Quand les papes de l avant-gardisme musical, The Prodigy, envahissent Bruxelles

Le 11 novembre dernier, Bruxelles a vu débarquer un invité de marque en la personne d’un des trios de british les plus inclassables de l’histoire de la musique, The Prodigy. Ces guerriers modernes, qui ont pour seule arme leur flow dévastateur, avaient bien choisi leur date. Une chose était plus que sûre avant même le début du concert: ils n’étaient pas de passage chez nous pour signer l’armistice même si l’organisateur était bien en mal d’assurer le spectacle.

Liam, Keith et Maxim ne viennent jamais en Belgique sans l’envie diabolique de laisser le pays, ou du moins, son public, en sueur et au bord de l’épuisement! Pourtant, cette fois-ci, la logistique du Palais 12 n’aura rien fait pour alléger la tache du groupe. Les 15.000 personnes présentes en viendraient presque à regretter la salle de l’Ancienne Belgique, cette petite salle de 2.000 places, où, il y a une demi-décennie, le trio de la warrior’s dance avait livré un tel concert que les murs en garde encore des traces.

Les équipes présentes pour l’organisation de cet événement tournent au ralenti. Près de trois quart d’heure pour pouvoir avoir une bière, les canettes du mini-market sont chaudes vu le manque de rendement pour les mettre au frais face à l ampleur de la foule assoiffée. Quant au son, n’en parlons pas. D’autant que les écrans géants ne fonctionnent pas… Ça commence bien mal et l’artiste en première partie a bien du mal à chauffer la foule au vu du travail plus qu’irrespectueux des organisateurs. Peut-être encore un manquement à reprocher à l’organisateur; pour sa tournée hivernale, The Prodigy avait décidé de prendre Public Enemy comme première partie, mais ils ne furent point de la partie à Bruxelles… Enfin, bref, passons, tout n’est peut-être pas perdu.

Comme souvent, The Prodigy monte sur scène avec une vingtaine de minutes de retard, mais devant un public qui ressemble plus à un hospice sous prozac qu’à une peuplade d’adeptes de rave party. Les beats psychédéliques de Liam Howlett, les cris de folie de Keith Flint et les paroles entraînantes et répétitive de Maxim Reality s’entrecroisent pour produire le bon souvenir de Breathe, un son violent qui a déjà fait ces preuves pour mettre le public en transe. Pourtant, les personnes présentes ne se laissent pas envahir par l’hystérie que ce groupe embrase habituellement.

Vu que les tubes des disques antérieurs ne fonctionnement pas, ils enchaînent avec les deux premiers piliers de leur nouvel album; Nasty, directement suivi par The Day Is My Ennemy. Cette fois, le public semble se mettre un route. Là, il est tant pour le pyromane de Braintree, alias Keith Flint, d’allumer le feu; le hit Firestarter résonne dans le Palais 12. The Prodigy enchaine avec Voodoo People, Invers Must Die, Omen, Smack My Bitch Up,ect. Ensuite, ils reviennent à leur nouvel album et au très bon remix du EP The Night Is My Friend. Le public, plus profane qu’érudit apparemment, ne comprend pas et s’éteint de nouveau. Maxim essaye une dernière fois de réanimer cette masse compacte et inerte avec le titre qui devenu aussi le nom du label de The Prodigy; Take Me To The Hospital!

Mais personne ne semblait avoir envie de partir aux urgences ce soir… Le groupe quitte donc la scène en laissant passer l’une de leur première musique, un tube qui mêlait dance, electro, reggae: Out Of Space. Mais qui peut honnêtement jeter la pierre à groupe presque trentenaire, qui est toujours en activité, de manière aussi régulière et énergique, vu les failles organisationnelles? Toute légende qui a un peu d’orgueil serait peut-être sorti directement de scène, sans produire le service minimum! The Prodigy aura fait de son mieux, avec les possibilités qu’on leur a offert!

Personne ne peut réellement leur en vouloir de ne pas avoir sonné le rappel, dans une telle ambiance mortifère. À la sortie, les sentiments sont mitigés, et, pourtant le public est en transe, alors qu’il semblait être resté statique. En parlant un peu, je comprends mieux ce public. The Prodigy est un groupe qui a traversé les époques et n’a jamais semblé prendre une ride tant ils sont en perpétuelle invention de style et de modes musicales, en se gardant bien d’en suivre. Avec une conséquence directe: la foule trop hétéroclite que pour prendre part à la folie de ce concert. De quoi nourrir forcément un sentiment de trop peu… Une chose est sûre, il faudra les revoir pour juger la qualité de cet album en live. Ces titres semblent avoir un réel potentiel! Connaissant ce groupe, il est certain qu’il viendra prendre sa revanche sur nos terres cet été. The Prodigy a peut-être perdu une partie de la bataille, mais pas la guerre! Leur reddition n’est pas encore pour demain.

Compte-rendu signé Régis Filieux

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