Mardi dernier la Rotonde du Botanique accueillait un trio survolté et un duo atypique avec Nuovo Testamento et Drab Majesty. Deux prestations et deux univers différents qui ont séduit ou divisé, mais qui n’ont en tout cas laissé personne indifférent.
La Rotonde affiche complet ce soir là et sur le coup de 20h c’est Nuovo Testamento qui monte sur les planches et lance la soirée.
Ce trio italo americain coldwave et italo disco, composé de membres de Horror Vacui, Sheer Mag, Tørsö, Terremoto et Crimson Scarlet est basé à Los Angeles, et vient de sortir son nouvel album Love Lines, le deuxième de sa discographie.
La chanteuse Chelsea Crowley, petite pile électrique dansante accompagnée d’Andrea Mantione ( claviers, synthetiseurs) et de Giacomo Zatti (percussions digitales) nous balancent des titres très fun qui vous mettent bien vite des fourmis dans les jambes. Bienvenue sur le dance-floor diabolique !
Leur mélange d’italo disco, de garage rock et de sons post-punk irrésistibles apporte une belle spontanéité dans une musique qu’on aimerait voir par moment encore plus punchy en live, mais hormis ce tout petit bémol les compos font rapidement mouche.
Le band s’était déjà produit au Botanique il y a quelques mois, et certains me chuchotent à l’oreille que cette prestation passée fut plus enlevée que celle de ce soir.
Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, perso j’ai beaucoup apprécié Nuovo Testamento, au point de repartir avec leurs deux albums vinyles sous le bras à l’issue du concert.
Mon coup de coeur de la soirée !
C’est maintenant à Drab Majesty de faire son apparition on stage.
Visages maquillés et cheveux couleur platine, le duo déboule sur scène un verre à la main et salue le public en portant un toast, avant de se diriger vers ses instruments et de démarrer le set.
Drab Majesty c’est le projet de l’énigmatique Deb Demure, (Aka Andrew Clinco) chant et guitare (qui est aussi le batteur du groupe américain Marriages) auquel s’est joint en 2016 Mona D (Alex Nicolaou) qui se charge aussi du chant et des claviers.
Fasciné par la résonance néo-psychédélique d’une guitare à 12 cordes, Andrew a formé Drab Majesty et s’est mis à créer des compos basées sur ses inspirations du moment créant une palette sonore évolutive, psychédélique et transcendante. Il combine également une esthétique androgyne avec des textes aux thèmes futuristes ou occultes.
Après trois premiers efforts , le duo vient de sortir « An Object In Motion », un projet qui retraçe l’évolution d’un artiste en pleine renaissance, un disque enregistré avec la contribution de Rachel Goswell (Slowdive), entre neo-folk un peu triste et pop plus colorée.
Mais sur scène, ça donne quoi Drab Majesty?
Passé les deux premiers titres qui engendrent une certaine ambiance, je ressens une certaine répétition dans les titres proposés et le jeu de guitare tout en arpèges qui est à la base de beaucoup de morceaux a tendance à être répétitif et de lasser un peu. Surtout que sur scène il ne se passe pas grand chose, les deux hommes restant campés sur leurs positions durant tout le set, quasi sans contact avec le public.
On peut déplorer aussi qu’aucune projection en fond de scène n’est prévue, ce qui aurait apporté un réel plus à la prestation scénique du duo, somme toute assez statique.
En réalité ce qui passe très bien en écoutant les albums qui vous plongent dans une ambiance particulière de guitares inquiétantes et de synthétiseurs oscillants, passe plus difficilement la rampe de la scène, ce qui est dû à mon humble avis à la faiblesse des compos, plus en recherche d’ambiances que de puissance mélodique.
A l’écoute de certains titres on pense par moment à Depeche Mode, même aussi à OMD, mais en moins efficace et bien moins mémorable.
Bref, après 70 minutes de concert, tout était dit, et je suis persuadé que les fans purs et durs du duo ont très certainement passé un bon moment, mais l’observateur lambda dont je fais partie a déjà vécu des moments bien plus emballants dans une salle de concert.
Mais ceci n’a pas empêché les stands merchandising des deux groupes d’être littéralement pris d’assaut par un très nombreux public à la fin du show.
Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman













