Un Franc Belge avec états « Daan »

Un nouvel album du Flamand Daan, c’est toujours un événement tant l’artiste est atypique et engagé. De ces jours, sort Le Franc Belge, son nouvel album, le neuvième album studio du groupe et projet solo tel qu’il existe depuis 1999. 

Il faut dire que depuis presque quinze ans (vingt-trois en comptant les autres groupes de Daan Stuyven: DeadMan Ray, Vot, Supermarx ou Running Crow), le chanteur engagé belge n’a jamais sorti deux fois le même album, variant tout le temps son style, tantôt rock,tantôt électro, s’essayant même au blues et au jazz. Jamais le même album et se refusant même à sortir un best of: il a bien sorti Simple en 2011 reprenant ces anciens titres mais totalement réorchestré en mode crooner mais jamais en mode mineur. Oui Daan, il est comme ça, il aime l’aventure, la créativité,l’originalité. C’est un peu le Stephan Eicher belge, discret, mais terriblement efficace.

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Son nouveau défi? Chanter en Français, bien sûr il l’a déjà fait sur quelques bonus de ces précédents opus dont certaines éditions étaient destinées au marché francophone. Mais ici, l’enjeu est tout autre, huit titres sur treize (!) sont écrits dans la langue de Molière par Daan lui-même aidé du cinéaste-dialoguiste Thierry Dory. Le reste des chansons sont en anglais, pas de trace de Néerlandais sur cet album,mais son engagement, lui est intact! Dès la première chanson « Mes Etats Unis », l’un des plus francophones des artistes flamands fait la critique d’un pays, son pays, notre pays, la Belgique à propos de laquelle il n’a jamais rien compris depuis trente-treize ans. Autre titre phare, la crise où le chanteur énervé fait la liste de toutes les crises possibles et imaginables sur une mélodie aux accents grecs (allez savoir pourquoi ;) ). Un album servi par des textes de haute volée et rythmés, où Daan mélange les ambiances, les influences, du violon au clavier symphonique.
Daan chante à gorge déployée et enchante une nouvelle fois jusqu’au titre qui referme le CD « Belle », une ode à la culture francophone,« une envie depuis dix ans ». Un disque mémorable et émouvant tel le désir du parolier, compositeur et interprète qui le répète en interview: « j’écris des chansons pour en pleurer, pour m’en émouvoir et pour que l’émotion soit la même si je les réécoute dans cinq ans. Sinon, ce n’est pas la peine ». 

Une bien belle galette donc bien loin de l’inimitié Wallons-Flamands. Dans les bacs des bons disquaires depuis lundi.

Daan, Le franc belge, Pias

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