Swan Hill d’Anna Jacobs, c’est une série de romans avec l’histoire d’une famille comme on les aime… des femmes un peu rebelles, fortes, que l’époque rejette parce qu’elles sont un peu trop libres. Des femmes qui prennent leur destin en main en migrant vers l’Australie à la fin du XIXe siècle. Ce sont des histoires de traversées, d’espoirs. La rencontre avec un homme beau, courageux et séduisant… Souvent issu d’un milieu privilégié. Et ce sont des histoires d’amour pour nos cœurs de guimauves qui ne peuvent s’empêcher, l’espace de quelques centaines de pages, d’y croire un peu… Et ce sont des histoires qui font du bien comme un bon chocolat chaud, ou comme un conte de féé qu’on raconte aux enfants pour les endormir.
Résumé de l’éditeur :
Tome 1 : Les Pionniers
En ces années 1860, Singapour est une ville impressionnante pour Isabella, jeune orpheline anglaise. Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l’offre de M. Lee, un riche marchand chinois, et s’installe chez lui pour lui enseigner l’anglais.
Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s’installer en Australie pour y ouvrir un commerce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l’aventure…
Dans la colonie naissante de Swan Hill, sur la côte sud-ouest de l’Australie, la vie réservera bien des dangers à Isabella et Bram, peut-être même des déconvenues. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?
Tome 2 : Au bout du rêve
1868: La jeune Ismay n’a qu’une envie : quitter l’Irlande pour aller rejoindre son frère Bram à Swan Hill, en Australie, où il s’est installé avec l’ambition de faire fortune. Mais son père veut la contraindre d’épouser un voisin, Rory Flynn, malgré l’antipathie qu’Ismay éprouve à son égard. un jour que Rory l’a violemment agressée, elle décide de s’enfuir. A bord du bateau qui la mène à l’autre bout du monde, la jeune femme se fait passer pour une veuve désargentée et se lie d’amitié avec Adam Treagar. Au fil du voyage, les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre évoluent; Ismay craint alors que sa réelle identité soit découverte. Mais Adam, lui-même, lui a-t-il dit toute la vérité ?
Tome 3 : La traversée
1869. Après l’épidémie de typhus qui a frappé l’Irlande, Maura Deagan a la charge de trois de ses neveux et nièces, désormais orphelins. Malgré ses réticences, elle admet que leur seule échappatoire est de rejoindre son neveu Bram en Australie, où il est désormais à la tête d’une affaire prospère.
Maura et les enfants embarquent à bord du SS Delta pour cette terre du bout du monde riche en promesses. Mais, alors que le bateau emprunte le tout nouveau canal de Suez, une tempête se lève.
Maura pourra-t-elle compter sur Hugh Beaufort, un passager dont elle vient de faire connaissance, pour affronter cette épreuve ? Cette rencontre donnerait-elle un nouveau sens à sa vie ?
À moins qu’un homme surgi du passé de Beaufort ne vienne chambouler tous ses rêves d’avenir…
Tome 4 : Une chance à saisir
Australie-Occidentale, 1870. Bram Deagan, l’un des premiers colons de Swan Hill, dirige un négoce prospère. Il a en Isabella une épouse aimante et possède, depuis que sa sœur et sa tante l’ont rejoint, une famille unie et soudée. Seule ombre au tableau : ses amis Dougal et Mitchell sont encore célibataires.
En Angleterre, Eleanor pense toujours à Dougal. Mais le capitaine ne l’a-t-il pas oubliée après une si longue séparation ? Jacinta, une jeune veuve, voudrait fuir le pays pour mettre son fils à l’abri. Mais est-elle prête à traverser les océans pour épouser Mitchell qu’elle ne connaît pas ?
Malgré les obstacles et les fantômes qui hantent leur passé, les deux jeunes femmes décideront – elles de saisir la chance qui leur est offerte ? La perspective du bonheur ne vaut – elle pas que l’on prenne tous les risques ?
Tome 5 : Les retrouvailles
Angleterre, 1871. Avant de mourir en couches, la femme de Fergus Deagan lui fait promettre de partir rejoindre en Australie son frère Bram, un pionnier devenu négociant. Et aussi de se remarier pour que leurs deux fils et leur nouvelle-née Niamh ne soient pas privés d’amour maternel.
