perles de leur premier CD « Ici le jour a tout enseveli » sont offertes au public, ainsi qu’ A l’aube ou encore Bic Medium (sortis en EP) ou la reprise de Polyphonic Size, Je t’ai toujours aimée.

Porte Z et La malinche remportent haut la main la palme de la débauche de puissance.

Et je reste à Paname. Oh oui. Oh oui. Oh oui.

Mais il reste une furieuse envie de partage, le concert se termine en douceur – Arthur lui-même évoque un coeur qui ne pourrait suivre ce rythme plus longtemps – avec Je t’ai toujours aimée et le très attendu Harlem.

Une seule envie à l’issue du concert : rester à Paname. Oh oui.

Ou se dépêcher d’acheter une place pour les revoir à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique au printemps 2016.

Compte-rendu et photos: Benoît Demazy

Set list :

  1. Ophélie
  2. Fou à lier
  3. Concordia
  4. A l’aube
  5. La mort dans la pinède
  6. Bic medium
  7. Camelia
  8. Porte Z
  9. BoeingPremiers rappels :
  10. Le Pont Marie
  11. La malincheSeconds rappels :
  12. Je t’ai toujours aimée (Polyphonic Size)
  13. Harlem

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