John Cale, l’icône de la musique avant-gardiste et co-fondateur du légendaire groupe The Velvet Underground, a investi la scène du Cirque Royal à Bruxelles lors d’un concert très attendu. Après nous avoir gratifié au début de l’été de son second album en à peine plus d’un an, le très acclamé POPtical Illusion qui succédait à Mercy, John Cale avait mis en place une tournée européenne début 2025 qui passait par la Belgique. C’était donc une chance unique pour ses nombreux admirateurs de retrouver un artiste exceptionnel qui ne cesse de se réinventer
Cet événement fut un moment mémorable pour les fans de sa musique et les amateurs de performances live. Cet artiste aux multiples facettes a depuis ses débuts dans les années 1960 su se réinventer en permanence, naviguant entre rock, musique classique, et avant-garde. Du mythique Velvet Underground au rock frénétique de ses albums Fear et Slow Dazzle, tout autant que via ses talents de producteur mis au service de Patti Smith ou d’Iggy Pop & the Stooges l’homme a su poser les jalons d’une carrière exceptionnelle et inventive.
Cale est reconnu pour son approche innovante de la musique, mêlant des éléments expérimentaux de punk, de post-punk et d’art-rock à des compositions poignantes.
Nous avons donc eu droit à un concert de bonne facture au Cirque Royal, avec un John Cale qui nous a présenté une sélection de ses titres emblématiques ainsi que des morceaux plus récents. Ce fut une performance convaincante et riche en émotions pour les admirateurs de l’artiste où chaque note a résonné avec une intensité unique.
Avec son talent inégalé au piano et à la guitare, et sa voix distinctive, John Cale a su captiver le public, créant une atmosphère à la fois intime et électrisante malgré un statisme peu propice à enflammer la salle. Mais à 82 ans il est compréhensible qu’une certaine réserve se soit installée dans sa gestuelle. Par contre la voix reste bien présente et de qualité.
Le Cirque Royal, avec son architecture magnifique et son ambiance chaleureuse, constituait un cadre idéal pour accueillir un artiste de sa trempe. L’acoustique excellente de la salle permettait à chacun de vivre une belle expérience immersive, où les subtilités de la musique de Cale étaient merveilleusement mises en valeur.
Car John Cale est plus qu’un simple musicien ; il est une légende vivante dont l’influence se fait sentir dans de nombreux genres musicaux. Sa capacité à fusionner des styles et à explorer des thèmes profonds dans ses paroles a inspiré des générations d’artistes.
Avec POPtical Illusion, Cale se pose en musicien de son temps. Il regarde l’histoire récente, se sent bouleversé, fronce les sourcils de dégoût, puis tourne les talons vers l’avenir, sans pour autant savoir ce qu’il va y trouver. Artiste hors du commun, il insiste avec sagesse sur le fait que le changement est encore possible.
Ce concert à Bruxelles fut l’occasion de célébrer non seulement son œuvre, mais aussi son impact durable sur la musique contemporaine.
Au menu de la setlist du soir, Out Your Window, Setting Fires, Company Commander, Rosegarden Funeral of Sores, Cable Hogue, Frozen Warnings, The Long Way Out Of Pain, My Maria, Do Not Go Gentle, Into That Good Night, Chums of Dumpty, Barracuda et en rappel I’m Waiting for the Man , un des classiques de la période Velvet Underground.
Un John Cale collé à son piano qui n’a que peu pris la guitare et qui s’est acquitté avec une certaine bonhommie de la tâche qui lui incombait de combler un public fidèle et connaisseur venu l’applaudir.
Un bon concert sans grandes surprises, mais parfaitement maîtrisé de bout en bout.
Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman









