Et de 30 pour Petit Poilu! Avec ce trentième récit – toujours aussi muet mais expressif et poétique -, le héros de Céline Fraipont et Pierre Bailly se perd, comme d’habitude, en chemin pour trouver la magie de Noël, autour d’un sapin… qui a tout l’air d’une prison. Liberté et captivité sont ici au centre de l’histoire, comme dans bien des contes.

Résumé du tome 30 de Petit Poilu par Dupuis: Tombant dans l’univers froid et glissant du Diable des Neiges, Petit Poilu se voit transformé en boule de décoration pour un sapin de Noël ! Mais être attaché de force au grand arbre pour le plaisir des yeux du diable plaira-t-il à notre petit héros plein de fougue et de vivacité ? Dans ce merveilleux univers de glace, Petit Poilu expérimentera la captivité et, porté par sa fougue et sa détermination, se battra pour retrouver sa liberté !

Les boules outragées, les boules brisées, les boules martyrisées, mais les boules libérées ! C’est Noël et, dans les maisons ou sur les places des villages, les sapins concourent à être le plus beau roi des forêts. Pour ce faire, on ne compte plus les figurines et les boules qu’on y accroche, encore plus quand un bambin y met son grain de sel. Ici, les boules sont en tenue de soirée, radieuses…


… mais sachez qu’il existe un pays, que Petit Poilu va vite découvrir – il lui arrive quand même tout le temps des bricoles -, où les boules sont des être sauvages, libres. Allez, un petit coup de corne magique, des paillettes et voilà, dans une boule à neige (alors qu’il fait chaud et soleil, dehors, nous ne sommes pas tout à fait en hiver), que nous nous frottons au Diable des neiges.

Ah, y’a pas à dire, ce démon maniaque s’applique pour que son arbre brille de mille feux. Mais pour y parvenir, il a dû attraper étoiles, sucres d’orge et autres nœuds comme autant de Pokémon, qu’il a enfermés dans une cage avant de les ligoter aux branches de son conifère.
Forcément, Petit Poilu ne va pas le laisser faire, au risque d’être lui aussi noué entre les épines.

S’ils ont déjà fait goûter la poudreuse et au temps des cadeaux à leur « schtroumpf noir et vert » lors de ses précédentes péripéties, avec ce premier conte de Noël, Fraipont et Bailly reprennent les ingrédients ancestraux du genre tout en ajoutant leur touche tellement poilue et curieuse. Entraide et cascades, cape, épée et courage sont au menu de cette jolie histoire fédératrice et n’ostracisant pas le méchant, quitte a l’aider lui aussi à être heureux sans faire cette fois du mal à autrui. Tout le monde est content, et c’est ce qu’il faut en cette période.

À lire chez Dupuis.
