
Ah les cheveux, que faire avec tous ces cheveux que ma fille met en bouche, ensable, emberlificote autour de ses doigts. Des cheveux qui se coincent aussi dans le noeud du bavoir ou sous les épaulettes du siège auto, sous le regard démuni de son papa maladroit. Mais qu’est-ce qu’ils sont beaux ses cheveux. Alors, on a vite compris la déconvenue de M. Fiorello qui, du jour au lendemain, a perdu toute sa toison, sauf trois petits brins, tout maigrelets. Quasi-chauve, son image de lui a changé. Le début d’une nouvelle vie.

Résumé de Les cheveux de M. Fiorello par Les 400 Coups : Lorsque M. Fiorello commence à perdre ses cheveux bouclés dont il est si fier, il est complètement bouleversé. Surtout lorsqu’il réalise que trois indomptables résistent et attirent l’oeil sur son crâne maintenant chauve. Il tentera alors tout pour s’en débarrasser, sans succès. Mais peut-être est-ce exactement ce dont M. Fiorello a besoin pour ouvrir ses horizons et laisser place à de nouvelles pousses… Et s’il suffisait de lâcher prise pour mieux s’épanouir?
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Dans cet album multicolore, qui fait contre mauvaise fortune coiffeur, euh… bon coeur, Cécilia Ruiz (traduite par Marie-Andrée Dufresne) prend son temps pour déployer, défriser son histoire, avec 56 pages d’images aux tons et teintes doux, passant de la tristesse à non pas la résignation mais l’acceptation, le lâcher-prise, l’acceptation de soi. Et ça, c’est un boulot de tous les jours, parce que le temps court et notre apparence change. Caresse et réconfort.

Cet album annoncé comme ludique et philosophique, il me laissait un peu circonspect. Je pensais que le thème allait passer par-dessus de la tête de ma bambine (bientôt 3 ans, donc sans doute encore un peu jeune pour cette lecture). Juste un balayage? Non, force est de constater qu’elle a accroché à cet album aux dessins et couleurs magnifiques, avec du grain, de la vie, du mouvement et finalement beaucoup de sérénité. Puis, quitte à voir les choses de manière positive, le temps que passait M. Fiorello à prendre soin de son cuir chevelu, il va pouvoir l’utiliser pour un autre passe-temps. Surprise en fin de livre!

Dès 4 ans, à lire chez Les 400 Coups.


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