Les Campbell, redoutables pirates du rire carnassier

Munuera, ce nom à lui seul prononcé, est capable de faire frémir le monde de la bande dessinée franco-belge. Non parce qu’il est un méchant pirate mais parce que c’est un des meilleurs créateurs de BD (scénariste et dessinateur à la fois) de sa génération. Habitué des univers haut en couleur (citons par exemple Nävis, des 4 excellents tomes de Spirou et Fantasio ou encore de Sortilèges (dont le troisième livre vient de sortir, nous en parlerons bientôt)), le bédéiste espagnol s’est lancé dans un univers qu’il n’avait pas encore exploré: la piraterie. Le tome 2 vient de sortir et c’est toujours un régal… et pas que pour les requins.

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Les Campbell, c’est d’abord le père, flibustier aguerri et respecté, qui s’est retiré du « métier » pour mieux s’occuper de ses filles depuis la mort de sa femme, férocement assassinée par le gouverneur Inferno qui règne désormais en maître sur terres et océans. Rattrapé par le lâche Carapepino (condamné à mort en début d’album), au cours du premier tome, Campbell a dû fuir avec ses deux filles, l’intellectuelle Itaca et la casse-cou Genova, sur une île de lépreux. Mais ce n’est que temporaire, le danger reviendra.

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À cheval entre passé et présent, ce deuxième tome des Campbell profite de ce calme temporaire (brisé en fin d’album) pour mieux éclairer le passé et mieux comprendre la situation présente. Notamment à travers l’histoire du redoutable pirate Morgan qui donne son titre à l’album. Véritable tome de transition, ce tome allie à merveille le sépia aux images du passé pour mieux saisir le drame tragico-comique qui se joue et les liens beaucoup plus ambigus qu’il y a entre Campbell et son ennemi mortel et sanguinaire. Le dessin de José-Luis Munuera est toujours aussi virtuose, si vivant et si mouvementé qu’on croit parfois que ces pirates vont sortir de leurs cases. Pourtant, pas besoin de lunettes 3D. Côté scénario, pas de baisse de rythme et beaucoup de petites perles d’humour (une scène de pèche torride avec la voisine Nutel-la, une des meilleures évasions de tous les temps, des officiers contents de s’être fait dérober leur cargaison…). Sans oublier quelques répliques et clins d’oeil (Le bon, la brute et le truand) qui font mouche.


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Ce nouveau tome des Campbell n’a donc rien à envier aux précédentes créations de Munuera. Et loin des Vieux Nick, Jehan Pistolet et autres Barbe Rouge qui commençaient à dater sérieusement, Munuera propose une version actuelle du mythe flibustier. Un peu comme si il avait trouvé les cousins des pirates d’Astérix et en avait fait des héros. Car oui, on retrouve chez le génie espagnol un peu du ton et de l’humour qui a forgé l’oeuvre de Goscinny et Uderzo. Rien que ça!

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16/20

Les Campbell, Tome 2: Le redoutable pirate Morgan, par José-Luis Munuera, Dupuis, 56 pages, 13,95€.

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