Avec Inferno, le cinéaste autodidacte Brandon Gotto plonge au cœur des zones les plus sombres de la société belge, en s’inspirant librement des affaires Marc Dutroux et Michel Fourniret.

À travers le parcours d’une enquêtrice marquée par les abus et prête à franchir les limites de la loi, le film explore les failles des institutions, la violence systémique et la tentation de la justice personnelle. Tourné avec des moyens modestes mais une exigence artistique assumée, Inferno s’inscrit dans une démarche viscérale et sans concession, refusant le sensationnalisme au profit d’un réalisme cru, dérangeant et profondément humain.
« Mon idée était d’affronter et d’explorer les ténèbres. Je voulais revenir aux fondamentaux du polar, avec un aspect sociétal très cru, très réaliste. » — Brandon Gotto
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Dans Inferno, Margaux Colarusso incarne une flic confrontée à une justice lente, frileuse, souvent incapable de protéger les victimes à temps. Pendant que les dossiers stagnent et que les procédures s’éternisent, Mathilde avance seule, poussée par l’urgence et la colère. À travers elle, Brandon Gotto pointe une institution paralysée, où l’inaction devient parfois une forme de complicité silencieuse.

C’est là qu’on reconnaît surtout le style de Brandon Gotto : un cinéma proche du réel, qui montre les lenteurs, les silences et les ratés du système sans les enjoliver. Dans Inferno, cette approche donne un polar tendu et direct, qui parle autant du monde d’aujourd’hui que de son intrigue.

💬 « C’est une production complètement indépendante, sur fonds propres, c’est l’histoire de la débrouille. »
— Brandon Gotto

Chez Brandon Gotto, la force visuelle ne passe pas par le spectaculaire, mais par la texture. Dans Inferno, comme dans ses films précédents, l’image demeure granuleuse, imparfaite, presque rugueuse, assumant pleinement ses origines indépendantes, tout en gagnant ici en clarté et en respiration.
Plus lumineux, plus ouvert dans ses contrastes, le film exploite davantage les éclairages naturels et les espaces, sans jamais perdre sa dureté. Les décors bruts, les cadrages resserrés et le travail sur la matière visuelle installent un sentiment de réel immédiat, tandis que les effets photographiques et les légères distorsions deviennent de véritables vecteurs d’émotion. Les tourments intérieurs des personnages s’inscrivent alors directement dans l’image, révélant une évolution plus ample, plus sensible et plus maîtrisée du langage visuel de Gotto.