
Après un mauvais départ de cette collection Spirou et Fantasio classique empêtrée dans La Baie des Cochons de Barril, Lemoine et Elric, Fabrice Tarrin (aussi actif avec autant de bonheur du côté d’Astérix) revient aux affaires pour son troisième Spirou. Après Yann puis Neidhardt (qui reviendra pour le quatrième), c’est cette fois le trublion Lewis Trondheim qui s’y colle pour nous emmener sur la piste d’un possible Eldorado. J’espère que vous avez votre anti-scorpion!
Résumé de Spirou et Fantasio Classique – Le trésor de San Inferno par Dupuis : Fantasio ayant encore flairé un nouveau scoop, voilà nos deux compères en route pour San Inferno, village isolé d’Amérique centrale. Et une fois n’est pas coutume, Seccotine ne tarde pas à pointer le bout de son nez… Mais dès leur arrivée, rien ne se passe comme prévu : un homme au sombrero sombre, Rodrigo, leur enjoint de partir, menaçant. Les voilà prévenus. Dans les catacombes, la femme du maire les conduit à sa découverte : un squelette qu’elle pense être celui d’un extraterrestre. Plus étrange encore, à son cou, est accroché un médaillon sur lequel figure un drôle de plan à décrypter…

Dès la première page, les premières cases, la magie opère, on est contents de retrouver ce bon vieux Tarrin. Le naturel fait dessin, entre nostalgie vintage (dans l’esthétique mais aussi les couleurs et leurs aplats ambiançants qui rappellent les premiers Lucky Luke) et modernité. La classe plutôt que le copier-coller de l’âge d’or franquinesque, omniprésent tout de même.


Alors ce Trésor de San Inferno? C’est une farce! Encore un plan foireux d’un Fantasio qui ne compte pas pour autant le partager si ce n’est avec son fidèle Spirou et le Marsupilami (qui va avoir un sacré coup de mou malgré un coup de potion magique). Même pas Spip qui a été oublié (?) à la maison, sans explication. Par contre, Seccotine, comme par hasard qui rend hagard notre grand reporter, est de la partie. Grrrr, Fantasio pourrait la laisser se dessécher dans le désert centro-américain mais c’est sans compter le coeur sur la main de son coéquipier.

Voilà donc la joyeuse bande, certains plus surexcités que d’autres, qui arrive dans ce drôle de village qu’est San Inferno. Le meilleur endroit, il est vrai, pour cacher un trésor, car il n’y a rien: en plein dans le trou du cul du monde, avec une grotte-catacombes qui renforce cette impression. Ici, on survit, avec peu d’eau, peu de vivres mais la méfiance de certains habitants borderlines. Protégeraient-ils le magot, un secret?

Si le dessin de Tarrin nous régale et en fait voir de toutes les couleurs et grimaces aux personnages, on tourne malheureusement vite en rond dans ce huis clos qui pèche par son unité de lieu assez pauvre une fois le cadre planté et par son manque de rebondissements. En fait, on a connu Trondheim plus et mieux inspiré, cet album est une histoire courte qui aurait traîné en longueur, les rebondissements sont assez artificiels.


C’est dommage et pourtant le plaisir est tout de même beaucoup plus présent que dans le premier opus de cette collection décidément inégale (même si l’officieux n°0, Spirou chez les Soviets, était un régal).
La suite? Exit Zorglad qui devait être signé par la même équipe que La baie des cochons (Barril, Lemoine et Elric) qui n’apparaît plus dans le listing en fin d’albums. Par contre, place à un Spirou à nouveau extra-terrestre avec Opération Lune par Fred Neidhardt, Cédric Ghorbani et Fabrice Tarrin.

À lire chez Dupuis.

Pourquoi Spip n est pas dans l album ??
Pourquoi Spip le compagnon de spieou n est pas dans l album le tresor de San Inferno ?