
À tout juste 77 ans, Claude Ponti continue de faire rêver plusieurs générations de lecteurs de ses albums au style et au bestiaire uniques. Dernière sortie en date, le bien nommé Est-ce qu’on voit mieux les rêves si on dort avec ses lunettes qui recueille les planches réalisées par Claude Ponti en réponse à 49 questions d’enfants posées dans Philosophie Magazine. Dissertation par le dessin, la créativité et l’absurde.

Résumé de Est-ce qu’on voit mieux les rêves si on dort avec ses lunettes par L’école des Loisirs : – Pourquoi les parents disent des gros mots et nous interdisent d’en dire ? – Est-ce que quand on est mort, c’est pour la vie ? – Est-ce que l’abeille sait qu’elle est une abeille ? Dans cette compilation des chroniques parues dans Philosophie Magazine, Claude Ponti répond avec sincérité, finesse et humour à toutes les questions pertinentes que se posent les enfants.

On adore les mots d’enfants, leurs réponses mais aussi leurs questions. Et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours. Ponti ne fait l’économie d’aucun des deux, et il n’est pas connu pour sa concision, plutôt pour sa générosité et cette manière de s’étaler de manière prolifique, par le dessin et les mots, les inventions dans l’un et dans l’autre.

Voilà donc le plus grand des grands enfants qui éclaire la lanterne des plus petits sur des interrogations tous azimuts. À commencer par « Pourquoi toutes les questions commencent par pourquoi? » (Manon, 5 ans) la barre est haut dès le départ.

Claude Ponti a carte libre mais est limité à une page (en un dessin ou en plusieurs strips) et quasiment exclusivement à ses personnages souris pour (tenter de) répondre à toutes les « devinettes » de ces jeunes lecteurs, ayant entre trois ans et demi et dix ans. Oh, les réponses décapantes de poésie, sautillantes et enfantillantes, implacables de logique, sont inédites et certainement pas référencées dans un quelconque dictionnaire. Si ce n’est donc dans ce petit Ponti illustré qui transforme chaque exercice en expérience de lecture et de vision singulière. Masterclass.

Dès 5 ans, à (se faire) lire chez L’école des Loisirs.

