La Gazette du BIFFF 2026 #8 : deux compères formidables rêvent de jouer au Rivoli, Pinocchio n’a jamais été aussi sanglant et le Toxic Avenger fait son grand retour dans une version unrated pour dézinguer les méchants

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Avec enthousiasme je continue mon marathon filmique au BIFFF !

Ce samedi 11 avril il y a énormément de monde au festival notamment pour les deux films de 19h30 et de 21h30, Nirvanna et Pinocchio, pour lesquels on frôle le sold out, et voir de longues files s’étaler presque jusqu’à l’entrée du Palais 10, ça fait plaisir à voir.

A 19h30, j’attend avec impatience ce qui est un des films préférés des organisateurs, deux ans qu’ils essaient de l’avoir pour le festival, et cette fois c’est chose faite :

NIRVANNA THE BAND THE SHOW THE MOVIE de Matt Johnson (Canada – 2025)

Depuis 17 ans, Jay (McCarrol) et Matt (Johnson) tentent de décrocher un concert au Rivoli, la plus belle salle de spectacle de Toronto. Pendant tout ce temps, ils ont été suivis par une équipe de tournage qui a filmé sans relâche leurs tentatives de plus en plus folles, frénétiques et désespérées pour monter sur la scène du Rivoli. Même un spectaculaire saut en parachute depuis la Tour CN vers le SkyDome tourne mal, et tout espoir semble perdu. C’est alors qu’entre en scène une obscure boisson gazeuse canadienne qui semble avoir le pouvoir d’alimenter une machine à remonter le temps. Nos deux amis retournent en 2008 et découvrent alors une opportunité inouïe pour se réinventer….

Nirvanna the Band the Show the Movie (2025/2026) a reçu un accueil critique exceptionnel partout où il a été projeté et a été souvent qualifié de l’une des meilleures comédies de l’année.  Le film est un mélange unique de documentaire factice, de caméras cachées et d’une intrigue de voyage dans le temps qui pastiche ouvertement Retour vers le futur.

Le montage du film est impressionnant car il intègre des images réelles de 2008 (issues de la websérie originale) avec des scènes tournées en 2023-2024, créant une expérience de voyage dans le temps magique et techniquement bluffante.

Matt Johnson est un véritable maître du chaos, un magicien de l’humour pince-sans-rire. Et quand on sait que les cascades sont réelles, dont celle à la tour CN qui a été réalisée sans permis, on ne peut qu’être admiratif de la démarche folle de ces deux compères.

Au-delà des gags absurdes, et des situations cocasses on peut louer le film pour sa sincérité et son exploration touchante de l’amitié de longue date entre les deux hommes.

Pour la BO du film ils utilisent des morceaux originaux de Retour vers le futur, dans le cadre d’un pastiche assumé de la trilogie comme The Power of Love et Back In Time de Huey Lewis & The News, ainsi que le célèbre score orchestral d’Alan Silvestri et le Johnny B. Goode » de Chuck Berry.

Dans le film, Matt Johnson s’adresse même directement à nous pour évoquer les risques juridiques liés à l’utilisation de ces propriétés protégées par le droit d’auteur car en effet ils ont intégré ces éléments sans demander de permission officielle. Ils s’appuient sur le concept juridique que l’utilisation de ces musiques est essentielle à la narration et à la parodie pour raconter leur propre histoire de voyage dans le temps.

On rit beaucoup et on se régale des aventures de ces deux passionnés totalement barrés mais tellement sympas qu’on passe un super moment en leur compagnie.

Nirvanna the Band the Show the Movie est une pépite de film à voir et à revoir, en espérant une sortie un jour en bluray et sur les plateformes.

Jubilatoire !

Note : 18/20

Ensuite à 21h30, c’est une première mondiale en présence de toute l’équipe de:

PINOCCHIO UNSTRUNG de Rhys-Frake Waterfield

Las de voir son petit-fils James malheureux comme les pierres, Gepetto décide de lui offrir l’une de ses dernières créations, une marionnette en bois dénommée Pinocchio. Non seulement, elle marche sans piles mais elle est littéralement vivante ! Mieux qu’un chiot, Pinocchio devient le meilleur ami de James, mais il se rend compte qu’avec sa gueule de bois, il manque cruellement de chair pour être tout à fait comme le petit James. Evidemment, les alternatives socialement acceptées comme une bonne rhinoplastie ou de la chirurgie esthétique, il ne connaît pas. Alors Pinocchio va se servir tout seul, à l’ancienne. Et sans anesthésie…

Il s’agit d’un film d’horreur de type « slasher » appartenant au Twisted Childhood Universe, le même univers que Winnie-the-Pooh: Blood and Honey et réalisé par Rhys Frake-Waterfield, connu pour ses réinterprétations sanglantes de contes classiques. Le réalisateur nous promet une version sanglante avec un nombre élevé de morts et une utilisation massive d’effets spéciaux pratiques pour le gore.

