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Red Gun: le chantier du cheval de fer avance mais les fantômes et les Jack L’éventreur créés par la Guerre de Sécession reviennent au galop

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© Gaudin/Massaglia/Facio chez Soleil

Ça ne désemplit pas au rayon BD des westerns. Et chaque personnage a sa manière de se différencier de ses concurrents et néanmoins héros. Certains sont habillés aux couleurs du drapeau belge, d’autres sont croque-morts. Il y en a pour tous les styles. Et voilà que Jean-Charles Gaudin et Giulia Francesca Massaglia nous présentent Red Gun. Un enquêteur dont le flingue a les reflets du sang.

Résumé du tome 1 de Red Gun par Soleil : 1866, sur le chantier du Transcontinental, plus grand tracé ferroviaire des États-Unis, est à nouveau découvert le corps d’une prostituée. Décision est prise de faire appel à Terence Nichols, surnommé Red Gun, pour la couleur de son colt, qu’il porte depuis la guerre de sécession et qui lui a valu son surnom. Ce personnage torturé va mener l’enquête et se confronter aux fantômes de son passé.

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© Gaudin/Massaglia
© Gaudin/Massaglia

Contrairement aux apparences et à ce que pourrait laisser supposer son surnom, Terence Nichols n’est pas du genre à défourailler à tout va et à tirer à vue. Il est du genre à privilégier la discussion et la réflexion. Il a vu trop de cadavres durant la guerre de Sécession, sa peau en est meurtrie à jamais, que pour se permettre des morts inutiles. Ce n’est pas par la violence que notre héros veut faire justice. Pourtant là où il vient d’arriver, le bras droit du chef de chantier du Transcontinental n’a pas le temps d’attendre les procès pour envoyer des signaux forts aux ouvriers. Jusqu’à ce que mort s’ensuive pour des motifs parfois dérisoires.

© Gaudin/Massaglia/Facio chez Soleil
© Gaudin/Massaglia/Facio chez Soleil

Pire encore que les pires villes de l’ouest, il y a ces cités éphémères – faites de cahutes, de tentes et de wagons – autour de la construction du rail et de l’arrivée prochaine du cheval de fer. La vie s’est organisée dans la misère et les bêtes de travail ont parfois trouvé le métier judicieux pour se planquer sans qu’on ne leur demande rien. Des gens peu recommandables, à la morale douteuse, parfois. Bien sûr, il y a un saloon et des filles de joie. Entre les deux, un meurtrier a trouvé son terrain de jeu. Une sorte de Jack l’éventreur au pays des cow-boys. Chaque scène est un carnage qui nous explose à la figure. Gaudin et Massaglia n’ont pas peur de créer le choc en tuant des personnages auxquels le lecteur s’est déjà attaché. Effroi et suspense sont au rendez-vous, d’autant plus que notre détective encapé a déjà bien assez de démons dans son coeur et dans sa tête. Qui pourraient l’empêcher d’être clairvoyant?

© Gaudin/Massaglia/Facio chez Soleil

Le serial-killer est-il à chercher du côté de la plèbe ou des quelques puissants qui gravitent autour de ce no (wo)man’s land? Ici, on est logé dans un wagon-couchette qui ne risque pas de bouger de sitôt. Il y a urgence et les auteurs nous la font bien ressentir. Giulia Francesca Massaglia ne tremble pas pour dessiner l’horreur et la noirceur humaine, qui n’épargne pas les innocentes. L’origin story de Red Gun, dont on aperçoit des bribes, est crue et spectaculaire. On tient là un personnage dont les rouages psychologiques promettent d’être intéressants. Quant à cette première enquête, thriller, elle manie espionnage et déduction sur base parfois d’indices que les auteurs ne rendent pas visibles pour le lecteur. Si bien que celui-ci est bien incapable de jouer le jeu pour lui. C’est un peu dommage. Cela dit la figure du méchant en présence n’est pas simplement badass, il y a de vraies racines au mal dont il se fait désormais l’apôtre. Ce n’est pas un fou, c’est un malade. Et par ses ressorts, Gaudin nous fait toucher une vraie descente en enfers (in)humaine.

© Gaudin/Massaglia/Facio chez Soleil

À lire chez Soleil.

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© Gaudin/Massaglia chez Soleil
© Gaudin/Massaglia chez Soleil
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© Gaudin/Massaglia chez Soleil
© Gaudin/Massaglia chez Soleil
© Gaudin/Massaglia chez Soleil
© Gaudin/Massaglia chez Soleil
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