Glenn, naissance d’un prodige : le biopic théâtral étonnant d’un génie atypique et tourmenté

Au Théâtre Royal des Galeries, la pièce de théâtre Glenn, naissance d’un prodige met en scène la vie extraordinaire et tragique de Glenn Gould, l’un des plus grands pianistes du XXe siècle. Avec Thomas Mustin (Mustii) dans le rôle-titre, cette production mérite tout votre intérêt.

©Isabelle De Beir

La mise en scène de Fabrice Gardin est sobre et élégante, permettant aux comédiens de briller sur scène. L’équipe artistique, composée de Margaux Frichet ( Jessie Greig secrètement amoureuse de Glenn et éconduite), Bruno Georis ( le père de Glenn), Manuela Servais ( la mère de Glenn ), Robin Van Dyck (Ray Robertson) , Arnaud Van Parys ( Walter Homburger l’imprésario de Glenn) et Mustii, offre une interprétation remarquable, avec des performances particulièrement touchantes.

Il faut souligner notamment la prestation de la remarquable Manuela Servais dans le rôle de la mère de Glenn, personnage qui porte en grande partie la pièce sur ses épaules, car sans cette mère implacable, dure et étouffante, Glenn Gould ne serait pas Glenn Gould.

©Isabelle De Beir

Tous les comédiens sont impeccables dans leur rôles respectifs, Mustii n’ayant pas la tâche la plus simple, car incarner Glenn, artiste dont on dit qu’il aurait pu être autiste asperger n’est pas chose simple. Son personnage est un génie, certes, mais est loin d’être sympathique. Misanthrope, paranoiaque, mysophobe, frileux, l’homme n’est pas vraiment attachant. Pas simple donc de séduire le public avec ce genre d’individu, et il s’en tire bien.

©Isabelle De Beir

L’histoire de Glenn Gould est celle d’un génie musical, mais aussi d’un homme fragile et tourmenté. La pièce explore les relations complexes entre Glenn et sa mère, qui l’a poussé à devenir le pianiste qu’il est devenu, mais qui l’a également étouffé et empêché de vivre une vie normale.

La musique de Bach est omniprésente dans le spectacle et la scénographie de Lionel Lesire est simple, mais efficace, et les jeux de lumière de Félicien Van Kriekinge ajoutent une touche émotionnelle à la pièce.

©Isabelle De Beir

Les points forts de cette création d‘Ivan Calbérac sont sans nul doute le casting épatant et la mise en scène, les points faibles étant quelques longueurs et moments où l’action ralentit, mais dans l’ensemble on passe un bon moment.

Si vous aimez la musique classique et le théâtre, ne manquez pas cette occasion de découvrir cette pièce étonnante qui se joue au Théâtre Royal des Galeries jusqu’au 23 novembre.

Jean-Pierre Vanderlinden

 

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