Avec La prochaine fois je viserai le coeur, Cédric Anger frappe fort (Critique DVD)

Ces jours-ci, sort en dvd un des films policiers marquants de 2014, inspiré d’un sordide fait divers de la fin des 70’s qui voyait un policier, pourtant bien sous tous les rapports en apparence, assassiner de sang froid des jeunes femmes. Des crimes étouffés, d’autant plus qu’Alain Lamare est en charge de sa propre enquête sur ses propres crimes. 

Années 70. Le département de l’Oise (dans la région picarde) se remet à peine des soubresauts d’une affaire hautement criminelle dans laquelle un fou, Marcel Barbeault, se fait connaître sous le nom du « Tueur de l’ombre » et sème les victimes. L’homme est arrêté mais, en 1978, un nouveau meurtrier s’en prend à des jeunes femmes, bien souvent auto-stoppeuses, et les tue lâchement. Un maniaque rempli de ses obsessions qui demeure introuvable. Introuvable, car ce tueur de l’Oise n’est rien d’autre qu’un… gendarme: Franck. Un gars bien, à l’humour affirmé, apprécié de tous et professionnel même s’il ne résiste pas à quelques provocations envers les adverses policiers. Pourtant, une fois rentré chez lui, ce gendarme sans histoire se prête à d’étranges cérémonials et à de macabres rituels.

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Avec La prochaine fois, je viserai, le coeur, nous assistons peut-être au réveil de Cédric Anger. Déjà responsable de deux films auparavant, oubliables (L’Avocat avec Benoît Magimel et Le Tueur avec Grégoire Colin), l’ancien collaborateur aux Cahiers du Cinéma devenu réalisateur monte enfin en puissance et impose une vraie vision de cette affaire criminelle retentissante. Et les Césars ne s’y sont pas trompés puisque l’oeuvre était nominée dans deux catégories, Meilleure Adaptation et Meilleur Acteur pour Guillaume Canet. Guillaume Canet qui, s’il n’a pas obtenu le Graal, se révèle parfait dans ce rôle inédit de policier tourmenté, en proie à des maux intérieurs. Il est bluffant. Glaçant et effroyable, touchant dans son entre-deux visages, sa dualité. Mais si le film d’Anger doit beaucoup à ses comédiens (Canet en tête, mais on est toujours sous le charme de la fraîcheur d’Ana Girardot et content de revoir le trop rare Jean-Yves Berteloot), la mise en scène est loin de démériter et installe lentement une atmosphère étouffante où l’on retient son souffle à chaque horreur du criminel.

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Cédric Anger passionne, exploite les failles de ce criminel connu dès les premiers instants de son film. Car, oui, l’exercice est toujours plus difficile quand le coupable est connu dès le début d’un film, comment provoquer l’intrigue? Ici, Anger y réussit avec brio et manière, avec des libertés par rapport au fait divers réel et rehaussé par la musique voltigeuse de Grégoire Hetzel. Et quand le final s’impose, on reprend encore son souffle, on attend quelques minutes. Comme le temps qu’on prend pour se remettre d’une claque, glauque mais immédiate et réussie.

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Avec en bonus, un making of très intéressant sur la difficulté et les trouvailles pour monter un film d’époque avec un budget limité. Une image d’un cinéma qui ne fait pas ce qu’il veut mais ce qui lui est permis.

La prochaine fois je viserai le coeur Cédric Anger Guillaume Canet DVD

 

Titre: La prochaine fois je viserai le coeur

Réalisateur: Cédric Anger

Avec: Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot, Patrick Azam, Douglas Attal, Alexandre Carrière, Alice de Lencquesaing.

France, 2014

Genre: Drame, Policier

Durée: 1h51

Sortie DVD: 18 mars 2015

Distributeur: Lumière

 

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