METAL GIVRANT ! Avec le Nordic Descent Tour et sa triple affiche (Hamferd, Oranssi Pazuzu, Solstafir) le Metal venu du Grand Nord a soufflé son vent glacial et vivifiant sur la scène du Botanique.

S’il y a bien une chose qui n’est plus à démontrer aujourd’hui c’est bien la richesse et l’importance de la scène Metal Nordique. Né en 1984 avec Bathory, ce style musical est la plupart du temps caractérisé par des structures mélodiques faisant référence à des sons traditionnels scandinaves et des textes faisant revivre le folklore et les mythes originels de ces régions glacées.

Même si cette définition ne rend pas tout à fait justice à la complexité et la diversité du genre, tous ces groupes ont pour point commun une réelle approche spirituelle.

La preuve en est les trois groupes se succédant ce soir sur la scène de l’Orangerie du Botanique, qui, même s’ils vont nous proposer différentes formes et énergies, défendent tous une déchirante douleur et une profondeur existentielle.

Hamferd est un groupe de Doom Metal originaire des îles Féroé, formé en 2008.

Les compositions lentes et mélodieuses nous renvoient aux paysages maritimes de cette île aux falaises escarpée et aux landes verdoyantes. La voix omniprésente et maîtrisée de Jón Hanssen passe du growl à des envolées émouvantes et ensorcelantes.

On pourrait juste reprocher à la prestation du groupe, une certaine répétitivité et l’absence de moments forts.

Cependant, Hamferd (dont le nom en féorïen désigne les apparitions de marins disparus en mer) se révèle une agréable découverte.

Même salle, autre ambiance, c’est au tour des Finlandais de Oranssi Pazuzu de rentrer en piste et nous proposer une plongée dans les Enfers où grondent les cris des démons et monstres millénaires.

A noter que si « oranssi » veut dire « orange » en finnois (« couleur de leur énergie cosmique », dixit le groupe), « Pazuzu » s’avère être un démon mésopotamien (Oui, oui, celui qui prend possession de la pauvre petite Regan dans le film « l’Exorciste »!)

Ambiance, donc.

Oranssi Pazuzu est un groupe de Black Metal Psychédélique formé en 2007 en Finlande par un quintet constitué de Ontto (Basse), Krojak (Batterie), Moit (Guitare), Evil (Claviers / Percussions) et Jun-His (Guitare / Chant).

Leur prestation survoltée qui tient non seulement du Black Metal mais aussi de l’avant-gardiste, du Space Rock, du Metal Progressif et du Noise, va enflammer la salle de l’Orangerie. Moins accessible, déstructuré, les musiciens se battent littéralement avec leurs instruments tandis qu’au milieu des riffs et du vrombissement des guitares surgissent des sons électroniques saisissants qui confèrent paradoxalement un caractère assez organique à l’atmosphère relativement déshumanisée de l’ensemble.

Il en sort, à condition qu’on adhère à ce déluge psychédélique expérimental déstructuré (ce qui est mon cas!), qu’Oranssi Pazuzu s’avère une expérience musicale déstabilisante mais inoubliable.

Et pour clôturer cette soirée nordique soufflant à la fois vent marin et feu des volcans, Sólstafir, célèbre groupe post Metal venu des lointaines terres d’Islande, formé en 1994.

Composé du bassiste Svavar « Svabbi » Austmann, du guitariste Sæþór Maríus « Pjúddi » Sæþórsson et du batteur Ari « Sneakers » Steinarsso, le groupe bénéficie de l’incroyable charisme de son chanteur Aðalbjörn « Addi » Tryggvason.

Ce dernier, sans cesse complice avec le public, n’hésite jamais à pencher vers la fosse sa haute et mince silhouette pour sourire ou effectuer des checks avec les spectateurs conquis.

Sólstafir défie les genres avec sa musique éclectique aux influences variées. C’est un son unique, mélange de Rock n’Roll islandais et d’ambiances atmosphériques, qui convainc toujours ceux qui sont témoins de leurs sets épiques, emmenant l’auditeur dans un voyage à travers la glace et la neige, le feu et la lave et les paysages sonores à couper le souffle de leur patrie.

La performance du légendaire groupe islandais est une chevauchée crépusculaire avec la lumière à l’horizon en ligne de mire. Outre leurs titres les plus célèbres (« Silfur-Refur », « Otta »…), la setlist fait la part belle au dernier et remarquable album : « Endless Twilight of Codependent Love ». Le puissant single « Hin helga kvöl » offre à Sneackers, le nouveau batteur, de déployer toute son énergie et son talent.

Le cœur sur la main dès la première note, les musiciens de Sólstafir ne cesseront d’émerveiller le public du Bota pendant un concert empli de générosité et d’émotions.

Par Thierry Janssen / Photos Fabian Braeckman

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