Plongée fictive dans l’univers bien réel et sans vergogne de « La Banque »

Ah que voilà une saga intéressante, dont le deuxième tome vient de sortir. La Banque, alliant les talents de scénaristes de Pierre Boisserie et Philippe Guillaume et de dessinateur de Julien Maffre, propose de revenir sur l’histoire de la Banque, en France et ailleurs, de ses débuts à son statut d’incontournable. Le tout, avec le parti pris de mixer faits avérés et pure fiction. L’histoire de Charlotte et Christian, aristocrates déchus et désargentés après la fuite d’une France en prise avec la Révolution Française. Arrivés à Londres, en 1815,pleins d’illusions déçues mais bien résolus à retrouver leur fortune d’antan, le frère et la sœur auront à coeur d’y parvenir par différents moyens; le tapin pour l’une, le soin des pigeons voyageurs de Nathan Rotschild pour l’autre (le même Rotschild qui, par un fieffé jeu de spéculation sur une victoire de Napoléon à Waterloo, amassera une fortune colossale et mettra à mal de nombreux petits spéculateurs anglais) avant de découvrir le fonctionnement de La Banque. Une banque, qui a force de hasards, de chances mais aussi de trahisons et de corruptions, fera leur fortune comme leurs malheurs. Mais ne les laissera pas indemnes, eux et leurs descendances, de Londres à Paris en passant par l’Algérie.

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Après un premier tome à Londres (L’initié de Waterloo) et un deuxième tome plus parisien (Le milliard des émigrés), tous deux entre 1815 et 1848 (soit équivalent à la première génération des de Saint-Hubert), cette série convainc plutôt bien par le jeu astucieux de la rencontre entre personnages fictifs (à commencer par Charlotte et Christian) et personnages ayant existé. Même si des ajustements ont été faits pour coller à la fiction. Est-ce un problème? Pas vraiment, car à la fin de chaque tome, un résumé des éléments historiques de Philippe Guillaume, fait la part des choses, resituant les éléments réels dans leur époque: la famille (de) Rotschild, Waterloo, la construction de la première banque fixe parisienne dans le Palais Brongniart, la loi du milliard des émigrés…

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Pas question donc de perdre le lecteur dans une fausse vérité. Mieux, tous les éléments véridiques et historiques s’imbriquent pour donner force à la fiction. Sans temps mort, ingénieux et bénéficiant d’un dessin classique mais très efficace, La Banque permet sur les deux premiers tomes d’instruire tout en divertissant sur fond de conflit familial et intergénérationnel. Même si certains passages restent encore un peu trop nébuleux pour le commun de mortels, non initié à la finance. Mais foi d’ancien brosseur de cours d’histoire économique, j’aurais eu entre mes mains la saga de Boisserie, Guillaume et Maffre, j’aurais été passionné! Surprenant mélange mais réussi.

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15/20

PS: Quant à la suite, elle sera disponible dès le premier semestre 2015, à travers la deuxième génération de ces Saint-Hubert et sous le crayon et le regard neuf de Malo Kerfriden. Autant dire, on a hâte!

La Banque, Tome 1, L’initié de Waterloo, Tome 2, Le milliard des émigrés, Dargaud, 13,99€

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