Mouais, déjà Winnie-the-Pooh j’avais pas du tout accroché à ce concept de conte déconstruit ( après la notion de l‘homme déconstruit, c’est dans l’air du temps ! ) et j’étais donc plutôt réticent à aller voir le film, mais vu qu’un certain public l’attendait avec impatience j’y suis allé pour le bien de la Gazette du BIFFF.

(C) Jean-Pierre Vanderlinden

Et la projection a été intense au Palais 10 du Heysel, installant parfois un malaise réel dans le public pendant la séance à cause de la cruauté de certains meurtres, tandis que conjointement des applaudissements saluaient les scènes les plus sanglantes. La mise en scène et le montage de Rhys Frake-Waterfield restent fidèles à son style habituel et donc efficaces pour les amateurs de slasher pur et dur.

Quand à l’histoire détournée et les personnages assez moches et malveillants ( la palme revenant à Jiminy Cricket dont la voix est celle de Robert Englund), inutile de vous dire que je n’ai pas du tout aimé ce film considéré d’ailleurs comme le plus méchant et le plus sanglant du Twisted Childhood Universe à ce jour. Je me suis même souvent ennuyé dans cette suite de meurtres illustrant un scénario qui pourrait tenir sur un ancien ticket de métro français.

Raison pour laquelle je n’ai mis au film que la moyenne, ce qui n’est bien entendu qu’un avis totalement subjectif, les amateurs de la franchise auront très certainement un point de vue bien plus enthousiaste que le mien.

Pour ma part je retournerais bien voir le dessin animé de Disney, j’aime les slashers, mais je n’aime pas qu’on touche aux contes de mon enfance qui m’ont fait rêver.

Oui je sais je suis pénible !

Note : 10/20

Ce samedi soir c’est « The Night «  au BIFFF et surtout la projection en ouverture de la nuit du très attendu :

THE TOXIC AVENGER UNRATED de Macon Blair (USA -2023)

Winston apprend qu’il est atteint d’une maladie terminale. Lorsqu’il demande de l’aide financière à son patron tyrannique pour payer son traitement, celui-ci se moque de lui et le licencie. Désespéré, Winston tente de voler l’entreprise, mais il tombe accidentellement dans une cuve de déchets toxiques hautement instables. Au lieu de mourir, il subit une mutation monstrueuse. Il développe une force surhumaine et une apparence hideuse, mais il acquiert aussi une mission : se venger de ceux qui l’ont lésé. Armé d’une serpillère incandescente, Winston devient le Toxic Avenger.

Le film est une véritable « lettre d’amour » aux années 80. Il conserve l’humour potache, le gore excessif et le ton irrévérencieux de l’original de chez Troma tout en bénéficiant d’un budget plus important.

Peter Dinklage est excellent dans le rôle de Winston Gooze (le futur Toxie),  en apportant une touche d’humanité inattendue à son rôle. Kevin Bacon et Elijah Wood sont également impeccables dans leurs interprétations excentriques de méchants corporatistes.

Le film transpose la satire originale à une époque moderne, en s’attaquant à la cupidité des entreprises pharmaceutiques et aux problèmes d’accès aux soins aux USA. 

Il est clair que  le film ne plait sans doute pas à tout le monde à cause de son humour particulier et sa violence graphique qui pourrait être repoussante pour certains spectateurs non avertis. Personnellement étant fan des productions Troma j’adore le déluge de sang humoristique qu’il propose, si énorme qu’il en devient risible.

The Toxic Avenger Unrated est un choc visuel extrêmement jouissif , dommage qu’il ai eu une vie courte au box-office mondial (environ 3,4 millions de dollars), mais en revanche il est devenu un succès critique majeur dans le milieu du cinéma de genre. Et c’est très bien comme ça.

Note: 15/20

La Gazette c’est fini pour cette fois, et on se retrouve bientôt pour un nouveau numéro de la Gazette du BIFFF.

Restez branchés !

Jean-Pierre Vanderlinden

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