Domestiqués ou pas, les animaux ne sont pas des jouets. Et même si notre fille est fusionnelle avec notre chien, notre chat, encore plus depuis quelques mois, il faut parfois la rappeler à l’ordre, à faire gaffe, à respecter leur consentement à eux aussi. Un chat, un chien, et pourquoi pas un tigre tant qu’on y est. Stephanie Ellen Sy et Julien Chung en invite un dans le salon. Mais est-ce vraiment un authentique tigre?

Résumé d’Un tigre, ça ne se dompte pas de Stephanie Ellen Sy et Julien Chung par Alice Éditions : Un enfant a un tigre chez lui, plutôt… original : Imran est blanc et n’a pas de rayures. L’enfant essaie de lui en peindre pour qu’il ressemble à un vrai tigre, mais les autres enfants croient voir un zèbre ! Imran n’aime pas ses fausses rayures, et ne veut pas non plus de pois de guépard, de peinture orange, ni encore de faire semblant pour faire plaisir : un tigre, ça ne se dompte pas.
Édité pour la première fois au Canada par Owlkids Books, Un tigre, ça ne se dompte pas nous invite entre un enfant et Imran le tigre, pas comme les autres. Sa fourrure n’est pas orange, il n’a pas de rayure, il ne mange pas d’herbe (ah, mais ça c’est normal)…

Alors, naturellement, le gamin, qui pousse le vice jusqu’à porter un t-shirt orange zébré, ne se satisfait pas du fauve qu’il a la chance d’avoir chez lui. Un fauve de chez Wish, oui? Pourtant, Imran, le félin, est une crème, il se laisse faire, il est bien dans sa peau et cultive sa différence. Il n’a rien à se prouver; au contraire de son petit propriétaire qui se sent obligé vis-à-vis de ses amis de leur présenter un vrai tigre. Alors, avec les moyens du bord, pinceau et pots de peinture, il badigeonne à l’envi Imran. Des pois, des zébrures plus que des rayures. « Imran, fais un effort! »


Sur une toile grise, avec un dessin et des couleurs minimalistes, mais forcément du orange qui manque cruellement à la robe d’Imran, Julien Chung s’amuse et nous éclate avec ce duo (qui rappelle forcément Calvin et Hobbes), le gosse de mauvais poil et le tigre malicieux, zen. Lui passe une bonne journée et ce n’est pas un petit énergumène qui lui mettra le blues. D’autant qu’en un rugissement, sa botte secrète, il peut mettre tout le monde d’accord. Mettez vos boules quies. Aussi cocasse cela soit-il, Stephanie Ellen Sy signe un texte intelligent sur le respect des animaux, de leur nature première, les déguiser n’est pas utile. Puis, qu’on soit animal ou humain, on a raison de tenir bon, d’affirmer notre identité, même si c’est en dehors des codes et de ce à quoi les autres voudraient que nous ressemblions. ROAR, c’est un cri de liberté.


À (se faire) lire dès 4 ans par Alice Éditions.

