Samba, Nakache et Toledano n’ont pas fini de faire danser la vie

Tout le monde attendait Olivier Nakache et Éric Toledano au tournant depuis Intouchables. Tout le monde? Peut-être pas (même si la presse semble unanime pour ne parler que du film aux 19 000 000 entrées), car il y avait quand même ceux qui avaient connu l’avant Intouchables, tout aussi prometteur avec Nos jours heureux ou Tellement proches. Je préfère qu’on reste amisaussi, à un moindre niveau. Mais pas de doute, depuis 2004, le tandem, qui semble avoir la comédie dans les gènes, n’en finit plus de générer la franche hilarité dans les salles obscures. Et ce n’est pas avec Samba que la donne va changer et que le duo s’est fourvoyé dans un Intouchables bis!

Toujours empreint de mixité sociale, le duo de réalisateurs est parti cette fois sur le terrain glissant du travail illégal et immigré. Adapté du livre Samba pour la France de Delphine Coulin (Le Seuil, 2011), l’histoire suit les pérégrinations de Samba (Omar Sy), Sénégalais en France depuis 10 ans, qui cumule les petits boulots, toujours en quête du saint sésame qui lui permettra d’être citoyen français, lui qui a désormais tous ses rêves en France. Alice (Charlotte Gainsbourg), elle, est bien implantée, elle est cadre supérieure. Bien implantée, mais sujette à un burn-out qui l’oblige à prendre du recul. Son recul passe par le centre de détention des illégaux, c’est là qu’elle rencontre Samba. Ils se lient d’amitié, voire plus, pourtant le fossé qui les sépare pourrait bien leur jouer des tours.

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Entre les rires et les larmes, Nakache et Toledano ont toujours autant de facilité à jouer sur les deux versants. Peut-être moins hilarant que l’était Intouchables, Samba a le mérite de faire peut-être plus dans la profondeur et la peinture sociale que son prédécesseur. Certes, la réalité est maquillée d’humour mais on se prend à apprendre certaines choses sur les techniques de survie des immigrés. Se jouant des préjugés et déjouant le pathos, Samba remplit son compte de divertissement, bien aidé par le charisme certain de ses acteurs: Omar Sy (dont on entend dire qu’il est mauvais comédien, “est” plutôt que “joue”, il respire comme son personnage et, quelles que soient les circonstances, on y croit), et Charlotte Gainsbourg, fantastique dans son rôle de déprimée complètement perdue. Mais ce couple ne fait pas d’ombre non plus à ses deux acolytes, le trépidant et brésilien Tahar Rahim ainsi que la fougueuse Izia Higelin. On mentionnera aussi les apparitions de la vétérane Hélène Vincent. Le tout rehaussé par une bande musicale dont les deux réalisateurs ont le secret (entre titres existants et retrouvailles avec Ludovico Einaudi).

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Seul point noir: de ce film, on préférera sans doute oublier un événement final poussant l’intrigue au bord du thriller, un peu too much et pas nécessaire. Mais rien qui puisse remettre en question la grande qualité de ce cinquième long métrage du duo.

3,5/5

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