« Hors Antenne » de James Deano, un one man show jouissif, grinçant et impertinent mais jamais méchant, à voir de toute urgence !

Après avoir marqué le monde musical et télévisuel, James Deano revient à la scène au Théâtre de la Toison d’Or avec un spectacle seul en scène intitulé Hors Antenne. Accrochez vous m’sieurs-dames, ça va faire mal avec un show absurde et provocateur au flow rythmé !

Entre coups de griffe et punchlines assassines, l’artiste n’épargne personne et prouve à ceux qui en doutent encore qu’on peut rire de tout et avec tout le monde dans un bon esprit quand la méchanceté est absente des propos et que la bienveillance chapeaute le tout.

Grinçant et impertinent, oui, méchant jamais !

(c) Photo Lou Verschueren

Héritier d’une génération 80’s qui a vu briller les Desproges, Coluche ou Timsit. James Deano aborde des thèmes délicats, comme les funérailles, le sexe, son physique, le milieu de la télé, s’attarde sur le choix des noms de Passe Partout et Passe Muraille de Fort Boyard, égratigne gentiment ses amis comme Jérôme de Warzée dans le sens qui aime bien châtie bien, du Grand Cactus, bousculant les spectateurs qui lors de ce soir de première ne savent pas vraiment où il va les emmener.

Mais rassurez vous, passé les premières minutes d’étonnement face au style Deano, libre et espiègle et qui casse les codes, vous profiterez de sa liberté de ton pour rire franchement et sans culpabilité de répliques empreintes d’humour noir souvent jubilatoires, comme il le ferait entre amis dans son salon.

Françoise, évite de mettre des collants léopard quand tu vas nourrir les antilopes, ça met une mauvaise ambiance dans le troupeau !

(extrait du sketch sur le Zoo de Vincennes)

Deano c’est aussi un rappeur- chanteur qui parsème son spectacle de quelques chansons interprétées à la guitare issues de ses albums, et dont les textes sont bien plus profonds qu’on le pense.

Ce soir de première, le public a mis du temps à se lâcher, séduit par le spectacle mais toisant souvent les réactions ses voisins avant de s’autoriser à rire de répliques irrésistibles que l’on a malheureusement plus souvent l’occasion d’entendre aujourd’hui dans une société qui a tendance à polémiquer pour tout et rien, et à lisser tout ce qui peut contrarier un tant soit peu la sensibilité de chacun. Mais passé ce cap qui tient plus de la surprise que d’autre chose, les rires ont fusés et la fin du spectacle rassembleuse a mis tout le monde d’accord.

James Deano c’est un humour jouissif qui fait mouche, qui décape parfois, mais orné également d’une belle dose d’autodérision, car charité bien ordonnée commence par soi-même.

Il déclare aussi beaucoup jouer avec les silences qui suivent certaines de ses répliques, laissant aux spectateurs le temps matériel de s’en imprégner et de réfléchir par eux même. Un libre arbitre qui témoigne d’un grand respect du public qui est assez malin que pour avoir son propre avis sans formatage quelconque.

J’aimerais que les silences que j’impose au public après certaines répliques, soient perçus comme faisant réellement partie de l’écriture du spectacle

( James Deano / 2025)

On rit beaucoup dans ce spectacle, on rit franchement, et nul doute que lorsque le bouche à oreilles aura fonctionné et que le public prendra conscience de ce qu’il vient voir et où il met les pieds, il ne regrettera certainement pas d’avoir fait le déplacement pour venir applaudir un humoriste sincère qui utilise peu de filtres mais qui interpelle intelligemment sur des sujets qui peuvent être tabous pour certains, mais sont tout simplement les choses de la vie.

(C) TTO

Lorsque Deano aborde des sujets délicats il n’est jamais vulgaire mais toujours juste, et chaque vanne est très vite désamorcée par un sourire amusé et espiègle de l’humoriste qui se régale d’observer la réaction du public. Car il y a aussi chez Deano une certaine gestion du rythme, venant du musicien qu’il est, un rythme important dans le déroulé du spectacle.

Hors Antenne est un spectacle à voir de toute urgence, une respiration dans un monde trouble et difficile dont le seul but est d’être un pur divertissement dénué de toute méchanceté et de toute supériorité.

Un grand moment avec un fou du roi qui fait son job avec énormément de talent sur les planches du Little TTO (Théâtre de la Toison d’Or) du 20/11 au 31/12 du jeudi au samedi à 20h30.

Jean-Pierre Vanderlinden

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.