Cara Payton, qui a perdu son enfant à la naissance après avoir été répudiée par son père, accepte de devenir la nourrice de Niamh, à laquelle elle s’attache bien vite. Au point que Fergus demande à la jeune femme de l’épouser.
Au cours de la traversée, Cara et Fergus, qui étaient convenus d’un mariage de raison, apprennent à s’apprécier. Mais leur relation pourra-t-elle s’épanouir ?
Un homme surgi du passé de Cara menace leur bonheur naissant. Et Fergus craint par-dessus tout les retrouvailles avec son frère Bram…
Née en 1941, Anna Jacobs a grandit en Angleterre avant de partir vivre en Australie. Autrice de nombreux romans à succès, elle a été lauréate de l’Australian Romantic Novel of the Year en 2006. Les éditions de l’Archipel ont publié sa trilogie « Cassandra », les deux premiers volets de sa saga « Les pionnières » ainsi que deux épisodes de cette série.
Je ne pourrai m’attarder que sur les tomes 2 et 3 de cette série car ce sont les seuls que j’ai lu. Et ils font le job.
Comme tous les romans de ce style, nous sommes dans la deuxième moitié du 19ème siècle, en Irlande. Ismay est une jeune femme issue d’une famille très nombreuse et très pauvre. Son frère Bram est parti émigrer en Australie où ses lettre racontent qu’il a réussi. Elle ne rêve que de le rejoindre mais ses finances et ses parents s’y opposent. Et puis il y a Rory… Un homme du même village qui la veut pour épouse.
La quatrième de couverture parle d’une agression violente, mais le terme exact est viol. Et suite à ce viol, Ismay, avec l’aide du chatelain pour lequel elle travaille, fuit pour rejoindre le port et embarquer à bord du navire qui lui fera traverser les océans. Elle découvre alors la vie à l’entrepont, loin de son village et des gens qu’elle a toujours connu, et ressent, pour la première fois de sa vie, les sentiments amoureux pour Adam, un passager de première classe…
Dans La Traversée, c’est Maura, la tante de Bram qui voit son destin bouleversé par une épidémie de Typhus. Elle devient alors la seule parente de trois enfants en bas âge et accepte, malgré quelques réticences, de les conduire auprès de leur frère et cousin Bram. Elle doit pour cela quitter son Angleterre et sa place de gouvernante auprès d’une famille qu’elle apprécie beaucoup. Maura, qui n’a pas d’enfant, découvre la charge de s’en occuper et tisse peu à peu des liens nourrissants avec les trois petits. Et c’est parce qu’elle a le talent de raconter des histoires qu’elle rencontre Hugh, papa célibataire d’une petite Adèle. Ensuite, leur passion commune pour le chant et le temps long à bord d’un bateau transatlantique aident au développement de leur sentiment.
On peut aussi avoir le plaisir de vivre, au travers de Maura, de Hugh et de la plume d’Anna Jacobs l’inauguration du canal de Suez !
La force d’Anna Jacobs est de nous décrire tous les petits travers et les petites habitudes des gens de première classe jusqu’à l’entrepont. Les descriptions de l’autrice nous permettent d’entendre le bruit assourdissant des machines, de sentir l’odeur de la fumée piquante et de toucher la suie grasse et noire sur les vêtements. Elle rend les romans captivants et les personnages vivants au travers de mille et un détails qui font la vie. Un sanglot le soir tombé, le vent qui claque dans les voiles, le pichet d’eau fissuré, les seaux d’hygiène en bois attachés contre les murs, …
Cela reste un « roman de femmes » comme diront certains avec raison. Moi qui aime tant les policiers et thrillers noirs et gores, je me suis longtemps interrogée sur la raison qui me pousse à lire ces romans de traversées. Des femmes, à la fin du 19e siècle qui embarquent pour l’Océanie et qui rencontre l’amour. C’est tout simplement parce qu’il sont un peu comme des contes de féé, des contes pour enfant avec de la romance. Ces femmes de petite condition, veuves ou célibataires, ayant fuit la misère et la violence rencontrent le prince charmant qui n’attendait qu’elles… Ça ne vous rappelle pas un peu Cendrillon ? On y est ! Mais ce n’est pas grave, c’est si bon ! Et c’est sans doute pour la même raison que nous aimons tant les films de Noël… Il n’y a pas de mal à se faire du bien !
Titre : Swan Hill
Editions : L’Archipel et l’Archipoche





