Anvers 13 novembre. Le Lotto Arena a tremblé ce mercredi soir alors que Marilyn Manson faisait son retour sur la scène belge pour un concert aussi attendu qu’intense.

Devant une foule compacte et déjà chauffée à blanc avant même l’extinction des lumières, l’icône du rock industriel a livré un show sombre, théâtral et furieusement efficace, rappelant à tous pourquoi son nom reste indissociable des performances live extrêmes.
Peu après 21h, une pénombre oppressante s’abat sur la salle, interrompue par une lueur rouge sang et le grondement d’un son menaçant. Quand Manson apparaît enfin, silhouette imposante sur fond de fumées denses, l’arène explose.

Le premier morceau, une version massive et étirée de Nod If You Understand sert de détonateur : riffs martelants, batterie sèche, et un public d’emblée conquis. Disposable Teens marque ensuite le premier moment fort de la soirée.
Très en voix, même si celle ci est parfois un peu trop sous mixée sur certains titres, passant d’un grave guttural à des cris maîtrisés, Marilyn Manson semble avoir retrouvé une énergie que certains croyaient altérée par les années. Sur scène, il reste cet animal imprévisible, alternant immobilité glaciale et mouvements saccadés, presque chorégraphiés.
Entre deux titres, il s’adresse au public avec un mélange de provocation et d’humour noir, déclenchant rires et acclamations. Anvers lui répond avec une ferveur rare, scandant son nom et reprenant les refrains en chœur.

Le concert déroule un mélange de classiques et de morceaux plus récents, construisant une ambiance en montagnes russes : Disposable Teens envoyé comme un uppercut, Sweet Dreams en version encore plus inquiétante que l’originale, mOBSCENE, véritable hymne fédérateur constituent des moments forts,
Au menu également Angel With the Scabbed Wings, Great Big White World , One Assassination Under God, This Is the New Shit , Long Hard Road Out of Hell, Sacrilegious, The Dope Show précédé d’un petit speech de Manson déclarant « I don’t like the drugs, but the drugs like me », As Sick as the Secrets Within, et un énorme The Beautiful People devant une foule déchaînée.

Et puis en premier rappel le public a droit à l’inquiétant Tourniquet interprété dans une atmosphère rituelle, quasi cérémonielle du haut de ses échasses.
Chaque titre bénéficie d’une scénographie différente : jeux de lumières agressifs, projections stylisées, changements de costumes rapides mais marquants.

L’Arena retient son souffle. Puis, comme pour briser cette tension, le final repart en furie avec en deuxième rappel et un Coma White envoûtant et explosif qui clôt la soirée dans un déluge de lumières, de fumées et de guitares saturées.
Marilyn Manson a livré au Lotto Arena un concert dense, intense, presque cathartique. Entre scénographie spectaculaire, interprétation habitée et communion avec un public déchaîné, cette date du 13 novembre restera dans les mémoires comme l’un des moments forts de la saison rock à Anvers.
Nous avons vécu un show à la fois dérangeant, fascinant et résolument spectaculaire — bref, du Manson dans toute sa puissance scénique, comme on l’aime.
Jean-Pierre Vanderlinden
(pas d’accréditation ni de pass photo autorisés pour cet événement, les photos ont été prises des gradins avec un appareil photos compact)














