En vrais « Salauds du Bonheur » qu’ils sont, les Black Crowes ont secoué l’AB jusqu’au plaisir suprême !

Avec un nouvel album de très grande qualité sous le bras, Happiness Bastards, leur premier en quinze ans,  The Black Crowes ont posé ce 21 mai leurs valises à l’Ancienne Belgique, une de leurs salles belges fétiches. Et devant une salle comble qui les attendait avec la plus grande impatience, ils ont commis un concert cinq étoiles rehaussé par la présence en support act de l’excellent Jim Jones All Stars.

En effet c’est le Jim Jones All Stars qui sur le coup de 19h45 ouvre la soirée avec une prestation d’une énergie folle qui augure de belle manière une soirée basée sur du high energy rock.

Anciennement épaulé par sa Revue, Jim Jones se produit aujourd’hui avec sa toute nouvelle formation, Jim Jones All Stars, un combo dédié à une version vitaminée et punkoïde du rock’n roll old school.

Dès son arrivée sur scène notre homme y joue sa vie, et les intros aux riffs de guitares accrocheurs, la rythmique basse-batterie férocement efficace, le chant sauvage et la sollicitation immédiate d’un public réceptif transforment bien vite la salle en brûlot incandescent

Les titres s’enchaînent et Cement Mixer, When You See Me Hurt, I Want You Anyway I Can, Burning Your House Down Lovers Paryer  et 512, entre autres, mettent déjà les premiers rangs KO.

Jim Jones et son All Stars sur scène ne font pas dans  la dentelle, mais explosent dans ce que beaucoup considèrent comme l’essence du rock ’n’ roll : l’énergie pure !

Un très bon set, brut de décoffrage et idéal pour faire monter la température dans la salle bruxelloise

Mais ceux que toute la salle attend c’est bien entendu The Black Crowes !

C’est le 20 aout 1991 que les Black Crowes se sont produit pour la première fois en Belgique devant une AB sold out.

Un concert auquel j’ai eu la chance de pouvoir assister, et mes oreilles s’en souviennent encore. Le band venait de sortir Shake Your Money Maker, leur premier album et plus gros succès à ce jour, et la puissance sonore dégagée par leur prestation fut énorme, une des plus dingues que j’ai entendu à l’AB hormis Motörhead.

Je les ai ensuite revus plusieurs fois à Forest National, à l’AB à nouveau, puis au Lotto Arena, avec des prestations un peu en dents de scie, car à une époque la rivalité entre les frères Robinson se ressentait méchamment sur scène et certains gigs en souffraient bien évidemment.

La relation entre les frangins est connue pour être assez explosive, tant sur le plan personnel que créative et c’est d’ailleurs en partie ces soucis qui ont poussé le band à se dissoudre en 2016. Mais voilà, pour notre plus grand bonheur le groupe s’est reformé en 2020 et désormais Chris et Rich sont à nouveau en bons termes et semblent beaucoup s’amuser à nouveau on stage.

C’est dans un décor très lumineux, genre chapiteau de cirque enguirlandé que le groupe déboule sur les planches et enclenche immédiatement le turbo avec Bedside Manners, Dirty Cold Sun et Twice As Hard.

Le son est bon, puissant sans être assourdissant et le band carbure à la super. Chris Robinson est très en voix, semble de très bonne humeur, et ne tient pas en place, jouant régulièrement à prendre des poses devant l’immense miroir un rien déformant posé dans son dos.

Rich, plus effacé, assène ses riffs et nous sort quelques solos dont il a le secret tandis que le reste du band, complété par deux choristes sexy envoie du lourd. Mention spéciale au nouveau guitariste Nico Bereciartua , discret mais diablement efficace.

On aura droit au total à 17 titres, cinq du dernier album, quatre de Shake Your Money Maker et bien entendu les incontournables Thorn In My Pride, She Talks To Angels, Jealous Again et Remedy, le tout clôturé en rappel par une version revisitée du O Carol de Chuck Berry.

Le band nous a aussi gratifié en milieu de set d’une belle reprise du Hard To Handle d’Otis Redding.

Bref, ce fut une soirée de rock pur, dur et brut qui prouve une fois encore que même si les Black Crowes n’ont rien inventé de neuf, ils sont aujourd’hui au sommet de leur art qu’ils maîtrisent à la perfection, et jouent un rock rugueux et énergique que bien peu de groupes peuvent encore dominer à ce point.

Nous avons vécu ce soir là à Bruxelles un concert cinq étoiles, que beaucoup de sont pas près d’oublier !

Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.