Astier et Clichy au Domaine des dieux des adaptateurs d’Astérix

31043-asterix-le-domaine-des-dieux Il était attendu au tournant, celui-là. Un nouveau film pour qu’Astérix passe des planches à la toile, ça fait toujours frémir: Boosté à la potion magique ou hanté par des Détritus? Il y avait de quoi craindre. Même si le dernier film en prises de vue réelles, Astérix et Obélix au service secret de sa Majesté était très fidèle à l’esprit de la BD mais avait du mal à tenir la route. Retour à l’animation donc pour le plus célèbre des Gaulois de papier avec Le domaine des Dieux. Et cette fois, c’est le duo Alexandre Astier(ix) et Louis Clichy(x) qui s’y collent. Le premier – faut-il encore le présenter depuis Kaamelott – agit ici en tant qu’adaptateur, scénariste et dialoguiste. Louis Clichy, connu comme animateur chez Pixar (notamment pour Wall-e et Là-Haut) et le dernier clip de Louise Attaque Du monde tout autour, signe ici son premier film. Et la conjugaison de ses deux orfèvres du talent donne tout simplement le meilleur film d’Astérix depuis bien longtemps (faudrait-il remonter à une trentaine d’années?) autant sur la forme que sur le fond et le respect de l’oeuvre originale.2580000.jpg-r_x_600-f_jpg-q_x-xxyxx

Le domaine des Dieux, c’est l’histoire du plan machiavélique de César: encercler le village de l’irréductible Gaulois d’une ville attrayante et de rêve pour les citoyens romains. Les Gaulois devront s’y adapter pour survivre. Le plan de Jules va fonctionner mieux que prévu puisque même Abraracourcix, Cétautomatix et tous les autres joyeux drilles vont y prendre goût et s’installer dans les appartements qui ont pris la place de la forêt autrefois luxuriante. Mais c’est sans compter la rage et le dévouement d’Astérix bien décidé à en découdre avec le fidèle Obélix, pourtant affamé par manque de sangliers. Puisqu’eux aussi ont pris la fuite.

asterix-et-le-domaine-des-dieux-photo-53b3cc1cd3017Soyons francs, au vu des premiers teasers graphiques, je n’étais pas profondément convaincu par la mise en forme des personnages, trop ronds, trop 3D, trop… quelque chose clochait. Pourtant, dès la première scène, l’Astérix de Louis Clichy et Alexandre Astier fait mouche. Réveillant en nous toute l’amitié et la nostalgie que l’on peut éprouver à l’égard du personnage mais jouant aussi de références plus contemporaines: un peu de Seigneur des Anneaux par-ci, un peu de Charles de Gaulle par-là, de la musique classique et des ballets mais aussi le jingle d’RTL. Et surtout beaucoup de Goscinny et d’Uderzo (on est loin d’un Mission Cléopâtre où, malgré ses qualités indéniables, Alain Chabat faisait plus du Chabat et de l’humour Nuls que de l’esprit Astérix).asterix-le-domaine-des-dieux-affiche-3

Ici, les situations sont cocasses, le rythme trépidant, les dialogues soignés et hilarants, les noms des personnages bien trouvés (en tête: Apeldjus) et les gags irrésistibles. Tout y est! En ce compris un casting vocal époustouflant, donnant beaucoup de relief et de personnalité aux personnages et au dessin animé une dimension de vrai film d’acteur (Laurent Lafitte impérial, Alexandre Astier en centurion Oursenplus ou le regretté Artus de Penguern en Petitminus sans oublier Florence Foresti juste en Bonnemine). Mais rien ne surpassera le talent, plus insurmontable qu’un menhir propulsé par Obélix, de Roger Carel, voix et âme d’Astérix, qui porte dans cette voix magique presque 70 ans d’histoire du film de l’animation (de Capitaine Caverne à Winnie l’Ourson, du Maestro des séries Il était une fois… à Milou), quel bonheur, quelle efficacité! Et le tout souligné par l’efficace musique de Philippe Rombi (compositeurs associés à Ozon notamment) et la prodigiosité des moyens techniques utilisés, bluffant. Entre rire et intelligence, certains fans pourront être déçu de ne pas retrouver l’humour façon Kaamelott. Mais cet Astérix-ci, en est un et un vrai, pour les petits et les grands. Par contre, le seul défaut visible de ce petit bijou de l’adaptation (qui tranché décidément avec tout ce qu’on a pu voir et verra encore comme adaptations absurdes et répugnantes. Prochain? Benoît Brisefer…) est la 3D, absolument insipide et sans aucun intérêt. Mais pas de quoi cracher sur cette aventure qui finit en banquet final et vaut son pesant de sesterces, qui mérite tous les lauriers plutôt que ce que les dieux lui tombent sur la tête. Voilà un formidable divertissement comme il nous en manquait un peu!

4,5/5

Astérix – Le domaines des dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier, avec les voix de Roger Carel, Guillaume Briat, Laurent Lafitte, Lorant Deutsch…, 85 min. 

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