
Space Relic Hunters, voilà un titre qui pourrait être celui d’un bon jeu (vidéo ou de société). En fait, c’est celui d’une bonne BD de genre troussée par Sylvain Runberg et Grun. Une sorte d’Indiana Jones ou de Tomb Raider cuisiné à la sauce space-opera, avec ce qu’il faut de créatures futuristes, alliées ou ennemies. Et, forcément un trésor qui peut changer le sort de l’humanité… l’interplanétarité. Mais le trouver ne sera pas une mince à faire et le ramener à bon port encore moins!
Résumé de Space Relic Hunters par les Éditions Daniel Maghen : Après une guerre de religion interplanétaire et une galaxie dévastée 200 ans plus tôt, quatre dieux, surnommés « Le Grand Quatuor », décident d’ériger un nouvel empire. Ils instaurent une dictature violente et répressive, anéantissant toutes formes de religions autres que celle vouée à leur propre culte. Les Légions divines ont été créées pour faire respecter cet ordre, mais malgré leur surveillance, les différents peuples et espèces continuent de vénérer en secret leurs anciens dieux. Cette situation engendre un trafic galactique de reliques aliènes, liées à de nombreux cultes dorénavant interdits. Qui dit interdit, dit contrebande et la naissance de Relic Hunters. C’est de cette activité que vivent Xia, une humaine, et Little Mercur, un alien masqué dont on ne connaît pas la race. Ils font partie des meilleurs chasseurs de reliques de la galaxie et sont rejoints pour une nouvelle mission par Vitellius, un ex-centurion déserteur des Légions divines.


Après avoir terminé avec brio leur trilogie On Mars, Sylvain Runberg et Ludovic Grun rempilent un peu plus loin, un peu plus profond dans un univers qui n’est jamais que la copie en plus grand, en plus varié, des dérives sec-terres… Car le mal est tenace et quand il est lié à l’envie de pouvoir et de contrôle des masses, il n’y a pas 36 manières de l’appliquer. En retranchant sur les libertés, sur les choses en lesquelles on croit et auxquelles on pense. L’évangélisation procède ainsi, jugeant que ses dieux sont meilleurs que les mythes de seconde zone auxquels croit telle ou telle population… moins bien armée et donc plus facilement convertible, docile.


Mais, il y a toujours des têtes brûlées. Comme, d’un côté, Xia et Little Mercur autoproclamés « meilleurs chasseurs de reliques de l’univers » et, de l’autre côté, cette montagne de muscle bas de plafond qu’est Vitellius, fraîchement débarqué sur le marché de la criminalité. Pour cause, il était jusque-là du bon côté du pouvoir et des tyrans qui se sont proclamés dieux. Autant dire que le duo de mercenaire et le tueur solitaire (gros cigare entre les dents) n’étaient pas faits pour se rencontrer. Amabilités et bourre-pifs attendus deux planches déjà après qu’ils aient fait connaissance. Enfin, se soient reniflés plutôt. Mais Sir Ouranos, leur commanditaire commun les a pris par surprise et exige leur pleine collaboration pour faire réussir leur mission… impossible: récupérer la relique alien liée à la déesse Eleusys, sans doute la plus puissante de l’univers. Ça promet, ça fume et ça picole. Ça se bastonne. Les auteurs nous donnent rendez-vous dans un ersatz de la Cantina de Star Wars, pour bien commencer.


Le combo est génial. Dans des atmosphères et des teintes variées (du bleu au rouge en passant par le sable), les deux auteurs profitent des cent pages qui leur sont offertes pour mener cette histoire à bien pour ne rien sacrifier de l’action, du bestiaire (dont une tentaculaire créature dont vous me direz des nouvelles) et de l’humour involontaire auquel donnent lieu les inénarrables tensions dans le trio de héros. Ça part dans tous les sens, mais jamais gratuitement car l’histoire est complexe, et des rebondissements insoupçonnés accélèrent le rythme et mon envie de lecteur de savoir le fin mot. Grun est au taquet, impressionnant une nouvelle fois. Dans ce festival.



Tant qu’à parler de religions, sujet brûlant et compliqué, Sylvain Runberg joue bien le coup en envoyant le débat sur orbite tout en appuyant le constat d’une coexistence compliquée si pas inimaginable. Car au lobby des esprits, il y aura toujours l’une ou l’autre religion pour tenter de sortir de la mêlée et de tasser les autres, de vouloir les éradiquer. Par l’action de leurs héros, surtout Xia et Little Mercur, qui eux ne courent qu’après l’argent et la gloire en apparence, Runberg offre des alliés à ces croyances martyres. Mais sans empêcher que celles-ci soient des monstres qui rendent leurs peuples complètement fous. L’orgasme cosmique permanent, c’est quelque chose! Dans le monde de Runberg et Grun, à aucun niveau tout n’est que beau et gentil. Et c’est pour ça qu’on l’aime.



À lire chez Daniel Maghen.
Avant la preview, on ne résiste pas à vous montrer quelques autres travaux récents de Grun, en hommage à Conan (juste pour le plaisir pas pour un opus de la collection de Glénat) ou aux X-Men:




Et la preview, donc, mais n’hésitez pas à vous rendre sur les pages de l’artiste sur les réseaux :



































