Alors qu’elle annonce une nouvelle saison 2024/2025 passionnante dans ses choix de spectacles, La Comédie Royale Claude Volter nous propose actuellement « Duo pour violon seul » du dramaturge Tom Kempinski . Une pièce bouleversante qui a été accueillie lors de la première par de belles salves d’applaudissements.
Stéphanie Abrahams, violoniste célèbre, jeune, riche et adulée, voit un jour sa vie basculer : elle apprend qu’elle ne pourra plus jamais jouer du violon car elle est atteinte de sclérose en plaques. Un psychiatre, le docteur Feldmann, l’aide, malgré elle, et l’amène à se poser de véritables questions sur le sens de la vie. (Source : Comédie Claude Volter)

Duo pour violon seul est une pièce âpre, difficile par le sujet dramatique qu’elle aborde mais magnifique par les chemins qu’elle emprunte pour amener le spectateur dans les rouages d’une thérapie compliquée durant laquelle s’affrontent une artiste brisée et un thérapeute qui met tout en œuvre pour l’aider.
Sur scène on retrouve le maître des lieux, Michel De Warzee et la formidable Stéphanie Moriau dont les qualités de comédienne ne sont plus à vanter. Elle réalise ici une performance de haut vol portant sur ses épaules la majeure partie de la pièce, durant laquelle ses monologues sont nombreux, et lourds de sens.

En face d’elle Michel De Warzee ( le Dr Feldmann) l’écoute longuement avec une vraie attention qui même si elle est muette, des dires de la comédienne, l’aide beaucoup lors de ces moments souvent intenses.
Les joutes verbales entre la patiente et son thérapeute sont souvent savoureuses et même si le sujet est dramatique, on sourit malgré tout et la pièce ouvre la porte à l’espoir.

Dans un décor sobre mais judicieux signé Serge Daems, des lumières de Bruno Smit, et une mise en scène faussement simpliste ( il y a eu une longue réflexion sur des tas de détails qui semblent insignifiants à un œil non averti) Duo pour violon seul est une superbe performance théâtrale magnifiée par deux comédiens formidables qui portent littéralement la pièce à bout de bras de la première à la dernière réplique.
Ne ratez pas ce spectacle poignant qui mérite à coup sûr que vous lui consacriez une soirée de votre vie.
Jean-Pierre Vanderlinden

