Va’a, une saison aux Tuamotu et quelques heures d’évasion

TUAMOTU_650pxC’est une belle échappée que nous proposent, en ce mois de novembre, les deux auteurs de BD Benjamin Flao et Troubs. Tous deux dessinateurs, ils proposent à travers Va’a, une saison aux Tuamotu, une expérience de vie, en plein Pacifique, au rythme des vagues et du vent dans les voiles, en pleine Polynésie française. Le tandem sa débarqué là pour suivre une initiative scientifique qui voudrait relancer les Va’a Motu, traditionnelles barques qui permettaient aux indigène de se déplacer sur l’eau. Une mission qui est toujours postposée à ce jour. Tant pis! Mais cela ne va pas empêcher les deux amis de parcourir l’île et de construire leur propre barque. Et surtout de dresserDSCN5744 de subtils portraits des habitants de l’archipel, entre passé et présent, deux temporalités qui ne sont résolument plus les mêmes.

Car oui, comme partout le temps a changé et les choses ont suivies. Cette bande dessinée de voyage est le témoin de la nostalgie du passé, des regrets, irrémédiables. Car avant, c’était avant et c’était surtout avant 1965, avant que l’argent du nucléaire ne vienne peu à peu pourrir l’organisation insulaire et y ajouter le bruit des moteurs. Certes avant 65, le territoire était sous administration française, un système qui fonctionnait très bien, mais c’était le bon temps du peuple de l’eau.

Une époque où fleurissaient les bateaux à voile, où se multipliaient les fêtes autour des bénies courses de bateaux  et où tous les 3 mois, chaque village migrait vers un autre secteur. Depuis, la tradition a changé et sur Tuamotu. En reste les témoignages superbement mis en valeur par les deux auteurs. Deux dessinateurs qui ont chacun leur style mais qui s’allient bien dans les DSCN5741superbes paysages et portraits qui s’offrent aux lecteurs. Nous sommes malgré cela, moins convaincu par la cohésion de cet ouvrage, parfois un peu désorganisé, et par la difficulté de parfois s’identifier et de prendre réellement part au récit. C’est dommage et cela nous empêche d’être réellement emporté, restant, malgré le désir inébranlable de partage de Benjamin Flao et Troubs, un pied sur terre et l’autre dans cette océan de voyage. Cela n’enlève rien à la grande beauté, luxueuse, de cette bande dessinée.

14/20

Benjamin Flao et Troubs, Une saison aux Tuamotu, Futuropolis, 158 pages, 22€.

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