Crocotte dit non ou pleure, voilà une nouvelle héroïne crocodile pour mettre des mots sur nos émotions et le monde autour de nous

© Colaneri chez Les Arènes

À l’instar du loup, même des crocoloups, le crocodile lui aussi est devenu une figure familière des albums jeunesse. Du prédateur au héros voire à la victime du monde parfois incompréhensible qui l’entoure, de ses émotions… Comme des petits enfants. Dans la nouvelle collection Les Petits Carrés des Éditions Les Arènes, voilà Crocotte, créée par Giovanni Colaneri. Si elle pleure ou qu’elle dit non, c’est qu’il y a une bonne raison. Cherche et trouve.

Tout-carton, avec une tranche verte fluo et un dessin qui utilise des formes et des couleurs vives, du Michel Gondry pour le premier âge presque, Crocotte touche très vite les enfants parce que son univers parle leur langue, leur expression graphique.

© Colaneri chez Les Arènes

Pour ces deux premiers tomes, l’auteur napolitain Giovanni Colaneri ne s’encombre pas de faire les présentations, nous sommes directement dans le vif du sujet, suivant au quotidien Crocotte, son doudou et ses amis. Et ses émotions primaires. Tristesse, colère.

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Dans Crocotte dit non!, la petite crocodile semble s’être levée du mauvais pied. Elle dit non à tout, pour tout. Parents, copains, chauffeur du bus, même à son instituteur, sous les yeux médusés de ses amis-maux: éléphants, lapins, girafes… La vie va tellement mieux quand on dit oui mais Crocotte a un souci. Un doudou qu’elle n’a pas trouvé ce matin, un petit manque de câlin. Et tout ira mieux pour dire non aux nons! Et à la fin du livre, il y a un petit jeu pour retrouver dans chaque page le doudou-fleur de Crocotte qui était bien là, partout avec elle même si elle ne le voyait pas.

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Dans Crocotte pleure, l’auteur va un peu plus loin que l’histoire linéaire pour proposer, au fil de cette triste journée de Crocotte, une variation autour des significations du mot « pleurer ». Parce qu’on est triste ou joyeux, parce qu’on éprouve de l’émotion ou qu’on épluche les oignons. Même les saules sont pleureurs. Sans parler des gros nuages gris. Pleurer, ça fait parfois du bien, et ce n’est pas toujours négatif. Dans le vaste monde, ici, Crocotte avait juste perdu (de vue, inondée) ses amis, le lapin et l’oiseau rose. Pourtant, eux aussi, le petit lecteur s’apercevra qu’ils étaient partout depuis le début du livre.

© Colaneri chez Les Arènes

Depuis que nous avons les deux albums de Crocotte à la maison, ma Naolyne demande souvent à les lire ou à les regarder tranquilement dans son coin. Pari gagné pour ces premiers petits carrés.

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À lire chez Les Arènes (Coll. Les Petits Carrés).

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