La Comédie Claude Volter, un lieu emblématique du théâtre bruxellois , accueille actuellement une production captivante de la célèbre pièce de Molière, Le Malade imaginaire. Sous la direction de Michel De Warzee, cette adaptation promet de raviver l’esprit comique et critique de l’œuvre tout en offrant une expérience théâtrale moderne et accessible.
Écrite en 1673, Le Malade Imaginaire est l’une des dernières œuvres de Molière, qui mêle habilement comédie et satire sociale, un Molière qui mourut le 10 février 1673, à l’issue de la quatrième représentation. La pièce raconte l’histoire d’Argan, un hypocondriaque obsédé par sa santé, qui se laisse manipuler par les médecins et son entourage. À travers ce personnage, Molière dépeint avec humour les travers de la médecine de son époque et les relations familiales, tout en questionnant la nature de la maladie et du bien-être.

Sous la houlette de Stéphanie MORIAU, la mise en scène de cette production se distingue par son approche dynamique et inventive. Jamais l’humour de Molière n’a été aussi bien mis en valeur dans ce classique intemporel, et on jubile réellement face à cette mise en scène formidable et devant le jeu formidable d’une distribution impeccable. Michel DE WARZEE, est connu pour sa capacité à réinterpréter les classiques, et il réussit à insuffler à son personnage d’Argan une nouvelle vie, tout en respectant son essence. Sa truculence et son sens inné de la scène et du ton en fait un malade épatant !

Et que dire de Stéphanie MORIAU qui à chaque fois me ravit par son sens incroyable de la scène et son talent tant comique que tragique à se fondre littéralement dans les rôles qu’elle interprète. Son incarnation de Toinette est irrésistible.
Et puis il y a le reste de la distribution composée d’ Alexandre von SIVERS, Lara BEYER, Cyril COLLET, Marcel DELVAL, Bruno GEORIS, Karin CLERCQ, Nicolas VANDERSTRAETEN, Bernard d’OULTREMONT, et, en alternance les enfants Juliette de WARZEE et Lily GRAND, admirable ce soir là.

Au-delà de la comédie, Le Malade Imaginaire soulève des questions profondes sur la santé, la peur de la maladie et la quête de l’amour. La pièce invite les spectateurs à réfléchir sur leur propre rapport à la santé et à la médecine, tout en offrant une critique acerbe des pratiques médicales et des charlatans qui en profitent. Comme toujours Molière était en avance sur son temps par sa lucidité et son sens unique de la critique sociale au travers de l’humour le plus désopilant.
Grâce à cette mise en scène audacieuse et un casting talentueux, cette adaptation du Malade Imaginaire de Molière n’est ni plus ni moins que la meilleure à laquelle il m’ait été donné d’assister, et j’ai dû en voir six ou sept dans ma vie, et portées par des acteurs prestigieux. Celle ci se déguste comme un bonbon acidulé qu’on laisse lentement fondre en bouche pour un saisir toutes les saveurs.

Que vous soyez un fervent admirateur de Molière ou un novice en quête de découvertes théâtrales, ne manquez pas cette expérience unique qui célèbre l’un des plus grands dramaturges de la langue française.
La Comédie Claude Volter n’est peut être pas le plus grand théâtre de Bruxelles en matière de capacité de spectateurs, mais on y revient toujours avec bonheur, et qualitativement elle est indispensable à la survie et à la mise en lumière d’un théâtre intemporel, classieux et indispensable.
Bravo !
Jean-Pierre Vanderlinden
Infos et réservations : https://comedieroyaleclaudevolter.be/
