Pour la troisième fois le Château de Rixensart prend vie durant l’été en accueillant un nouveau spectacle théâtral familial et enchanteur. Après les succès de la Guerre des Boutons Made in Belgium, et de La Belle et la Bête, la D3 DRAMA COMPANY de Damien De Dobbeleer nous y propose cette fois son adaptation d’Alice au Pays des Merveilles, et ce jusqu’au 17 aout.
S’attaquer à une adaptation personnelle du roman de Lewis Carroll déjà bien ancré dans l’inconscient collectif via le livre et l’adaptation mythique de Disney, n’est pas une mince affaire. C’est cependant le pari que s’est fixé le talentueux Damien De Dobbeleer en jetant son dévolu sur cette histoire magnifique qui illustre le passage de l’enfance à l’âge adulte.

Mais comme l’a fait Tim Burton dans son film flamboyant, ici point d’Alice enfant, mais une Alice âgée de 20 ans sur le point de devoir se marier avec un promis qu’elle n’aime pas, et qui décide de fuir la cérémonie et de retourner dans le monde fantastique qu’elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve alors le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou.
Alice va alors vivre des aventures extraordinaires en compagnie de l’autoritaire Reine Rouge qui règne en maîtresse tyrannique sur son royaume. Une Reine Rouge dont le grand plaisir est de faire couper la tête à tous ceux qui n’obéissent pas à ses ordres, et dont les musiques préférées, bien au delà de Mozart, sont l’alarme stridente de son domaine et les chansons de Michel Sardou !
Inclure une part de sa passion pour Sardou dans Alice au Pays des Merveilles, c’est improbable, mais Damien De Dobbeleer l’a osé et ça fonctionne, mieux même ça nous donne quelques scènes savoureuses où l’on est plié de rire. La scène du concours de sosies de Sardou, organisé par la Reine dont je vous laisse la surprise lorsque vous irez voir la pièce, est purement irrésistible.
Et celle de la compétition de jeu de croquet où les participants chevauchent des croquettes géantes vaut elle aussi son pesant d’or.

Mais Alice au Pays des Merveilles c’est aussi une histoire touchante, avec une place énorme réservée au surréalisme, à la fantaisie et à la sensibilité.
Ici pas d’Alice blonde comme chez Disney , mais une Alice brune campée par l’excellente Sarah Ber, sans doute une des futures grandes comédiennes de la jeune génération, qui donne à son interprétation toute en nuances tout l’élan, la fougue et la sensibilité demandée par le personnage.
Autour d’elle tous les comédiens et comédiennes sont impeccables, et on rentre à fond dans l’histoire qui plaira conjointement aux adultes comme aux enfants par ses différents niveaux de lecture.

Mais le principal atout du spectacle c’est le superbe site du Château de Rixensart dans lequel il se déroule et qui permet pour les spectateurs de vivre une immersion totale qui vous laissera un souvenir impérissable. Les lieux où se déroule l’action, notamment l’étang magnifiquement aménagé, sont superbes.

Saluons aussi toute l’équipe technique, car sonoriser et éclairer un tel plateau naturel n’est pas une mince affaire. Une belle mention spéciale aussi à la mise en scène inventive et ludique signée Damien De Dobbeleer, aux décors simples mais inventifs, et à la très belle création musicale de Laurent Beumier.
Tous ces éléments conjoints font d’Alice au Pays des Merveilles une grande réussite.
Il s’agit sans nul doute du meilleur spectacle proposé par la D3 DRAMA COMPANY de Damien De Dobbeleer dans ce magnifique site en plein air, ce qui en fait un événement incontournable de cet été.

Allez voir Alice au Pays des Merveilles au Château de Rixensart, il est fort probable qu’une fois le rêve terminé, comme Alice, vous ne voudrez plus quitter ces lieux enchanteurs.
Surtout que la scène finale s’avère remplie d’une grande poésie…
Jean-Pierre Vanderlinden
(Photographes: Aude Vanlathem et Robin Cuvillier)

