Le 9 février dernier le Whalll, salle emblématique de la scène bruxelloise, a vibré au rythme des mots et des mélodies du grand Jacques Brel, grâce l’artiste Olivier Laurent. Ce concert promet rendait hommage à l’un des plus grands poètes-chanteurs de la chanson française.
Olivier Laurent n’est pas un artiste comme les autres. Avec son spectacle, il a su s’imposer comme l’un des meilleurs ambassadeurs de l’œuvre de Jacques Brel. L’homme est accompagné sur scène de quatre excellents musiciens, piano, contrebasse, accordéon et batterie.

Chaque concert lui permet de vulgariser l’héritage musical de Jacques Brel, où les classiques tels que Ne me quitte pas, Amsterdam et Quand on n’a que l’amour prennent vie sous la voix d’Olivier.
Au programme du jour, une jolie série de titres comme C’était au temps, Jeff, Au suivant, Les Bigottes, les Vieux, Quand on n’a que l’amour, interprété en prenant les voix de Becaud ,Montand, Brel, Aznavour et Johnny, sans doute le meilleur moment du spectacle ,car il ne souffre d’aucune comparaison, et en tout cas le plus original.
Suivent Je t’ai ramené les bonbons( parodie) , Oh mon amour, Vesoul, La Quête , La Valse à mille temps, le Plat Pays, Madeleine, Ces gens là , Ne me quitte pas et Amsterdam

J’avoue être assez mitigé au vu de ce spectacle d’Olivier Laurent, qui force le trait pour rappeler Brel au niveau des mimiques et des postures souvent exagérées. On est heureux de réentendre de tels titres, mais Olivier n’est pas Brel et souvent on a du mal à comprendre les paroles parfois mangées par l’artiste ( problème de diction sur certains textes hyper rapides?) , comme pour Vesoul dont la version était vraiment bancale au niveau du rythme et du débit, pourtant assez ralenti par rapport à l’original.

En rappel nous avons eu droit à Voir un ami pleurer où Olivier Laurent rajoute à ses côtés un micro supplémentaire et alterne le chant avec la vraie voix de Brel diffusée dans les enceintes.

Le concert au Whalll fut donc un moment riche en souvenirs qui a sans doute ravi les fans de Brel, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, puisqu’ils ont réservé à l’artiste une standing ovation.
Pour ma part j’ai pour ce spectacle un avis plus que mitigé, car certes on redécouvre l’œuvre de Jacques Brel à travers Olivier Laurent, mais ça manque nettement d’intériorité, l’artiste mettant plus l’accent sur le gestuelle que sur l’émotion indispensable pourtant quand on défend l’oeuvre d’un interprète monstrueux de cette envergure.

Et malgré le respect que l’on doit au travail de l’artiste, il faut bien constater que s’attaquer au répertoire de Brel est un défi plus que culotté, car malgré une bonne volonté évidente n’est pas le Grand Jacques qui veut !
Jean-Pierre Vanderlinden
