50 ans de barbes au service du rock texan avec ZZ Top à Forest National !

Les texans de ZZ Top étaient ce jeudi soir en concert à Bruxelles pour un concert sans surprise mais qui a tenu toutes ses promesses.

Avec pour mission compliquée de chauffer Forest National avant ZZ Top, Laura Cox s’en est tirée avec les honneurs. Guitare-voix, blues-rock direct. Pas de blabla, 40 minutes de riffs gras et de solos qui claquent. Cox a une belle présence scénique et une voix qui envoie. Elle qui était fan des Top se réjouit de faire aujourd’hui leur première partie.

(c) JP Vanderlinden

Place ensuite à ZZ Top, la machine à groove est toujours en activité et les légendes du Texas débarquent pour un show de leur tournée anniversaire, Billy F. Gibbons, 76 ans en tête. Le regretté Dusty Hill n’est plus là, remplacé depuis 2021 par Elwood Francis à la basse, et Frank Beard, 77ans, annoncé sur la tournée est finalement absent pour raisons de santé et remplacé par Michael Monahan, qui connaît tout le répertoire sur le bout des doigts. Et derrière les fûts il assure un max.

Certains diront qu’avec un seul membre original du trio mythique, le band ferait mieux de s’abstenir, mais personnellement je ne partage pas du tout cet avis. Premièrement car c’est le membre le plus important qui reste, et je préfère un band avec deux membres remplaçants qui envoient et mouillent la chemise, qu’un band vieillissant original mou du genou.

Dusty nous a quitté , Frank est souffrant et doit se reposer, mais la musique survit à ses créateurs et continue à vivre en live et c’est très bien comme ça.

(c) JP Vanderlinden

21h. Blackout. Les 3 silhouettes arrivent. barbes blanches, lunettes noires, chapeaux. Et ça part sur Got Me Under Pressure.

Forest a de la chance car le son est énorme. Guitares de Gibbons tranchantes comme un rasoir, basse d’Elwood Francis ronde et présente, et batterie de Monahan métronome. Sur I Thank You et Jesus Just Left Chicago, on a senti le groove du Texas rentrer dans les tripes. Pas de fioriture, pas de playback. Du vrai.

Au niveau de la setlist, pas de prise de risque. Et c’est très bien comme ça. Gimme All Your Lovin’, Sharp Dressed Man, Legs. Nostalgie assumée à 200%.
Le moment fort reste toujours La Grange. Gibbons sort la Pinball Machine, le riff démarre, et les 6.000 personnes tapent du pied. Mike Monahan, impassible, déroule.

(c) JP Vanderlinden

Gibbons parle peu. Il sourit. Il joue. Et quel jeu ! 76 ans et des bends qui tuent. Il improvise, il fait hurler sa Les Paul, et se marre avec Elwood. L’alchimie entre les 3 fonctionne. Elwood a mis du temps à exister, mais ce soir il a sa place et sa basse puissante à dû par moments affoler le sismographe de Forest.

La scénographie est simple et efficace avec des têtes d’amplis et des amplis eux même perchés sur des blocs lumineux du plus bel effet. Pas de délire, pas besoin d’esbroufe, les paillettes, les barbes et les riffs suffisent.

(c) JP Vanderlinden

Après 50 ans de carrière les mecs ne trichent pas. Le tempo est là, la pêche est là, c’est du rock de travailleurs.

ZZ Top n’est pas venu réinventer le rock. Ils sont venus le jouer, bien, fort et avec le sourire. Et à 77 ans pour Gibbons, c’est une belle leçon de longévité animée d’une passion toujours bien vivante.

(c) JP Vanderlinden

Bref un très bon concert dont je ressors avec un grand sourire…dans ma barbe bien sûr !

Jean-Pierre Vanderlinden 

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