L’enterrement de Papigène: et si les enfants, leur folie et leur poésie, étaient là pour nous apprendre à ne pas être triste, à envoyer valser la mort?

© Esther Bacot chez Cépages

Bénabar posait déjà la question dans son inénarrable Fou rire à un enterrement, est-on obligé de tirer la gueule et les larmes pour dire adieu à un proche? Avec L’enterrement de Papygène, Esther Bacot profite de l’insouciance sans-gène et salvatrice d’un arrière-petit-fils pour dynamiter le cérémonial et rendre le meilleur hommage, le plus ressemblant, au défunt.

Résumé de L’enterrement de Papygène par Cépages : C’est l’enterrement d’Eugène, 94 ans. Son arrière-petit-fils refuse net de porter un costume noir : il mettra une robe, aussi fleurie que le jardin de Papigène ! Au cimetière, l’enfant cause un certain désordre dans la cérémonie. Papigène va vraiment finir parmi toutes ces pierres ? Le petit rebelle est rappelé à l’ordre par deux anciens compagnons d’armes d’Eugène : personne ne doit manquer de respect à un héros de guerre !
Mais l’hommage sincère rendu par le jeune garçon aux talents de jardinier de son cher Papigène l’emporte, jusqu’à faire oublier la guerre et couvrir le cimetière d’un tapis de fleurs…

© Esther Bacot chez Cépages

À quel âge peut-on assister à un enterrement? La question reste en suspens, comme la balance entre le dernier au revoir qu’on voudrait laisser dire à nos mômes et la froideur de la mort qui pourrait les effrayer, leur trotter dans la caboche. Chez nous, un oiseau ou une grenouille trouvés sans vie dans le jardin ont déjà donné matière à cauchemarder à mon mini-chou.

© Esther Bacot chez Cépages

Esther Bacot, elle, aime les tournures iconoclastes (nous l’avions déjà remarqué avec Chez Nonna), qui sèment la joie sans sommation. Car outre les bobards sur la mort auquel le jeune héros ne croit pas, il compte bien offrir à son papi une sépulture digne de ses passions. Il était plutôt fleurs que fusil, avec lequel il s’était embourbé, contraint, en Indochine.

© Esther Bacot chez Cépages

Oui, il aimait les tulipes, la joie, les couleurs, et voilà qu’on veut l’enfermer entre quatre pierres austères. Alors, ni une ni deux, la relève fait pousser des tulipes partout, pour ensevelir les graviers. N’en déplaisent à ceux qui, sur les groupes Facebook, diront que c’est une honte de ne pas entretenir le cimetière. Pourtant, c’est tellement vibrant un lieu de recueillement rempli de fleurs. Dans ce voyage tourbillonnant au fil des souvenirs exotiques de Papy et le combat mené par un petit garçon en robe, volontairement pas noire, pour faire de la mort une fête, une folie, nous voilà cueilli.

© Esther Bacot chez Cépages

Dès 5 ans, à lire chez Cépages.

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